Infantino règle ses comptes
La Coupe du monde s'est terminée il y a une semaine, déjà. Avec un peu de recul, le président de la Fifa, Gianni Infantino, a dressé une sorte de bilan. Pour éviter les questions des journalistes, il a choisi Instagram afin d’exposer sa vision des choses.
Un point est clair: les nombreuses critiques adressées à sa personne et à la fédération mondiale irritent profondément le Valaisan.
«Mon message à tous ceux qui…» C’est ainsi que débute la publication d’Infantino. Au fil de 15 diapositives en anglais, ses abonnés découvrent un message limpide: la Fifa est du bon côté, les critiques du mauvais. Le président dit plaindre celles et ceux qui ont boycotté la Coupe du monde:
Selon lui, le tournoi a été un événement riche en émotions. Infantino s’est longuement adressé – indirectement – aux journalistes critiques. «A ceux qui propagent la haine et de fausses rumeurs, je veux dire ceci: pendant que vous restez assis en coulisses, nous, à la Fifa, sommes en première ligne. Nous organisons, nous travaillons sans relâche et nous faisons en sorte que le plus grand spectacle du monde voie le jour.»
Le discours devient quelque peu paradoxal lorsque celui qui est un proche du président américain Donald Trump affirme:
Après avoir longuement vanté, non sans arguments, l’expérience de cette Coupe du monde, le Valaisan poursuit ses attaques:
En prenant l’exemple de l’équipe d’Iran, le président de la Fifa a insisté sur le fait que le football n’avait rien à voir avec la politique. «Le football est une affaire de rassemblement, pas de division.» La Fifa aurait travaillé sans relâche pour rapprocher deux pays en guerre. «L’équipe d’Iran a pu entrer aux Etats-Unis sans le moindre incident», a-t-il souligné. Mais les médias, déplore Infantino, ne se seraient pas intéressés aux aspects positifs de l’événement:
Les Etats-Unis avaient notamment refusé l’entrée sur leur territoire à l’un des meilleurs arbitres d’Afrique.
Aucune remise en question dans l'affaire Balogun
Dans cette longue lettre, on ne trouve qu’une allusion indirecte à l’affaire Balogun. L’attaquant américain avait été suspendu après avoir reçu un carton rouge. La Fifa avait ensuite levé cette suspension après que Donald Trump, selon les dires de ce dernier, lui en avait fait la demande par téléphone. Un épisode unanimement considéré comme un scandale d’une ampleur exceptionnelle.
De l’autocritique? Selon Gianni Infantino, la Fifa n’a rien fait qui ne soit déjà courant ailleurs:
L’ASF reconsidère son soutien à Infantino
Gianni Infantino adresse enfin un conseil à ses nombreux détracteurs:
Gianni Infantino entend briguer un nouveau mandat à la présidence de la Fifa au printemps 2027. Alors que, notamment, l’Association suisse de football (ASF) le soutenait encore avant la Coupe du monde, la situation semble désormais avoir évolué. L’affaire Balogun y est aussi pour beaucoup: l’ASF entend réexaminer sa position.
Des discussions sont en cours en interne, mais également avec d’autres fédérations nationales, afin de déterminer si elle doit continuer à soutenir le Valaisan.
