Genève-Servette a deux gros problèmes
Après une saison 2025/2026 totalement gâchée, les attentes sont élevées.
Il y a un an, Sam Hallam, alors sélectionneur de l’équipe de Suède, a signé avec Genève-Servette un contrat de trois ans, prenant effet cette saison et courant jusqu’en 2029. L’entraîneur d’opérette Yorick Treille devait assurer la transition. Après son licenciement prématuré, début octobre, Ville Peltonen, désormais à Ajoie, a tant bien que mal sauvé la saison en éliminant Lausanne en quarts de finale.
On attend désormais davantage de Hallam, bien qu’il ait récemment échoué dans son rôle de sélectionneur et subi, à Zurich lors du Mondial, la pire des défaites: la Suède a en effet perdu pour la première fois de son histoire un match à élimination directe contre la Suisse. Le nouveau coach du GSHC restera donc comme l’un des sélectionneurs suédois les moins couronnés de succès, avec seulement deux médailles de bronze aux Mondiaux en quatre ans.
Mais si, à Genève, l’on attend beaucoup du technicien suédois, c’est parce qu’il a aussi connu de grands succès en club, avec trois titres de champion de Suède à la clé (2015, 2018 et 2021). Il est l’un des entraîneurs les plus renommés d’Europe. Pour l’aider à s’adapter à notre mentalité lors de sa première aventure à l’étranger, Marco Bayer, champion de Suisse et vainqueur de la Ligue des champions avec les ZSC Lions, lui servira d’assistant. Aucune autre équipe ne possède une meilleure paire.
En théorie, Hallam et Bayer prennent en main un favori pour le titre. Les places réservées aux étrangers sont remarquablement bien occupées, la ligne bleue est l’une des plus spectaculaires, l’axe central est, les bons soirs, l’un des meilleurs de la ligue, et lorsque Tanner Richard sera de nouveau en pleine possession de ses moyens, il fera de grandes différences. Tout est donc parfait?
Eh bien, non. Il y a deux gros problèmes à Genève: une certaine nonchalance sur le plan défensif et deux gardiens qui, la saison dernière, ne jouaient plus leur meilleur hockey.
Le champion de Suisse 2023 et vainqueur de la Ligue des champions 2024 a encaissé 147 buts lors du précédent exercice. Davantage que les ZSC Lions, Davos, Gottéron, Lausanne, Lugano, Zoug, Berne et Kloten, et autant que Langnau et Bienne. On a le sentiment que, depuis l’introduction des play-offs, en 1986, jamais encore une équipe aussi chère et talentueuse n’avait été aussi négligente défensivement.
Un manque de mordant et de discipline est à déplorer, alors que les deux gardiens, le prometteur Stéphane Charlin et le vieillissant Robert Mayer, n’ont pas été en mesure de masquer ces lacunes.
Pour Genève-Servette, le constat est terrible: ça ne fonctionne tout simplement pas avec Charlin. A Langnau, son ancien club, Stéphane Charlin était passé du statut de talent en surpoids, perdu pour le hockey, à celui de meilleur gardien et MVP de la ligue. Mais aussi de héros lors du Mondial 2025.
En signant à Genève, le plan était tout tracé: progresser encore, faire avancer le GSHC, se faire remarquer aux JO et au Championnat du monde à domicile, puis tenter l’aventure en NHL. Mais rien de tout ça ne s’est passé.
Son taux d’arrêts a fortement diminué la saison dernière et il n’a été retenu ni dans l’équipe olympique ni dans celle du Mondial. Que ce recul soit dû à ses défenseurs, qui préfèrent profiter du doux climat régnant au bord du lac, n’a aucune importance. Si nous ne retrouvons pas le véritable Stéphane Charlin cette saison, tout le monde aura un problème: lui, l’entraîneur Sam Hallam et le directeur sportif Marc Gautschi.
En résumé, Genève-Servette est un titan qui entame la nouvelle saison en titubant sur ses bases défensives fragiles.
Risque de licenciement
A ne pas sous-estimer.
Hallam n’a certes pas réussi en tant que sélectionneur, mais ses références comme entraîneur de club sont formidables. Avec Marco Bayer, il dispose d’un assistant capable de lui faire comprendre la culture si particulière du hockey genevois. Il ne devra surtout pas chercher à enfermer les esprits libres et offensifs des Finlandais dans un schéma trop rigide. Il devra également être conscient qu’avec Bayer, il n’a pas seulement à ses côtés l’assistant parfait, mais aussi son successeur idéal: à Zurich, celui-ci a remporté des titres de champion et la Ligue des champions en remplacement de Marc Crawford, parti pour des raisons de santé.
Comme l’argent ne joue aucun rôle à Genève, son contrat de trois ans n’est pas une assurance-vie. Si Sam Hallam doit être licencié, le directeur sportif Marc Gautschi perdra lui aussi son poste.
Recrue la plus importante
Le défenseur Ramon Untersander (CP Berne).
Départ le plus préjudiciable
Le défenseur Tim Berni (ZSC Lions).
Bilan des transferts
Equilibré.
Potentiel
Avec un hockey offensif et spectaculaire, mais une défense à l’agonie, deux scénarios se dessinent: une place dans le top 3 ou une chute jusqu’à la 10e place. Genève-Servette est l’une des équipes les plus imprévisibles de la ligue. Un titan qui, comme Zoug et le CP Berne, oscille entre une possible renaissance sportive et un nouvel effondrement.
Pronostic
8e place.
