Le divorce de vos parents a une influence sur votre descendance
Le taux de divorce a fortement augmenté en Europe et aux Etats-Unis ces dernières décennies. En Suisse, environ 40% des mariages se terminent aujourd'hui par une séparation. Dans le même temps, les taux de natalité sont en baisse. Presque partout en Occident, ils sont nettement inférieurs au seuil nécessaire pour assurer le renouvellement des générations (2,1 enfants par femme).
En Suisse, il est récemment tombé à 1,29 enfant par femme, un niveau historiquement bas. De plus en plus de personnes déclarent également pouvoir imaginer une vie sans enfant.
Une équipe de chercheurs néerlandais a étudié le lien éventuel entre ces deux facteurs: le taux de divorce et le taux de natalité. Elle s'est donc intéressée à environ 200 000 personnes dont les parents avaient divorcé pendant leur enfance. Les chercheurs ont suivi leur parcours jusqu'en 2023 et l'ont comparé à celui de personnes issues de familles restées mariées.
Dans la revue spécialisée Demography, Silvia Palmaccio et son équipe rappellent que les adultes issus de familles divorcées restent plus souvent sans enfant et ont globalement moins d'enfants.
La différence est statistiquement claire, même si elle ne semble pas spectaculaire de prime abord. Les hommes dont les parents se sont séparés ont en moyenne 0,187 enfant de moins, ce qui correspond à une baisse d'environ 13%. Chez les femmes, la baisse est de 0,093 enfant, soit environ 5%. Les effets sont donc deux fois plus importants chez les hommes.
Des relations plus courtes
Selon les chercheurs, la raison principale réside dans le fait que les enfants de parents divorcés ont plus souvent des relations plus courtes à l'âge adulte. Et ceux qui se séparent tôt ou changent souvent de partenaire ont moins de temps pour avoir un premier enfant ou d'autres enfants.
Ce constat est important pour les politiques familiales et peut expliquer, du moins en partie, pourquoi les mesures classiques visant à encourager les naissances – allocations familiales, financement de la garde d'enfants, meilleure conciliation entre vie familiale et vie professionnelle – ont moins d'effet que ne l'espèrent les responsables politiques.
Dans le même temps, les auteurs mettent en garde contre les conclusions hâtives, car l'analyse se réfère exclusivement aux Pays-Bas, un pays doté d'un Etat social relativement développé. Les résultats ne peuvent donc pas être automatiquement transposés à d'autres pays. Si la Suisse partage certaines caractéristiques structurelles avec les Pays-Bas, telles que sa taille et sa stabilité économique, elle se distingue toutefois nettement dans l'aménagement de sa politique familiale.
Contactée, Silvia Palmaccio écrit qu'elle s'attend à ce que le lien fondamental – baisse du nombre d'enfants liée au divorce des parents – puisse également être pertinent en Suisse. Cependant, l'ampleur de cet effet dépendrait du contexte spécifique à chaque pays. La tendance serait probablement similaire, mais l'ampleur de l'effet ne peut être prédite sans données spécifiques.
(traduit et adapté par mrs)
