Voici ce qui va coûter plus cher à cause de la guerre en Iran
La réouverture du détroit d'Ormuz, passage clef pour nos économies, est-elle possible?
Une vingtaine de pays - dont les Emirats arabes unis, le Royaume-Uni, la France, le Canada et le Japon - se sont dits samedi «prêts à contribuer aux efforts» nécessaires à la réouverture du détroit d'Ormuz, bloqué de facto par l'Iran depuis le début de la guerre.
Dans un communiqué commun, ces pays, principalement européens, ont également condamné les récentes attaques iraniennes ayant visé des navires et des infrastructures pétrolières et de gaz, demandant un «moratoire immédiat et global sur les attaques d'infrastructures civiles.»
En outre, l'armée américaine a affirmé samedi avoir «réduit» la capacité de l'Iran à menacer la navigation dans le détroit d'Ormuz en bombardant cette semaine une installation souterraine abritant notamment des missiles de croisière.
Envolée des prix du pétrole, aide financière d'urgence
Le Bangladesh a sollicité pour plus de 2 milliards de dollars de prêts d'urgence auprès des institutions internationales pour faire face à l'envolée des prix des hydrocarbures qu'elle importe causée par la guerre au Moyen-Orient.
«Le Fonds monétaire international (FMI) s'est engagé à un prêt de 1,3 milliard de dollars, la Banque asiatique de développement (BAD) à 500 millions de soutien budgétaire», a énuméré samedi Rashed Al Titumir, le conseiller économique du Premier ministre Tarique Rahman.
Il envisagerait aussi de solliciter la Banque mondiale.
Le Japon tire son épingle du jeu
L'Iran est disposé à aider les navires japonais à emprunter le détroit d'Ormuz, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi dans une interview publiée samedi par l'agence Kyodo.
«Nous n'avons pas fermé le détroit. Il est ouvert», a affirmé Araghchi, selon qui les pays qui attaquent l'Iran font face à des restrictions, mais d'autres se voient offrir une assistance.
Baisse des Bourses européennes et de Wall Street
Les Bourses européennes ont de nouveau fini en forte baisse vendredi, plombées par la progression continue des prix de l'énergie liée aux incertitudes sur la durée et les conséquences du conflit au Moyen-Orient.
Francfort a fini en baisse de 2,01%, Milan de 1,97%, Paris de 1,82% et Londres de 1,45%. A Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,97%, l'indice Nasdaq 2,01% et l'indice élargi S&P 500 1,51%.
Les cours du pétrole ont terminé en hausse, restant toutefois sous le seuil des 120 dollars le baril, tutoyé à plusieurs reprises depuis le début du conflit.Le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 3,26% à 112,19 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), traditionnellement moins cher, a avancé de 2,27% à 98,32 dollars.
L'Iran dit ne pas avoir d'excédent pétrolier
Les Etats-Unis ont autorisé vendredi la vente et la livraison de pétrole et produits dérivés iraniens se trouvant sur des navires depuis au moins le 19 mars, et ce jusqu'au 19 avril, dans l'espoir d'endiguer la flambée des prix de l'énergie due à la guerre.
Plus tôt dans la journée, l'Iran avait déjà estimé la mesure inutile après de premières indications du ministre américain des Finances, Scott Bessent.
«Actuellement, l'Iran n'a en réalité plus de surplus de brut en mer ou pour approvisionner les marchés internationaux, et les propos du secrétaire américain au Trésor visent uniquement à donner de l'espoir aux acheteurs», a posté sur X Saman Ghoddoosi, porte-parole du ministère iranien du Pétrole.
Matières premières: l'or et le cuivre fondent
Les prix de l'or et de l'argent ont fondu cette semaine, plusieurs grandes banques centrales ayant alimenté les craintes d'une poussée d'inflation liée au conflit, ce qui laisse envisager une hausse des taux d'intérêt.
Cette perspective favorise les obligations et le dollar, valeurs refuges concurrentes des métaux précieux. L'or a perdu près de 9% en une semaine, et l'argent plus de 14%.
La hausse des billets d'avion est inévitable
Une hausse des prix des billets d'avion est «inévitable» vu la flambée des cours des hydrocarbures, selon le directeur général de l'Iata, principale association mondiale de compagnies aériennes.
Le prix du kérosène a doublé depuis l'attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, a noté Willie Walsh.
(afp/bur/glr/as)
