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Venezuela

Selon ces déserteurs, le pouvoir de Maduro n'a pas disparu

Des déserteurs vénézuéliens, exilés en Colombie, prêts à installer un «nouveau commandement» militaire.
Des déserteurs vénézuéliens, exilés en Colombie, se disent prêts à installer un «nouveau commandement» militaire.Image: RAUL ARBOLEDA / AFP / Imago, montage watson

Ces déserteurs veulent «remettre de l'ordre» au Venezuela

Exilés en Colombie depuis des années, des déserteurs vénézuéliens disent se préparer à rentrer au pays après la chute de Nicolas Maduro pour imposer un nouveau commandement militaire, malgré les risques de guerre civile.
06.01.2026, 20:5606.01.2026, 20:56
David SALAZAR, Cucuta, Colombie / AFP

Depuis leur exil en Colombie, des déserteurs des forces de l'ordre du Venezuela ont suivi, stupéfaits et à distance, la chute de Nicolas Maduro.

Certains d'entre eux envisagent désormais de retourner dans leur pays avec l'intention d'installer un «nouveau commandement».

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Une opportunité longuement attendue

Considérés comme des traîtres après avoir abandonné l'uniforme il y a environ sept ans, d'anciens soldats et policiers se sont réfugiés en Colombie, mais l'arrestation de Maduro par les Etats-Unis rebat les cartes, selon eux.

Un commandant qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat assure que, lorsqu'il était sur le point d'être nommé général de l'armée, il a demandé sa démission pour des raisons éthiques, en désaccord avec ses supérieurs.

Sans Nicolas Maduro, le haut commandement militaire, composé de certains de ses anciens camarades, «devrait s’écarter», explique-t-il. Mais pour l'heure, déplore Willias Cancino, ex-agent du commandement des opérations spéciales de la police, ces haut-gradés «restent totalement loyaux au régime».

En contact permanent avec leurs anciens compagnons et parties prenantes de cette fuite massive, ils assurent préparer leur retour afin de remplacer la haute hiérarchie militaire actuelle, accusée par des ONG de violations des droits humains et d'autres crimes. Williams Cancino affirme vouloir «remettre de l'ordre» et poursuit:

«Il faut un nouveau haut commandement»
«Nous attendons le moment adéquat pour soutenir le nouveau gouvernement, et la restauration des institutions dans le pays.»
L'ancien policier vénézuélien Williams Cancino pose pour une photo, après avoir déserté les forces armées en 2019, à Norte de Santander, en Colombie, le 5 janvier 2026.
L'ancien policier vénézuélien Williams Cancino pose pour une photo, après avoir déserté les forces armées en 2019, à Norte de Santander, en Colombie, le 5 janvier 2026.Image: RAUL ARBOLEDA / AFP

Le pouvoir de Maduro n'a pas totalement disparu

Williams Cancino est arrivé en 2019 avec un groupe d’hommes en uniforme jusqu'à la frontière, a gagné le sol colombien à pied et a remis son arme aux autorités.

Il affirme que son plan, à l'époque, était de consolider un commandement capable de renverser Nicolas Maduro après que l'opposant Juan Guaido s'est proclamé président par intérim, sur fond de pressions des Etats-Unis contre le pouvoir en place. Cette fois, l'espoir est «total», soutient-il avant de déclarer:

«La liberté a véritablement commencé au Venezuela»
Les Vénézuéliens vivant en Colombie célèbrent à Cucuta, en Colombie, le 3 janvier 2026, après la capture du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines.
Les Vénézuéliens vivant en Colombie célèbrent à Cucuta, en Colombie, le 3 janvier 2026, après la capture du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines.Image: RAUL ARBOLEDA / AFP

Donald Trump a affirmé que les Etats-Unis étaient «aux commandes» du Venezuela, mais n'ont annoncé ni déploiement de troupes ni soutien à des commandos extérieurs aux forces armées vénézuéliennes.

Après l'arrestation de Maduro, qui a plaidé non coupable lundi devant un tribunal à New York, l'armée vénézuélienne a apporté son soutien à la vice-présidente Delcy Rodriguez, investie lundi comme présidente par intérim. Trump avait alors averti:

«Si elle ne fait pas ce qu'il faut, elle va payer un prix très cher, probablement plus élevé que Maduro.»
Delcy Rodriguez, le 5 janvier à Caracas.
Delcy Rodriguez, le 5 janvier à Caracas.Image: Imago

Les déserteurs qui se sont entretenus avec nous assurent que les instances militaire et policière demeurent fidèles à Nicolas Maduro, malgré le coup porté samedi par l'opération militaire américaine.

Ces instances restent sous les ordres des ministres de l'Intérieur, Diosdado Cabello, et de la Défense, Vladimir Padrino, tous deux recherchés par la justice américaine.

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez (à gauche), s'exprime lors d'une conférence de presse tenue à Caracas.
Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez (à gauche).Image: Imago
Diosdado Cabello, ministre de l'Intérieur, de la Justice et de la Paix du Venezuela.
Diosdado Cabello, ministre de l'Intérieur, de la Justice et de la Paix du VenezuelaImage: Imago

La crainte d'une guerre fratricide

Cleberth Delgado, un ex-détective, se montre sceptique quant à une possible transition au Venezuela tant que resteront en poste les hauts-gradés loyaux à Delcy Rodriguez.

Des estimations indépendantes affirment que le pays compte quelque 2000 généraux. Il affirme avoir été collaborateur d'Oscar Pérez, un policier devenu célèbre en 2017 après s'être soulevé contre Nicolas Maduro, mais assassiné en 2018.

L'ancien détective vénézuélien Cleberth Delgado, ici photographié dans le département du Norte de Santander, en Colombie, le 5 janvier 2026. a déserté le Venezuela.
L'ancien détective vénézuélien Cleberth Delgado, ici photographié dans le département du Norte de Santander, en Colombie, le 5 janvier 2026. a déserté le Venezuela.Image: RAUL ARBOLEDA / AFP

Avec le président vénézuélien déchu désormais détenu aux Etats-Unis et un pouvoir qui peut se fissurer, Delgado affirme que les déserteurs veulent «proposer au gouvernement (de Rodriguez) une nouvelle institution» de la force publique.

S'ils obtiennent une fin de non-recevoir, «les armes ont toujours été une option», avertit Delgado depuis l'une des maisons clandestines où il se cache, dans un quartier populaire à quelques minutes de la frontière. Mais Williams Cancino nuance:

«Nous ne voulons pas de conflit et encore moins d'une guerre civile. Nous ne voulons pas nous affronter entre frères»

Juan Guaido, qui vit aux Etats-Unis, écarté, voit une issue aux côtés la cheffe de l'opposition et Nobel de la paix, Maria Corina Machado.

Des ours rigolos? Les voici:
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Des ours rigolos? Les voici:
source: boredpanda
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- Nicolás Maduro, encadré par des agents de la DEA
Video: watson
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