Vous êtes du genre à échanger des photos olé-olé via la messagerie d'Instagram avec votre tendre moitié, votre voisin, votre collègue? Tant que tout le monde est d'accord, tout va bien. Mais comme ça n'est pas toujours le cas (doux euphémisme...), Meta a décidé de changer quelques paramètres dans son application.
Il ne sera bientôt plus possible de faire de captures d'écran des photos envoyées en lecture unique, idem pour les clichés dont la relecture est autorisée.
Le but de la démarche? Protéger les utilisateurs, et particulièrement les adolescents, contre la «sextorsion», le chantage aux nudes. C'est ce qu'explique Meta, la maison mère d'Instagram, sur son blog:
En parallèle de ces nouvelles mesures, l'entreprise met en place une campagne de sensibilisation aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, ainsi qu’en Australie pour aider les jeunes et leurs parents à repérer les arnaques à la sextorsion. Meta met en avant des chiffres effrayants: «l'augmentation spectaculaire du nombre d'escroqueries par sextorsion fait payer un lourd tribut aux enfants et aux adolescents, les signalements de tentatives de séduction en ligne ayant augmenté de plus de 300% entre 2021 et 2023», explique l'entreprise.
Le réseau social a annoncé cette modification le 17 octobre. En avril dernier, le groupe avait déjà pris d'autres mesures en ce sens, avec un projet en phase de test: un «contrôleur de nudité» sur Instagram, censé détecter automatiquement les images avec de la nudité reçues sur la messagerie. L'outil est aussi supposé les rendre floues.
Le fait de publier sur internet des nudes sans le consentement de la personne concernée est depuis peu puni par la loi. La conseillère aux Etats neuchâteloise verte Céline Vara a porté ce changement devant le Parlement, estimant que ce n'est pas aux victimes d'avoir honte.
Désormais, le Code pénal stipule: «Quiconque transmet à un tiers un contenu non public à caractère sexuel, notamment des écrits, enregistrements sonores ou visuels, images, objets ou représentations, sans le consentement de la personne qui y est identifiable, est, sur plainte, puni d’une peine privative de liberté d’un an au plus ou d’une peine pécuniaire. L’auteur est puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire s’il a rendu le contenu public.»
La modification de la loi est entrée en vigueur le 1er juillet 2024, comblant ainsi un vide juridique en la matière.