Harry et Meghan «épuisent» même leurs riches voisins
Pauvres, pauvres habitants de Montecito... Il semble loin, le temps où les résidents de cette paisible, clinquante et exclusive bourgade d'environ 10 000 âmes s'enorgueillissaient d'accueillir leur propre petit morceau de royauté, Harry et Meghan, au moment de leur départ de la Couronne britannique.
Pas faute pour le couple d'avoir tout fait pour coller à l'ambiance locale. Pour s'en rendre, laissez-nous vous dresser le tableau.
Une enclave de bobos fortunés
Il y a un siècle déjà, Montecito, dont le nom signifie «forêt» ou «campagne», en vieil espagnol, faisait figure de plateau de Monopoly vallonné. Depuis les années 20, les palais italiens côtoient les châteaux normands et les œuvres des plus grands architectes du siècle, comme Frank Lloyd Wright.
Pour divertir cette élite intellectuelle amassée sur ce morceau de rocher brillant, prête à affronter les aléas climatiques et les catastrophes naturelles en tous genres, une offre culturelle foisonnante s'est développée, proposant musées, écoles et boutiques de luxe aux résidents capables de débourser quelques millions pour une parcelle boisée.
Aujourd'hui encore, cette charmante ville abrite l'une des plus fortes concentrations de célébrités au monde. Le cinquième code postal le plus cher des Etats-Unis compte parmi ses résidents des célébrités comme Katy Perry, Ariana Grande, Natalie Portman, Jeff Bridges, Michael Douglas, Neil Young, Michael Keaton, Oprah Winfrey et, jusqu'à récemment, Ellen DeGeneres. Gwyneth Paltrow et les Sussex font partie des dernières recrues.
Anonymat et tranquillité garantie. Comme se targuait un habitant en 2024 dans le Daily Telegraph:
Pour se figurer l'ambiance de Montecito, imaginez une bande de plage ocre interminable, des couchers de soleil parmi les plus beaux du monde, une nature sauvage propice aux randonnées, des palmiers vagabonds, des routes sinueuses grimpant jusque sur de superbes propriétés jalousement protégées par de hautes clôtures et un service de sécurité privé.
Au centre-ville, où les Tesla patientent entre les Bentley et les Porsche Cayenne, des bungalows et des arcades blanches aux tuiles de terre cuite abritent charmantes boutiques et petits commerces, où il est possible de s'approvisionner en pots de confiture à 19 dollars, champagne Bollinger et viande hachée de bison bio garantie sans OGM.
Assis sur les terrasses des cafés, vous apercevrez des habitants flânant en chemise de lin Ralph Lauren fraîchement repassée, beaux, minces et bronzés, savourant un matcha glacé, un smoothie aux superaliments ou un latte au lait de soja, pendant que la nourrice conduit la marmaille à l'école privée du coin.
N'espérez pas reconnaître Harry et Meghan ou quelque célébrité que ce soit: ici, les casquettes sont vissées sur le crâne et les lunettes gardées sur le nez en permanence. Tout comme les palettes de couleur des vêtements de marque sont neutres. Beige, gris, blanc.
Un luxe silencieux et raffiné dont Meghan s'est fait l'incarnation dans son show Netflix et qu'on retrouve également dans la décoration intérieure de la duchesse et de ses amies. Des articles que vous pourrez dénicher chez sbmidmod, l'un des nombreux antiquaires du coin, pour peu que vous ayez les moyens de vous offrir une chaise Eames noire à 4500 dollars ou une poule en pierre pour le jardin à 600.
Une esthétique que la duchesse, reconvertie dans le lifestyle et l'apiculture à ses heures perdues, a embrassée dès son arrivée.
L'«effet Meghan»
Malgré tous ces efforts pour coller aux exigences de leur communauté de Montecito, Meghan Markle et le prince Harry auraient toutefois du mal à nouer avec tous leurs corésidents. Selon une source locale dans Page Six, désormais, certains voisins «les évitent». «Personne ne veut être vu avec eux», tranche l'anonyme.
Mais, au fond, peut-être n'est-ce pas vraiment de la faute des Sussex. Harry et Meghan sont à la fois les facteurs et les victimes collatérales d'un phénomène plus large (tout de même baptisé dans la presse «l'effet Meghan»): le boom vertigineux de l'immobilier de Montecito, accéléré par les incendies dévastateurs récurrents en Californie, la pandémie de Covid-19 ainsi que l'arrivée très médiatisée de plusieurs célébrités, qui ont attiré une partie de leur lumière sur cette enclave jalousement protégée.
L'été dernier déjà, The Hollywood Reporter soulevait l'hypothèse selon laquelle l'afflux de nouveaux voisins connus, ainsi que l'ouverture d'une poignée de nouveaux restaurants fancy, auraient propulsé cette petite ville non constituée en municipalité en sphère immobilière florissante. Depuis 2019, le prix médian des maisons à Montecito a augmenté de 80%, selon le site spécialisé Zillow.
Meghan Markle aurait-elle provoqué à elle seule l'envolée des prix du cappuccino sans lactose de chez Jeannine's Bakery? C'est peu probable. Mais tant que ses voisins en seront persuadés, la virée des croissants le dimanche matin à la boulangerie du coin ou le farmer's market du vendredi risquent d'être un peu moins agréables.
