Les Etats-Unis ont «saisi» un pétrolier russe
Les Etats-Unis ont saisi mercredi dans l'Atlantique Nord un pétrolier battant pavillon russe après une poursuite de plusieurs semaines dans le cadre du blocus américain visant des navires liés au Venezuela. Cette opération est dénoncée par Moscou.
Lors d'une opération militaire menée mercredi matin entre l'Islande et l'Ecosse, des garde-côtes américains ont intercepté un pétrolier aux cuves vides qu'ils pourchassaient depuis le 21 décembre. Selon des informations de presse, la Russie avait dépêché ses propres navires militaires pour l'escorter.
Le commandement militaire américain pour l'Europe a annoncé sur X que ce navire, qu'il appelle le Bella 1, avait été saisi «pour violation de sanctions américaines». Le ministère de la Défense britannique a annoncé avoir apporté un soutien opérationnel, «à la suite d'une demande d'assistance des États-Unis.»
«Le blocus du pétrole vénézuélien illégal et sanctionné est pleinement en place, partout dans le monde», a réagi sur X le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.
Deux versions opposées
Moscou a rapidement dénoncé l'opération, rappelant que, selon le droit international, «aucun Etat n'a le droit d'employer la force à l'encontre de navires dûment immatriculés dans la juridiction d'autres Etats», et demandé le «retour rapide» des membres d'équipage russes.
Le nom et le statut exact du navire font l'objet de désaccords. Pour Washington, il s'appelle le Bella 1, sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l'Iran et le groupe chiite libanais Hezbollah.
Selon la ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, ce pétrolier a changé de pavillon et peint un nouveau nom sur sa coque «dans une tentative désespérée et vaine d'échapper à la justice». Moscou l'appelle le «Marinera» et dit qu'il a obtenu le 24 décembre une «autorisation provisoire» de naviguer sous pavillon russe.
Kristi Noem a publié une vidéo montrant un hélicoptère qui s'approche du pont d'un pétrolier et des soldats qui en descendent puis grimpent des escaliers vers la passerelle, sans préciser de quel navire il s'agit.
In two predawn operations today, the Coast Guard conducted back-to-back meticulously coordinated boarding of two “ghost fleet” tanker ships— one in the North Atlantic Sea and one in international waters near the Caribbean. Both vessels —the Motor Tanker Bella I and the Motor… pic.twitter.com/cFuNDtYR8n
— Kristi Noem (@KristiNoem) January 7, 2026
Manne pétrolière
Les Etats-Unis avaient annoncé fin décembre, avant la capture du président Nicolas Maduro à Caracas, la mise en place d'un blocus naval autour du Venezuela contre des pétroliers prétendument sous sanctions. Quatre pétroliers ont désormais été saisis par Washington dans ce cadre.
La manne pétrolière du Venezuela, qui détient les plus importantes réserves prouvées de brut du monde, est au centre de l'intervention américaine sur le pays.
Mardi, Donald Trump avait affirmé que le Venezuela allait livrer des dizaines de millions de barils de pétrole aux Etats-Unis. Mercredi, son ministre de l'Energie Chris Wright a enfoncé le clou, assurant que Washington contrôlerait «pour une période indéterminée» la commercialisation du pétrole vénézuélien. Les autorités de Caracas n'ont pas réagi à ces déclarations.
La production vénézuélienne de brut reste faible, de l'ordre d'un million de barils par jour, du fait de décennies de sous-investissement dans les infrastructures et des sanctions américaines, selon des experts.
La nouvelle dirigeante du Venezuela, la présidente par intérim Delcy Rodriguez, n'a pas dit si elle avait accepté de remettre le pétrole de son pays aux Etats-Unis, comment ce transfert fonctionnerait, ni sur quelle base juridique il reposerait. (ats)
