Un candidat à la présidentielle française visé par des réseaux russes
Deepfakes, faux reportages vidéo, fausses unes de journaux: Gabriel Attal, candidat à la présidentielle 2027 et patron du parti Renaissance, a porté plainte devant la justice française pour «ingérence étrangère en provenance de réseaux russes».
Après un premier signalement mercredi «pour une ingérence numérique extérieure en provenance de Russie», les services de l'Etat ont informé vendredi Gabriel Attal d'une nouvelle opération d'ingérence jeudi, «à nouveau en provenance de réseaux russes», exposent ses avocats Sacha Ghozlan et Lucas Veil.
La plainte, déposée à Paris vendredi, dénonce «des faits d'ingérence étrangère, de manipulation de l'information, de fabrication de contenus truqués, susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et à la sincérité du scrutin présidentiel à venir»
Usurpation de l'identité de certains médias
Les avocats de l'ancien Premier ministre ont répertorié sur les réseaux et plateformes deepfakes, faux reportages vidéo, fausses unes de journaux, ainsi que des éléments censés semer la confusion sur l'origine des deepfakes, en fléchant Gabriel Attal pour faire croire qu'il avait lui-même orchestré la désinformation qui le vise. Ils ont précisé:
«Plusieurs comptes X dont certains usurpant l'identité de médias français et internationaux ont diffusé de faux reportages vidéo, de fausses unes de journaux, des contenus imitant les logos, chartes graphiques de médias et lui attribuent ainsi qu'à ses proches des propos, des agissements et des positions publiques mensongères et fausses destinées à le discréditer comme candidat», énumèrent encore les avocats de Gabriel Attal. Le candidat s'est inquiété jeudi sur RTL:
Plusieurs candidats touchés
Une série d'opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux pro-russes, ont ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle. Edouard Philippe (Horizons) a été calomnié sur son état de santé, Raphaël Glucksmann (Place Publique) à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d'avoir soudoyé des médias pour favoriser la candidature de son mari et Gabriel Attal a été notamment présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.
Même si ces opérations sont restées peu visibles, d'après une source sécuritaire, il s'agit des premières visant directement depuis le début de la campagne des prétendants à l'Elysée. Une enquête a été ouverte par la justice autour de la campagne de désinformation présumée visant Raphaël Glucksmann.
Mercredi soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réagi en rappelant que le gouvernement avait présenté fin juillet un projet de loi durcissant les peines encourues en cas de diffusion de fausses informations. (btr/ats)
