Ce changement chez Messi le rend encore plus redoutable
A 39 ans, Lionel Messi éclabousse encore le Mondial de son extraordinaire talent grâce à un cocktail étonnant, entre efforts limités et fulgurances tranchantes, tout en offrant l'image d'un «animal» habité par sa mission avec l'Argentine, quart de finaliste face à la Suisse, dimanche (3h du matin, heure suisse).
Le petit dribbleur aux pieds d'or n'a plus ses jambes d'antan, il est fréquent de le voir marcher quand tous ses coéquipiers courent, taclent et s'animent autour de lui. Mais cela ressemble plus à un plan qu'à une limite, une façon de s'adapter au Messi d'aujourd'hui.
Le sélectionneur de l'Autriche, Ralf Rangnick, a observé:
Malgré cette juste analyse, prononcée à la veille de leur duel, le tacticien émérite a pris la foudre sur deux éclairs du numéro 10 de l'Albiceleste (2-0) en phase de groupes. L'ancien meneur du FC Barcelone sait s'économiser et frapper au bon moment, même en fin de match, comme il l'a montré en 8e de finale durant le final fantastique contre l'Egypte (3-2), avec une passe décisive puis un but en l'espace de cinq minutes.
«Franchement, peu importe qu'on dise qu'il marche sur le terrain, parce qu'au football ce n'est pas celui qui court le plus qui gagne. C'est celui qui joue le mieux, et personne ne joue comme lui», l'a encensé le journal argentin Clarin.
Ce côté marcheur à l’œil affûté n'a pas échappé non plus à la BBC:
Changement brutal d'état d'esprit
Aux Etats-Unis, le joueur de l'Inter Miami affiche des statistiques affolantes: huit buts en cinq matchs, comme Kylian Mbappé et mieux qu'Erling Haaland (7 buts) et Harry Kane (6 buts).
Et encore, il aurait pu atteindre un total à deux chiffres s'il n'avait pas manqué ses deux penalties, contre l'Autriche et l'Egypte. Ces ratés ont énervé le capitaine de l'Argentine à chaque fois et il a transformé sa frustration en moteur pour redevenir celui que ses partenaires vénèrent, et vers qui tendent tous leurs efforts. Messi «est notre équilibre, notre guide, notre leader», a résumé Lautaro Martinez.
La «Pulga» (la puce) a beau disparaître du match par séquences, elle bondit avec une énergie redoublée quand son équipe est menée, ou fortement secouée, ce qui rend sa légitimité incontestable. A 2-0 pour l'Egypte, «on a vu que quelque chose avait changé», a décrit Zlatan Ibrahimovic sur Fox Sports. «C'était devenu un animal», il était «en mission» et n'allait «pas lâcher» sa proie, a dit l'ancien goleador de la Suède.
«Avec Leo, parfois, il ne faut surtout pas réveiller la bête», a acquiescé en plateau Thierry Henry, son ancien coéquipier au Barça.
Et l'ancien buteur des Bleus de raconter une scène d'entraînement où l'Argentin, mécontent d'avoir encaissé un but après une erreur d'arbitrage, selon lui, s'était fait justice lui-même.
Les footballeurs de la Nati sont prévenus.
(afp/yog)
