Il a ignoré un DM LinkedIn qui l'invitait à jouer au Mondial
Il vous est déjà arrivé de recevoir un message sur LinkedIn, de l'ignorer, et de vous en mordre les doigts? Une opportunité professionnelle manquée, un recruteur un peu insistant, ou un contact auquel on répondra «plus tard» (spoiler: jamais)...
Roberto Lopes, lui, a bien failli laisser passer une Coupe du monde.
A l'époque, le défenseur évolue aux Shamrock Rovers, en première division irlandaise. Né à Dublin d'une mère irlandaise et d'un père cap-verdien, il est banquier et mène une carrière dans le football plutôt discrète lorsqu'un message atterrit dans ses DMs LinkedIn. L'expéditeur n'est autre que Rui Aguas, alors sélectionneur du Cap-Vert.
Message ignoré
Le problème? Le message est entièrement rédigé en portugais. Ne parlant pas un mot de cette langue, Roberto Lopes pense à un spam ou à de la pub mal ciblée. Il ne le traduit pas et passe simplement à autre chose. «J'ai fait exactement ce qu'il ne fallait pas faire», raconte-t-il aujourd'hui en riant à Reuters.
Il faudra attendre... près de neuf mois pour que le Cap-Vert revienne à la charge, cette fois en anglais. Intrigué, Lopes décide enfin de copier le premier message dans Google Traduction.
Il découvre alors qu'aucun «coach de vie» autoproclamé ne cherchait à lui vendre une formation bidon. C'était simplement le coach d'une sélection nationale qui voulait qu'il joue pour le pays de ses ancêtres.
Petit pays, grande stratégie
Une anecdote qui résume assez bien la manière dont le Cap-Vert a construit son équipe ces dernières années. Faute de disposer d'un immense vivier de joueurs sur place, le petit pays d'environ 600 000 habitants s'appuie largement sur sa diaspora, installée notamment au Portugal, en France, aux Pays-Bas ou encore en Irlande.
Les sélectionneurs passent ainsi une partie de leur temps à identifier des joueurs ayant des origines cap-verdiennes... puis à tenter de les convaincre de rejoindre les Requins bleus.
Pour comparer, l'archipel, situé au large du Sénégal, est moins peuplé que le canton de Vaud. Ce qui ne l'empêche pas, aujourd'hui, de tenir tête sur le terrain à des nations qui comptent parfois cent fois plus d'habitants.
Aujourd'hui âgé de 34 ans, le défenseur est devenu l'un des cadres de la sélection. Et le voilà à disputer la première Coupe du monde de l'histoire du Cap-Vert, l'une des grandes surprises de ce tournoi. L'archipel est même parvenu à se qualifier pour les seizièmes de finale de la compétition. Le Cap-Vert défie ce samedi 5 juillet… l'Argentine, qui n'est autre que la tenante du titre.
Comme quoi, pour se retrouver dans un stade face à Lionel Messi devant des dizaines de milliers de supporters, et des millions de téléspectateurs, il n'y a parfois qu'une notification LinkedIn. A ne pas ignorer, de préférence.
