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Noelia Castillo, 25 ans, gagne son combat pour son euthanasie

Souffrant atrocement, l'Espagnole Noelia Castillo Ramos souhaite recourir à l'euthanasie.
Souffrant atrocement, l'Espagnole Noelia Castillo Ramos souhaite recourir à l'euthanasie.Image: Capture d'écran Antena 3

«Je vais me faire belle pour ma mort»: à 25 ans, elle va être euthanasiée

Après un viol collectif et une tentative de suicide manquée, Noelia Castillo Ramos est paraplégique et souffre de douleurs intenses. Au terme d'une longue bataille judiciaire, elle exerce aujourd'hui son droit à l'euthanasie.
26.03.2026, 20:4327.03.2026, 07:28
Manuel Meyer, Madrid / ch media

Noelia Castillo Ramos n'en peut plus. Depuis des années, la jeune Espagnole aspire à une mort paisible, lui permettant de mettre fin à ses souffrances une bonne fois pour toutes. Sauf imprévu, la vie de la Catalane de Barcelone, âgée de seulement 25 ans, devait s'arrêter ce jeudi 26 mars 2026.

Elle a elle-même fixé ce moment pour sa mort assistée à l'hôpital Sant Pere de Ribes, à Sant Camil, au sud de Barcelone. Mais pendant près de deux ans, elle a dû se battre pour réaliser son souhait.

Une vie brisée par une terrible agression

En 2022, quelques jours après avoir été victime d'un brutal viol collectif dans un centre d'accueil pour jeunes, elle a sauté du cinquième étage d'un immeuble pour mettre fin à ses jours. Elle a survécu et est depuis lors paraplégique, clouée dans un fauteuil roulant et en proie à des «douleurs inimaginables».

Si tout s'était déroulé comme prévu, Noelia Castillo Ramos aurait dû mourir le 2 août 2024. C'était la date initialement prévue pour son euthanasie. Un mois auparavant, elle avait obtenu l'accord de l'autorité compétente en la matière. Tout était prêt.

Mais, quelques jours avant cette date, l'organisation ultra-catholique «Avocats chrétiens», agissant au nom de son père, Gerónimo Castillo, a obtenu une suspension provisoire de la procédure. L'argument avancé: sa fille ne serait pas en pleine possession de ses facultés mentales et devrait suivre une thérapie psychiatrique.

Un débat enflammé sur l'euthanasie

Noelia a dû aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme pour faire valoir son droit à l'euthanasie. Pour les experts, il ne fait aucun doute que Noelia dispose de toutes ses facultés décisionnelles et que sa demande est conforme à la loi en vigueur en Espagne depuis 2021:

«Elle se trouve dans un état incurable qui lui cause de graves dépendances, des douleurs et une souffrance chronique invalidante.»

La loi sur l'euthanasie du gouvernement socialiste a néanmoins suscité de vifs débats dans la politique et la société de ce pays encore profondément marqué par le catholicisme. Mais, après 601 jours, «le moment est enfin venu», estime Noelia. Dans un dernier entretien télévisé, elle résume:

«Dans quatre jours, je ne serai plus là»

Nous ne connaissons que des fragments de cet entretien. La chaîne privée Antena 3 n'est en effet autorisée à diffuser l'intégralité de l'entrevue que dans les prochains jours, après la mort de Noelia.

Sur les quelques images disponibles, son regard semble vide et épuisé. Noelia est assise sur un canapé. A ses côtés, sa mère, Yolanda, lui tient la main. Noelia porte un chemisier blanc et un bandeau assorti. Elle s'est maquillée pour l'interview. Avec un petit sourire, elle dit:

«J'ai toujours aimé me faire belle et je me ferai aussi belle pour l'instant de ma mort»

Des mots durs de la part de son père

Mais elle souhaite vivre ce moment seule, dit-elle avec détermination. Seul le médecin doit être présent. Sa mère aurait aimé l'accompagner. Elle a au moins réussi à convaincre sa fille de passer la dernière nuit à ses côtés à l'hôpital. La mère montre un petit sac déjà préparé. Elle explique, l'air serein:

«Comme je suis allée à l'hôpital avec un petit sac pour sa naissance, je le refais maintenant pour sa mort. Je ne veux pas que Noelia meure, mais j'ai accepté sa décision.»

Son père, en revanche, ne l'a pas acceptée. Cela surprend Noelia, qui résume: «Il ne s'est jamais intéressé à moi.» Même après sa décision de mourir, il ne lui aurait que rarement rendu visite. Elle doit l'appeler si elle veut lui parler. Il lui aurait même dit qu'elle était déjà morte pour lui, et qu'il ne paierait pas ses funérailles et n'y assisterait pas.

Plusieurs tentatives de suicide

Tandis qu'elle dit cela, ses grands yeux marron se voilent brièvement. Mais elle ne pleure pas. Elle est déçue par son père, mais sa décision est inébranlable. Elle explique:

«Je n'ai plus envie de rien; je ne mange pas, je ne sors pas de chez moi, je dors mal, mon dos et mes jambes me font mal. Je veux arrêter de souffrir, partir en paix.»

Elle assure ne plus pouvoir «faire face à sa famille, à la douleur et à tout ce qui me tourmente». Face à cette situation, «je préfère disparaître», résume-t-elle.

Lors de l'entretien télévisé, elle feuillette l'album de famille et montre des photos de son enfance. Elle raconte des anecdotes, rit brièvement. Puis son regard redevient grave:

«Je me suis toujours sentie seule, personne ne m'a jamais comprise»

Elle avoue avoir déjà fait plusieurs tentatives de suicide et s'être infligé des blessures dès son plus jeune âge. Elle a séjourné dans des cliniques psychiatriques, sans jamais y trouver le réconfort ni la guérison qu'elle cherchait.

Après la séparation de ses parents, elle a vécu dans plusieurs familles d'accueil. Elle raconte:

«Puis je me suis retrouvée dans de mauvaises fréquentations, j'ai pris de la drogue, et l'un de mes premiers petits amis a abusé de moi pendant mon sommeil.»

Ces agressions sexuelles se sont répétées de la part d'autres hommes, jusqu'au jour où elle a été victime d'un viol collectif. Elle conclut:

«Je sais que je vais mourir et que vous restez tous ici à porter votre douleur, mais qu'en est-il de ce que j'ai enduré?»
Aide en cas de pensées suicidaires
La Main Tendue: écoute et conseil par téléphone, e-mail et chat sur www.143.ch et via le numéro abrégé 143.

Le 147: conseil pour les enfants et les adolescents proposé par Pro Juventute par téléphone, WhatsApp et e-mail sur www.147.ch et via le numéro abrégé 147.

Autres adresses: www.stopsuicide.ch pour les jeunes en Suisse romande et www.preventionsuicide-romandie.ch pour s'informer et agir.
Pourquoi la dépression est-elle encore taboue?
Video: watson
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