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«La Suisse avait raison»: Pourquoi la stratégie allemande n'est pas plus efficace

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L'Allemagne a des mesures beaucoup plus strictes que la Suisse. Pourtant, l'incidence de l'infection est la même. Voici des pistes pour expliquer cette réalité.

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christoph reichmuth / ch media



Le pays dirigé par Angela Merkel s'étonne des photos prises en Suisse: Des gens assis sur la terrasse d’un café ou en grands groupes dans un parc pendant qu’elle s'enfonce peu à peu dans une dépression due au Covid. Depuis novembre, les cafés, les cinémas et les théâtres sont fermés presque partout en Allemagne, et pendant des mois, le sport n'a été autorisé que seul ou à deux.

Dans plusieurs Länder, les écoles ont été fermées durant de nombreuses semaines ou ont fonctionné en classes alternées. Les commerces de détail ne sont autorisés à recevoir que des clients testés et préalablement enregistrés, même là où l’incidence des infections est faible.

Couvre-feu dès 22 heures

Dans le district de Waldshut, tout est actuellement fermé en raison de l'augmentation des cas. De plus, la population allemande n’est plus autorisée à sortir de son domicile sans attestation, en raison du couvre-feu en vigueur à partir de 22 heures.

Si l’on compare les mesures, le virus devrait faire plus de dégâts en Suisse qu'en Allemagne. Pourtant, les statistiques actuelles montrent que les deux pays sont touchés par le virus dans une proportion à peu près équivalente par rapport à leur population. Le taux d’incidence sur 7 jours en Allemagne est de 107,8, tandis qu'en Suisse elle s’élève à 116,5, ce qui ne traduit pas une grande différence. A présent, elle diminue dans les deux pays à peu près au même rythme.

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Les dernières statistiques sur le Covid montrent que l'Allemagne et la Suisse sont touchées par le virus dans une proportion à peu près équivalente par rapport à leur population. ch media

L'éloge de la Suisse

L’Allemagne maintient-elle trop longtemps ses mesures strictes? Étaient-elles réellement indispensables? Selon le président du groupe parlementaire de Bavière et membre du comité exécutif fédéral du Freie Demokratische Partei (FDP), Martin Hagen, ces mesures n’étaient pas forcément nécessaires.

L'évolution à peu près égale des infections dans les deux pays est «un signe clair que de nombreuses mesures prises dans notre pays étaient et sont superflues», déclare le politicien. La fermeture des magasins, des écoles ou l'interdiction de la pratique du sport en groupe pendant une période aussi longue n'aurait eu que peu d'effet sur l'incidence des infections, alors que les dommages collatéraux causés à l'économie allemande et les dégâts psychologiques en raison de ces fermetures auraient été bien plus importants. Martin Hagen déclare:

«Les Suisses sont plus férus de liberté et ont mis davantage l'accent sur la responsabilité personnelle»

L'homme de 39 ans félicite le gouvernement bernois pour sa persévérance dans le conflit par rapport au ski: «Les pistes de ski suisses ne sont pas devenues des foyers de la pandémie. La Suisse a eu raison de ne pas laisser l'Allemagne lui dicter quoi que ce soit». Le membre du FDP poursuit son discours sur les moyens drastiques tels que les couvre-feux, qui n'auraient eu qu'un «effet minime» sur la réduction de l'incidence des infections: «C’est une assignation à résidence pour les citoyens qui n’aboutit à rien», se plaint-il. Le politicien du Freie Demokratische Partei estime qu'il y a une raison pour laquelle les médias et la population n'ont guère critiqué ces mesures:

«La mentalité libérale est moins présente en Allemagne qu'en Suisse; ici, il y a encore une nostalgie de l'État autoritaire»

Que dit la science à ce sujet ? La plus grande étude réalisée à ce jour sur l'efficacité des mesures face au Covid provient du «Complexity Science Hub Vienna», situé dans la capitale autrichienne. Un groupe de recherche dirigé par le spécialiste Peter Klimek a comparé 6 000 mesures provenant de 79 pays. Leur conclusion: Le confinement total n'est que modérément efficace pour réduire l'incidence de l'infection. Des chercheurs franco-allemands ont également constaté que les couvre-feux n'ont qu'un effet mineur.

Cependant, le fait que la courbe d'infection en Allemagne et en Suisse diminue plus ou moins au même rythme malgré les mesures différentes peut s’expliquer de la manière suivante: «Le facteur le plus important en Europe est la saisonnalité. La tendance à la baisse n'a pas grand-chose à voir avec les mesures prises par les gouvernements».

Les saisons sont plus marquées en Europe que dans les autres régions du monde. En effet, à la fin de l’automne et durant l’hiver, la politique moins restrictive de la Suisse face au Covid a eu un impact négatif sur le nombre de cas.

«La phase la plus difficile est derrière nous»

Le deuxième facteur, outre la saisonnalité, est l'évolution de la vaccination, selon le spécialiste Peter Klimek: «Je suppose que nous pourrons faire de grands pas vers la normalité au milieu de l'été». Le fait que la Suisse enregistre une baisse du nombre de cas malgré des mesures moins strictes ainsi que de nouveaux assouplissements «est assez frappant», déclare le chercheur.

Néanmoins, il ne veut pas décrire l'approche suisse comme étant la meilleure. En effet, l'incidence de l'infection varie fortement d'une région à l'autre. Des facteurs tels que la culture sanitaire de la population, la mobilité et la situation de l’incidence par région jouent également un rôle. Le chercheur de 38 ans est confiant:

«La phase la plus difficile est derrière nous, il peut maintenant y avoir des ouvertures progressives»

Le facteur d'incertitude reste les mutations du virus. «Nous verrons certainement un nouvel élan à l'automne, mais il pourra probablement être contrôlé au niveau régional. Je ne vois plus la nécessité de procéder à des fermetures à grande échelle».

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