L'ex-capitaine de la Nati raconte comment défendre face à Messi
Il y a douze ans, Stephan Lichtsteiner disputait ce huitième de finale perdu contre l'Argentine. Et il a été impliqué dans l'action décisive. Après une mauvaise passe du latéral lucernois, Lionel Messi s'était échappé de la défense suisse avant de servir Angel Di Maria: 1-0 pour l'Argentine à la 118e minute, élimination cruelle pour la Nati.
Aujourd'hui entraîneur du FC Bâle, Stephan Lichtsteiner, 42 ans, se souvient de cette rencontre:
L'ex-capitaine de la Nati explique pourquoi, selon lui, l'équipe de Suisse dans ce Mondial 2026 est la meilleure de l'Histoire.
Qu'est-ce qui plaide cette fois en faveur de la Suisse face à l'Argentine, tenante du titre?
STEPHAN LICHTSTEINER: Je pense que la Suisse a atteint une certaine maturité et possède aussi beaucoup de confiance en elle. Ces joueurs ont atteint les quarts de finale de l'Euro, puis ceux de la Coupe du monde. Et au final, ils n'ont rien à perdre.
Quelles sont, plus généralement, les principales qualités de la Nati?
Ils savent mordre. Contre la Colombie, ça a été un match difficile pendant plus de 120 minutes. Et il manquait un ou deux joueurs clés, qui n'ont pas pu débuter la rencontre, voire n'ont pas joué du tout.
Cela montre la constance de cette équipe, qui se qualifie tournoi après tournoi, atteint régulièrement les huitièmes de finale et se retrouve désormais en quarts. Cela témoigne de la maturité et de la qualité que possède désormais la Suisse.
Pour vous, c'est donc la meilleure Nati de l'Histoire?
Je le crois, oui. Par le passé, il y a eu plusieurs occasions où cela aurait aussi pu passer, mais la Suisse a perdu aux tirs au but. Aujourd'hui, elle possède l'expérience nécessaire pour provoquer aussi un peu la réussite.
Pour franchir un nouveau cap, il faudra surmonter l'obstacle le plus imposant qui soit: Lionel Messi. Vous l'avez affronté à trois reprises. On défend comment contre un joueur d'une telle classe?
Il jouait toujours de l'autre côté du terrain par rapport à moi. (Rires) Au final, on défend contre collectivement.
Mais l'Argentine, ce n'est pas seulement Messi. Elle compte de nombreux excellents joueurs. Cela dit, la Suisse est mûre, elle est dans une bonne dynamique, donc tout est possible.
Vous allez regarder le match en pleine nuit?
Jusqu'à présent, je ne me suis pas levé à 2 ou 3 heures du matin pour suivre les rencontres. J'ai tout de même besoin d'un peu de récupération pour mon travail quotidien.
Vous ferez une exception pour ce match contre l'Argentine?
Peut-être bien. En principe, on a congé lundi, donc je pourrai peut-être me lever.
Vous êtes comment devant votre télévision, en tant que supporter?
Différent de lorsque j'étais joueur ou entraîneur, parce que j'ai moins d'influence sur ce qui se passe. Mais avec beaucoup de passion et d'encouragements. En exultant si nous marquons un but et en me réjouissant si l'adversaire manque une énorme occasion. Au final, je serai simplement là pour soutenir tous les anciens coéquipiers et les membres du staff avec lesquels j'ai joué ou travaillé.
Vous avez encore des contacts avec des membres actuels de la Nati? Vous allez leur envoyer un discours de motivation?
Heureusement, ils n'en ont pas besoin. Les gars savent ce qu'ils font. Ils n'ont pas besoin de mes mots. Je suis extrêmement heureux pour les joueurs qui sont là depuis longtemps, comme Granit Xhaka, Manuel Akanji, Breel Embolo ou Remo Freuler. Après toutes ces désillusions en huitième de finale, où tout s'est toujours joué à un fil, leur travail acharné est enfin récompensé.
Adaptation en français: Yoann Graber
(az/yog)
