A l'intérieur de la fusillade qui a laissé Rihanna «anéantie»
C'est une journée de printemps typique de Los Angeles. La température flirte avec les 20 degrés, le ciel brille sur Beverly Hills. Sur Heather Road, une impasse où les maisons cossues sont soigneusement protégées par d'épais massifs de buissons, le calme règne. C'est dans ce coin «généralement tranquille» que Rihanna a élu domicile en 2021, dans une propriété de 13 millions de dollars, dotée d'une cour intérieure et d'une piscine.
En ce début de dimanche après-midi, Isabel Thorne, une habitante, est en train de remplir le lave-vaisselle. Son voisin, Keith England, travaille pour sa part sur sa musique. Quand, vers 13h15, une «forte détonation» déchire le silence. «C'était vraiment bruyant, et tout résonne dans cette vallée, donc on entend tout, décrira par la suite Isabel Thorne», au New York Post. «Quand quelqu'un fait la fête, on entend la musique. Un coup de feu, ce n'est pas quelque chose auquel on s'attend.»
Ce n'est pas le pot d'échappement d'une voiture de luxe. Ni des feux d'artifice. Encore moins l'un de ces nombreux bus touristiques, auxquels les voisins de l'une des chanteuses les plus populaires de la planète sont désormais habitués. Mais bien des coups de feu.
Intrigués, plusieurs habitants pointent le nez dehors. Parmi eux: Isabel Thorne et Keith England. Ils se doutent bien que les tirs pourraient avoir un rapport avec la célèbre propriétaire de la maison, située plus haut sur la rue. «Je suis sorti en courant, on s'est dit tous les deux: Tu as entendu ça?», racontera-t-il plus tard au NY Post.
Keith England intime à sa voisine de se mettre à terre. On ne sait jamais. «Et puis, il s’est écoulé un bon moment avant que la police n’arrive.»
En effet. En ce dimanche après-midi, une jeune femme d'une trentaine d'années a conduit sa Tesla blanche jusqu'à l'adresse de ce quartier huppé de Los Angeles, où les plus fameux propriétaires s'appellent Paul McCartney, Madonna, Mariah Carey... et Rihanna.
La suspecte
Rihanna, justement, Ivanna Ortiz en a fait une obsession. Dans de nombreuses vidéos encore disponibles sur ses réseaux sociaux, cette orthophoniste diplômée, influenceuse chrétienne à ses heures perdues et ancienne Miss de beauté dans des concours régionaux, interpelle directement la chanteuse. C'était encore le cas le 23 février dernier, dans un message sur Facebook. «@badgalriri Es-tu là ?»
Dans d'autres vidéos, cette jeune femme originaire de Floride, qui compte plusieurs antécédents judiciaires à son actif dont violence conjugale et voies de fait, selon NBC News, affirme sans preuve que Rihanna serait atteinte du VIH. Ou, encore, évoque sa «mort» prochaine.
Ce dimanche, la voiture d'Ivanna Ortiz s'engouffre dans l'allée et se gare en face du portail, de l'autre côté de la route. La suspecte ouvre le feu. Entre sept et neuf coups. Quatre d'entre eux atteignent la maison blanche. L'une dans un bâtiment voisin. D'autres viennent se loger dans un camping-car Airstream stationné dans l'allée de la propriété, d'après NBC LA.
A cet instant, Rihanna se trouve à l'intérieur de son domicile, accompagnée de ses trois enfants, âgés entre trois ans et cinq mois. Si certaines sources affirment dans les tabloïds, notamment le Daily Mail et TMZ, que son mari est absent pendant la fusillade, la police a affirmé lors d'une conférence de presse qu'A$AP Rocky était bel et bien dans la maison.
La traque
Alors que la police est alertée à 13h21, la Tesla blanche fait demi-tour en direction du sud sur Coldwater Canyon Drive. D'après l'enregistrement audio des communications radio du LAPD, les autorités traquent une suspecte aux cheveux tressés, vêtue d'un chemisier couleur crème. Le dessus de sa Tesla blanche est sale.
Un lecteur de plaques d'immatriculation permet bientôt de repérer la voiture traversant Benedict Canyon. Un hélicoptère de la police de Los Angeles la prend en chasse. Environ 30 minutes après l'appel au 911, selon les échanges radio consultés par le New York Times, la suspecte est interceptée vers le parking d'un centre commercial à Sherman Oaks, près des boulevards Ventura et Sepulveda. En gardant obstinément le silence, Ivanna Ortiz se livre sans résistance aux autorités.
A bord de sa Tesla, la police découvrira un fusil de type AR-15, sept douilles, des munitions et une perruque blonde, ainsi que des munitions supplémentaires, dont un chargeur de 30 cartouches, dans le coffre.
Détenue moyennant une caution de 10,2 millions de dollars, Ivanna Ortiz a été inculpée pour tentative de meurtre. Visée par 14 chefs d'accusation, elle risque la prison à vie si elle est reconnue coupable. Sa comparution est prévue le 25 mars.
La suite
Alors que les autorités enquêtent toujours sur le mobile pour cette attaque, Rihanna et les siens ont quitté Los Angeles. Selon le Daily Mail, dans la foulée de la fusillade terrifiante, la chanteuse s'est envolée depuis un aéroport privé lundi matin, après avoir été escortée par un petit cortège de 4x4 jusqu'au terminal, à bord d'un jet privé.
«Rihanna est complètement sous le choc après la fusillade et a évacué les lieux avec ses enfants», confie une source au tabloïd.
Après cet accident choquant, il s'agit désormais pour la famille d'évaluer les options. Y compris la solution la plus radicale: celle d'un déménagement à l'étranger. «Rihanna avait un appartement à Londres il y a quelques années et envisage d'y retourner car, à Los Angeles, les personnes les plus riches sont prises pour cibles», poursuit l'informateur du Mail.
Alors que plusieurs marques de balle sont toujours visibles sur la façade de la maison familiale, toutes les questions restent ouvertes et le quartier est encore sous le choc. «Je les plains sincèrement, car ils n'ont plus aucun répit. C'est une pensée qui m'est venue à l'esprit», lâche Keith England, au New York Post. «C'était effrayant, mais vous savez, je n'imagine pas être à l'intérieur, entendre les coups de feu et tout ça… Oui, c'était terrifiant.»
«Personne ne devrait avoir peur chez soi. Je vois des gens entrer et sortir, mais la rue est plutôt calme. Enfin, c'est Los Angeles. Malheureusement, c'est devenu la norme», regrette de son côté Isabel Thorne.
