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La Suisse et le monde réagissent aux images choc de Boutcha

Après le retrait de l'armée russe de Boutcha, des morts jonchent les rues. L'Union européenne veut à présent renforcer davantage les sanctions. La Suisse a également réagi.
04.04.2022, 09:16
Fabian Hock / ch media

L'Ukraine a retrouvé les corps de 410 habitants au total dans la région entourant la capitale Kiev, a écrit dimanche soir sur Facebook la procureure générale ukrainienne Iryna Venediktova.

Cet habitant se tient dans les ruines de la ville de Boutcha, près de Kiev. Les soldats russes y auraient commis un massacre.
Cet habitant se tient dans les ruines de la ville de Boutcha, près de Kiev. Les soldats russes y auraient commis un massacre.image: keystone

L'Ukraine attribue ce «massacre» aux troupes russes, qui occupaient jusqu'à récemment la petite ville de Boutcha – ce que Moscou conteste. Les journalistes français qui ont eu accès à la ville après la libération ont fait état d'au moins 20 morts dans une seule rue. Tous étaient des civils.

Une journaliste documente une fosse commune à Boutcha.
Une journaliste documente une fosse commune à Boutcha.image: keystone

«Ces personnes ont été abattues», a déclaré le maire de Boutcha, Anatoly Fedoruk, cité par l'AFP. 280 autres civils auraient été enterrés dans des fosses communes.

Lors de leur retraite, les soldats russes auraient utilisé des enfants comme boucliers humains. Le procureur général ukrainien constitue un dossier à ce sujet, rapporte le journal britannique Guardian.

Des soldats marchent au milieu des décombres et des chars russes détruits, à Boutcha, le 3 avril 2022.
Des soldats marchent au milieu des décombres et des chars russes détruits, à Boutcha, le 3 avril 2022.image: keystone

Réaction internationale

Les événements de Boutcha suscitent l'horreur au niveau international. «Nous devons élucider sans ménagement ces crimes commis par l'armée russe», a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz. Des appels similaires ont été lancés depuis Paris, Rome et d'autres villes européennes.

L'ambassade de Russie se fait réprimander

Le service de presse de l'ambassade de Russie, en Allemagne, a également nié, sur Twitter, toute responsabilité dans la mort des civils à Boutcha, tout en identifiant de hauts fonctionnaires d'Allemagne. Cela a rapidement valu à l'organisation un blâme de la part de la présidente de la commission de défense du Bundestag allemand, Marie-Agnes Strack-Zimmermann (FDP), qui a également été identifiée.

Elle a accusé la Russie, et le chef du Kremlin Vladimir Poutine, d'avoir commis des «crimes de guerre cruels et massifs».

«⚡🇷🇺 Le ministère de la Défense dément les allégations du régime de Kiev concernant des meurtres présumés de civils à #Butscha.»
«Epargnez-nous vos mensonges inhumains et ne vous avisez pas de me taguer. Le jour viendra où Poutine et ses sbires, vous y compris, devront répondre de ces horribles et massifs crimes de guerre à La Haye. Vous devez être expulsé.»

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L'UE veut maintenant renforcer ses sanctions à nouveau et dans un second temps, traduire en justice les responsables de «ce massacre».

La Suisse a aussi réagi

La Suisse s'est aussi clairement exprimée. Interrogé à ce sujet, le Département des affaires étrangères (DFAE) écrit: «Le DFAE est au courant des terribles images de Boutcha: elles font craindre de graves violations du droit international humanitaire». Les événements nécessitent «une enquête internationale indépendante», poursuit le DFAE. Le vice-président du PRD Philippe Nantermod s'est également exprimé:

Le conseiller national PS Fabian Molina a écrit: «Des crimes de guerre sont perpétrés en Ukraine sous les yeux de l'opinion publique mondiale». Molina demande à ce que la Suisse réagisse, notamment en interdisant le commerce des fossiles russes.

«Poutine est un criminel de guerre», selon Carla Del Ponte

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a documenté plusieurs cas de crimes de guerre présumés commis par l'armée russe près de Kiev, à Tchernihiv et à Kharkiv. Elle a publié son rapport dimanche. Viols et exécutions sommaires y sont consignés.

«Les cas que nous avons documentés se résument à une cruauté et à une violence indicibles et délibérées contre des civils ukrainiens. Le viol, le meurtre et d'autres actes de violence contre des personnes détenues par les forces armées russes devraient faire l'objet d'une enquête en tant que crimes de guerre.»
Hugh Williamson, directeur pour l'Europe de Human Rights Watch.

L'ancienne procureure en chef du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie, Carla Del Ponte, demande un mandat d'arrêt contre le président russe. «Poutine est un criminel de guerre», a-t-elle déclaré ce week-end au journal suisse romand Le Temps.

Traduit de l'allemand par sia

La guerre en Ukraine en images

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La guerre en Ukraine en images
source: sda / efrem lukatsky
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