L'origine exacte de l'embrouille entre Tony Effe, rappeur romain de 33 ans, et Fedez, 34 ans et ex de Chiara Ferragni, reste floue. Certains médias évoquent un conflit d'ordre personnel – Tony se serait rapproché de l'influenceuse aux 28 millions de followers alors qu'il était encore ami avec Fedez, Fedez aurait quant à lui fait des compliments à l'ancienne petite amie de Tony, Taylor Mega. D'autres, en revanche, disent que le motif du dissing – l'attaque d'un rappeur envers un ou plusieurs autres rappeurs – est d'ordre professionnel: Fedez aurait proposé à Tony d'intervenir sur une chanson, proposition que ce dernier aurait déclinée.
Bref, l'un dans l'autre, le résultat est le même: la guerre est déclarée. Après s'être lancé plusieurs piques sur les réseaux sociaux, les deux rappeurs ont sorti différents sons en l'espace de quelques jours pour s'insulter en musique.
Tout a réellement commencé le 17 septembre, lorsque Tony Effe – dont la chanson Sesso e samba est devenue le son de l'été en Italie – balance un morceau lors du Red Bull 64 Bars. Certains passages visent directement Fedez. Il fait allusion, entre autres, au lien présumé qu'il entretiendrait avec Chiara Ferragni:
Et de provoquer par la même occasion un second rappeur, Niky Savage, en affirmant qu'il aurait eu une relation sexuelle avec son ancienne petite-amie avant de «la faire tourner à d'autres»:
Tony Effe ne s'arrête pas là et publie dans la foulée l'annonce de la sortie d'une nouvelle chanson, Chiara, dont le visuel rose et pop ne laisse aucun doute sur la référence à la célèbre influenceuse.
La réaction de Fedez ne s'est pas fait attendre. Il sort dans un temps record L'infanzia difficile di un benestante (L'enfance difficile d'un homme riche), en référence à l'origine aisée de Tony et s'attaque à son rival en mentionnant directement son prénom, ses anciennes compagnes et en intégrant dans le clip des photos du rappeur romain en Miss Italia:
L'embrouille est cependant loin d'être terminée! On continue, vous suivez toujours?
Deux nouvelles chansons vont faire leur apparition dans les jours qui suivent: Chiara de Tony Effe et Allucinazione Collettiva (Hallucination Collective) de Fedez, un morceau qui contrairement à ce qui était attendu n'est pas une attaque à l'encontre de son rival, mais une dédicace à Chiara Ferragni, la mère de ses enfants.
Rapidement, la presse italienne parle d'un coup marketing, une stratégie qui n'a rien de nouveau dans l'univers du rap et qui fait du «clash un élément polarisant pour générer de l'audience, des interactions et des vues», rappelle Il Messaggero. Quelques chiffres pour l'exemple: Fedez a vu l'interaction de ses posts Instagram augmenter de plus de 200%; Tony Effe a gagné environ 255 000 followers.
La visibilité a bel et bien explosé, au même titre que les critiques. Les internautes, qui ont tout de même suivi de près l'affaire, sont plus nombreux à huer qu'à applaudir, trouvant navrant que des enfants aient été mêlés à cette histoire, critiquant notamment la qualité des paroles ainsi que les attaques à l'encontre des femmes.
«Les rimes de la honte sur le dos de Ferragni», écrit de son côté La Repubblica, qui dénonce – comme d'autres médias – la misogynie et le sexisme «répugnant en hommage à certains codes traditionnels du rap, mais sans conscience du poids des mots».
Peu avant la sortie d'Allucinazione Collettiva, Chiara Ferragni est justement sortie du silence – elle a toujours évité de s'exprimer sur Fedez afin de «protéger ses proches et sa famille» – et a pris la parole sur Instagram. Elle s'est dite fatiguée de subir des attaques «gratuites et vénéneuses»:
Elle demande d'être tenue à l'écart de ces jeux et de ne plus être entraînée dans ces situations qui ne lui appartenaient pas à l'époque, et encore moins aujourd'hui.