Le numéro 2 de la Fifa lâche Gianni Infantino
Le secrétaire général de la Fifa, Mattias Grafström, annoncé dans la presse comme un prétendant à la succession de Gianni Infantino, s'est à son tour désolidarisé du président de l'instance, Gianni Infantino, après l'affaire controversée d'ouverture de la Coupe du monde aux investisseurs privés.
Dans un mail envoyé mardi aux salariés de la Fifa et consulté par l'AFP, Grafström, né à Genève de parents suédois et néerlandais, a regretté «une série d'événements tristes et condamnables», qui ont «heureusement abouti à l'abandon permanent» du projet défendu par Infantino.
«Les individus, les moments d'instabilité et les épisodes malheureux passent», a souligné Mattias Grafström, par ailleurs ancien chef de cabinet du Valaisan lors de l'accession de ce dernier à la présidence en 2016. «L'institution, sa mission et sa responsabilité envers le football continuent», a-t-il ajouté, prenant ainsi ses distances avec son président sans toutefois le dire explicitement.
Grafström, qui ne s'est pas encore exprimé publiquement sur cette affaire, a également tenu à rassurer les salariés de la Fifa. «Nous traversons tous une période de turbulences difficile à comprendre et à accepter. Je vous assure que vous serez protégés et mis à l'abri des événements politiques que nous vivons actuellement.»
Le natif de Genève n'est pas le seul, au sein de l'instance qui dirige le football mondial, à avoir pris ses distances avec ce projet, mais aussi avec Gianni Infantino.
Avant lui, le conseiller principal du président de la Fifa, Carlos Cordeiro, avait déclaré s'opposer «catégoriquement» à cette initiative. L'ancien banquier d'affaires a démissionné vendredi, estimant que le projet était «une mauvaise chose pour l'avenir à long terme du jeu». De son côté, Kevin Lamour, directeur général et numéro trois de la Fifa, critiquait au même moment les méthodes de son président.
La lettre de Grafström s'est également inscrite dans la lignée des déclarations tenues mardi par Arsène Wenger, actuel directeur du développement du football mondial au sein de l'instance. «La décision de retirer le projet était absolument nécessaire et incontestable», a-t-il fait savoir, à propos de cette initiative controversée. Dans un communiqué, il a ensuite précisé qu'il n'était pas «impliqué dans ce projet dont j'ai appris l'existence dans la presse».
Le projet défendu par Infantino, qui a toujours affirmé sa volonté de «libérer le potentiel commercial» du football, a été retiré dans la nuit de vendredi à samedi face à l'opposition de nombreux acteurs du football, dont la confédération européenne (UEFA).
(roc/afp/nih)
