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Bolivie : le président Paz décrète l'état d'exception

Le président de la Bolivie décrète l'état d'exception

epa13024961 Bolivian President Rodrigo Paz (L) speaks at a press conference where he signed into law the State of Emergency Regulation Act to authorize the Armed Forces to intervene in controlling pro ...
Le président bolivien Rodrigo Paz a décidé d'agir contre les mouvements de protestation en cours dans son pays.Keystone
Rodrigo Paz, le président de la Bolivie, a décrété l'état d'exception sur l'ensemble du territoire national pour faire face aux protestations qui durent depuis six semaines.
20.06.2026, 08:2920.06.2026, 13:38

Le président bolivien Rodrigo Paz a décrété samedi l'état d'exception sur l'ensemble du territoire national après plus de six semaines de protestations et de blocages routiers. Il a affirmé dans une déclaration télévisée avoir épuisé «toutes les voies du dialogue».

Cette décision intervient quelques heures seulement après la signature d'un accord avec la principale centrale syndicale du pays, la COB, qui a annoncé la levée des mesures de pression. D'autres organisations maintiennent toutefois leur mouvement de protestation. Rodrigo Paz a déclaré:

«Après avoir épuisé toutes les voies du dialogue, conclu des accords avec ceux dont les revendications étaient légitimes et identifié ceux qui utilisaient la violence pour tenter de déstabiliser la Bolivie, nous avons pris la décision de déclarer l'état d'exception sur l'ensemble du territoire national»

Des contestations qui durent

Début mai, la COB avait entamé un mouvement de contestation pour protester contre l'absence de réponses gouvernementales à la crise économique que traverse le pays, la plus grave depuis quarante ans.

A propos des contestations en Bolivie 👇

Les paysans et les ouvriers des usines et des mines ont progressivement rejoint le mouvement, rejetant les propositions de réformes du président de centre droit. Son arrivée au pouvoir en novembre a mis fin à vingt années de gouvernements socialistes.

Des pénuries à cause des barrages

Les barrages routiers à travers le pays ont entraîné des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant dans plusieurs villes du pays, notamment à La Paz, sa capitale administrative.

C'est après l'ouverture la semaine dernière d'un dialogue entre le gouvernement et la COB que les deux parties sont parvenues à un accord. Le dirigeant de la centrale syndicale Mario Argollo a annoncé:

«À partir de maintenant, les mesures de pression sont levées au niveau national»

Rodrigo Paz a de son côté défendu sa stratégie de négociation plutôt que le recours à la force:

«Le dialogue est toujours une option, la première option. La force n'est destinée qu'à ceux qui choisissent la violence»

Pas tous d'accord

Tous les secteurs mobilisés n'ont cependant pas adhéré à l'accord. Des groupes paysans, ainsi que les cultivateurs de coca du Chapare, fief de l'ancien président Evo Morales (2006-2019) dans le centre du pays, poursuivent leur mobilisation. Le dirigeant d'un des principaux syndicats paysans du pays, Antonio Mallku, a revendiqué:

«Nous avons décidé de durcir les barrages routiers. Les frères indigènes se sont sentis trahis»

Bien que le nombre de barrages, qui avait dépassé la centaine au plus fort de la contestation, ait diminué, une cinquantaine restent en place. Rodrigo Paz a indiqué avoir ordonné à la police et aux forces armées «de rétablir la libre circulation, reprendre le contrôle des routes et garantir la sécurité de la population». Il a averti que les personnes poursuivant les blocages ou recourant à la violence s'exposeraient à «toute la rigueur de la loi».

Selon les termes de l'accord signé vendredi avec la COB, le gouvernement s'est notamment engagé à ne pas privatiser les entreprises publiques, une revendication majeure des syndicats.

90 jours pour avancer

Des groupes de travail réunissant ministres et responsables syndicaux doivent également être mis en place pour examiner plusieurs revendications du mouvement, notamment sur le sort de la centaine de personnes interpellées lors des affrontements avec les forces de l'ordre. Mario Argollo a assuré que l'accord laissait au gouvernement 90 jours pour avancer sur plusieurs revendications syndicales. «La balle est désormais dans son camp», a-t-il ajouté.

Rodrigo Paz a également justifié sa décision de décréter l'état d'exception en dénonçant une «tentative de coup d'Etat menée par le narcoterrorisme». Le gouvernement accuse en effet régulièrement l'ancien président Evo Morales d'avoir encouragé les manifestations et les blocages. (btr/ats)

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