Léna Situations agace ceux qui ont piétiné leurs rêves de gosse
Elle n’est pas comédienne ou réalisatrice. Elle n’est pas non plus journaliste, styliste ou mannequin. Comble d’ironie, cette jeune femme n’est même pas vraiment ce que l’on appelle vaguement une «influenceuse».
Curieusement, tout ce qu’elle n’a jamais été l’a rendue riche, puissante, populaire, mais aussi détestable, pour toute une frange de vieux cerbères corporatistes et d’envieux chroniques.
Au lendemain de la grande cérémonie du cinéma français, il faut sans doute rendre aux César ce qui appartient aux César. Le flair et l’opportunisme d’avoir confié les potins de tapis rouge à Léna Situations, une personnalité qui a (beaucoup) plus de succès et de vivacité qu’eux, pour la troisième année consécutive.
Une initiative des huiles de Canal+, comme un sursaut de la dernière chance, conscientes que le raout quinquagénaire ronfle dans un pénible entre-soi qui ne passionne plus grand monde.
Et ça s’est bien passé:
Ça va être super ! ✨
— CANAL+ (@canalplus) February 23, 2026
Ce jeudi 26 février, dès 19H15, @lenasituations et @lauriecholewa prennent les commandes du tapis rouge des César sur CANAL+
Un rendez-vous immanquable que Lena Situations couvrira en direct de sa propre chaîne, ainsi qu'en simultané sur l’Application… pic.twitter.com/YRlUesGi3X
En quelques années, la star franco-algérienne a réalisé l’exploit de réussir sa vie et de froisser plus ou moins tout le monde avec le même culot, des experts du cinoche autoproclamés aux misogynes décomplexés, jusqu’à l’extrême droite française, dont certains porte-voix avaient comparé sa tenue du Festival de Cannes 2025 au «style des Frères musulmans».
Les nombreux détracteurs de Léna Mahfouf ont tous en commun cette condescendance et cette paresse intellectuelle qui les empêche de comprendre le phénomène.
Même Frédéric Beigbeder, pourtant maître de l’autofiction, s’était publiquement vautré dans le ridicule, avec une lettre absurde, mais très violente à l’attention d’une jeune femme qu’il s’est senti l’étrange besoin d’insulter, sous le prétexte éculé qu’il n’avait pas aimé ses bouquins.
On peut malgré tout comprendre ce véritable gang-bang de crispations. Dans une époque qui envoie bouler les anciennes règles du jeu, sa réussite a de quoi frustrer les ayatollahs d’une certaine idée de la légitimité. Le cinéma étouffe sous les muscles de Netflix, les médias sont à la merci des GAFAM et notre voisin vient de perdre son boulot au profit de l’intelligence artificielle.
Dans un pays, la France, qui a déjà du mal avec le succès et le pognon quand ils sont engrangés dans les règles de l’art, Léna Mahfouf, qui pèse désormais plusieurs dizaines de millions d’euros, a tout pour incarner une reine de l’illégitimité. Et qu’importe si elle est aujourd’hui adorée par Anna Wintour, Rihanna ou Adèle Exarchopoulos.
C'est simple, pourtant. Léna, c’est nos rêves de gosse en mieux. Nos souhaits les plus inavouables catapultés dans la vraie vie. Pendant que l’on s’imaginait mollement astronaute entre deux bols de Chocapic, la mioche construisait déjà sa fusée qui l’enverra bientôt au firmament d’une version très contemporaine de l’accomplissement personnel.
Une éternelle girl next door qui parvient à s’imposer là où elle ne devrait même pas pouvoir imaginer être conviée. Nous avons affaire à une papesse de l’influence avant l’heure, une fille authentique avant la grande hypocrisie de l’époque, une golden girl avant la trentaine.
Léna Mahfouf récolte aujourd’hui les fruits d’un boulot monstre. Une carrière construite à partir de rien, sous le blase de Léna Situations, sous les applaudissements de ses millions de followers, un harcèlement en ligne continuel et les cris d’orfraie d’une élite qui n’a trouvé aucune autre solution de la décrédibiliser pour justifier son propre essoufflement.
A seulement 28 ans, celle qui a commencé à construire une carrière dans sa chambre d’ado est à la tête d’un empire qui ne ressemble qu’à elle. Un podcast que les stars américaines s’arrachent, une maison d’édition, une marque de fringues. Plus important encore: une légitimité qu’elle s’est forgée dans la sueur et une certaine douleur, mais avec une modestie et une légèreté rafraîchissante.
En 2026, non seulement être Léna c’est une bonne situation, mais nos enfants ont hérité d’un sacré modèle.
