Cette star du hockey suisse fait face à un cruel dilemme
Le dernier back-to-back de la saison des San Jose Sharks a conduit Philipp Kurashev à Chicago, là même où il se trouvait un an plus tôt dans une situation similaire à celle d’aujourd’hui: sans contrat pour la saison suivante et dans l’incertitude de rejouer en NHL.
Pourtant, après avoir quitté les Blackhawks de Chicago, il avait réussi son nouveau départ à San Jose. Même son indisponibilité sur plusieurs semaines ne semblait pas l’avoir déstabilisé. Mais après les Jeux olympiques, il n’a plus été aligné que sporadiquement et, ces derniers temps, il n’a même plus joué du tout, à l’exception du dernier match de la saison, sans enjeu, contre les Jets, au lendemain du déplacement dans l’Illinois.
«Je n'ai pas l'impression d'avoir mal joué»
Un joueur écarté de l’alignement obtient rarement des explications de son entraîneur. C'est la dure réalité du hockey sur glace. Philipp Kurashev, qui compte désormais 360 matchs de NHL, a toujours du mal à l'accepter: «C'est frustrant de ne pas savoir pourquoi. D'autant plus que je n'ai pas l'impression d'avoir mal joué», déclare le joueur de 26 ans, originaire de Saint-Gall. C'est également ce que confirment les médias californiens, qui suivent régulièrement les Sharks. Il semble que le club ait récemment misé sur des joueurs avec lesquels il envisage un avenir à long terme.
D’autres hockeyeurs en fin de contrat connaissent le même sort. San Jose a très tôt commencé à prolonger certains éléments et à recruter, alors qu’auparavant la franchise laissait plutôt partir des joueurs en cours de saison. Cela laissait présager que Kurashev, arrivé de manière assez surprenante il y a un an, ne verrait pas son contrat renouvelé. De plus, les Sharks disposent d’un vivier considérable de jeunes talents, prioritaires dans le cadre de la reconstruction de l’équipe.
Un bilan impressionnant
L’avenir de Philipp Kurashev reste donc incertain. Son bilan à San Jose n’en demeure pas moins solide. Bien qu’il ait manqué 19 matchs en raison d’une blessure non précisée au haut du corps, il a inscrit 20 points en 43 rencontres, soit sa deuxième meilleure saison en NHL sur le plan statistique. Avec une moyenne de plus de 15 minutes de glace par match, il présente également un temps de jeu important. Il a en outre démontré sa polyvalence en évoluant à différents postes et au sein de plusieurs lignes.
La saison étant déjà terminée pour les Sharks, qui ont manqué les play-offs de peu, l’heure est désormais au grand chambardement. Philipp Kurashev va pour l’instant vider son appartement et entreposer ses meubles ainsi que sa voiture. C’est aussi une réalité de la vie de hockeyeur professionnel. «Tu t’installes dans une nouvelle ville, tu te lies d’amitié avec tes coéquipiers, et il faut déjà faire ses adieux. Ce n’est pas facile», confie-t-il. Peut-être passeront-ils encore quelques jours ensemble avant que chacun ne poursuive sa route.
Le Mondial est-il une opportunité ou un risque?
La question de sa participation au Championnat du monde, qui débutera à la mi-mai à domicile, fait également partie des interrogations qui se posent désormais. «Pouvoir participer à un Championnat du monde dans mon propre pays serait vraiment génial. Mais d’un autre côté, je prends le risque de me blesser, ce qui pourrait nuire à ma situation dans les négociations», résume-t-il. Un véritable dilemme.
En 2022, avant de prolonger à Chicago, il avait déjà participé à un Mondial en tant que joueur libre. A l’époque, sa campagne, qui l’avait notamment amené à affronter les Etats-Unis en quart de finale, avait visiblement joué en sa faveur aux yeux de ses dirigeants.
