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Pourquoi la Suisse participe au Conseil de paix de Trump

Pourquoi la Suisse a participé au Conseil de paix de Trump

Observatrice à Washington, la Suisse assiste au lancement du Conseil de paix de Trump, sans engagement formel mais avec attention stratégique.
20.02.2026, 11:5920.02.2026, 12:22
Monika Schmutz Kirgöz et Ralf Heckner (à droite), du DFAE, ont représenté la Suisse comme observateurs au Conseil de la paix de Donald Trump.
Monika Schmutz Kirgöz et Ralf Heckner (à droite), du DFAE, ont représenté la Suisse comme observateurs au Conseil de la paix de Donald Trump.Image: watson / agences
Renzo Ruf

Sur invitation du gouvernement américain, une délégation helvétique, composée de Monika Schmutz Kirgöz, cheffe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), ainsi que l’ambassadeur de Suisse Ralf Heckner, a pris part à la première première séance officielle du Conseil de la paix lancé par Donald Trump jeudi à Washington.

Les représentants de la Confédération ont assisté à cette réunion de trois heures en tant qu’observateurs, sans pouvoir intervenir directement dans les discussions. Ils n'étaient pas les seuls puisque des diplomates d’Allemagne, d’Autriche, d’Italie se trouvaient également dans le public. Seule la France n'était pas représentée parmi les grands voisins de la Suisse.

Le sort de Gaza au programme

Comme annoncé par les organisateurs américains, la réunion a principalement porté sur Gaza et la situation des Palestiniens. Des sujets sur lesquels la Suisse a beaucoup à dire, ce qui justifie le souhait du DFAE d'être présent. Monika Schmutz Kirgöz a ainsi déclaré après la séance:

«Il était important d’être là. Nous voulons savoir où tout cela mène»

D’autant que le Conseil de la paix est actuellement, la seule instance internationale (mandatée par l’ONU, faut-il préciser) où l’avenir de Gaza est discuté, souligne Monika Schmutz Kirgöz.

Trump président à vie

Une adhésion permanente au Conseil de la paix, dont Donald Trump n'est autre que le président à vie, coûte un milliard de dollars. Monika Schmutz Kirgöz n’a pas voulu indiquer si elle plaiderait pour que la Suisse rejoigne ce Conseil lors de son retour à Berne. Le Conseil fédéral examine actuellement les prochaines étapes. Une adhésion devrait cependant encore être approuvée par le Parlement et le corps électoral.

«Sur le fond, la Suisse s’engage pour le multilatéralisme, le droit international et les Nations unies», a ajouté la représentante du DFAE. De quoi en déduire que Berne se montre sceptique face à cette nouvelle organisation?

A quand la prochaine réunion?

Jeudi, Donald Trump a directement ciblé les critiques de cette nouvelle organisation. Il a qualifié l’attitude de certains responsables politiques mondiaux de «faire des manières» («playing a little cute») et prévenu que cela ne fonctionnerait pas avec lui. Selon le président américain:

«Tôt ou tard, tout le monde deviendrait membre»

Selon l’ambassadeur Ralf Heckner, la déclaration de Trump ne doit pas être comprise comme une menace contre des pays observateurs dont fait partie la Suisse. C’est aussi ce que lui ont assuré ses contacts au Département d’Etat américain.

La prochaine réunion du Conseil de la paix n'a pas encore été agendée. On ignore aussi si la Suisse conservera son statut d’observatrice. Berne doit néanmoins veiller à ne pas trop s’exposer, car la Suisse et les Etats-Unis discutent actuellement d’un nouvel accord commercial, censé être prêt d’ici fin mars. (btr/az)

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