Un cycliste suisse bouscule la hiérarchie mondiale
Comme toujours depuis 2021, l'ogre Tadej Pogacar a terminé la saison en tête du classement mondial annuel. Avec ses 9331,75 points, il a largement devancé Remco Evenepoel (7191,61 points) et Isaac del Toro (5606,46 points).
Il ne faut pas descendre très loin dans ce tableau pour voir apparaître le nom du meilleur cycliste suisse de l'année 2026. Mauro Schmid pointe en effet au 13e rang mondial et devance avec son total de 2918,42 points des coureurs de renom tels qu'Enric Mas, récent vainqueur du Tour d'Espagne, et Mads Pedersen.
Sa présence aux portes du Top 10 est amplement méritée. Schmid a brillé cet été sur le Tour en remportant une étape à Belfort, en France voisine, et en terminant deux fois deuxième, à Voiron et Orcières-Merlette.
Auparavant, le Zurichois avait connu un très bon début de saison, se classant au pire quatrième lors de cinq de ses six premières courses (Tour Down Under, Cadel Evans Great Ocean Road Race, Muscat Classic, qu'il a remportée, Tour d'Oman, au cours duquel il a d'ailleurs levé les bras, et Semaine Coppi & Bartali, qu'il a gagnée en s'adjugeant la dernière étape).
Cette excellente dynamique s'est poursuivie au printemps lors de la saison des classiques. Le coureur de Jayco AlUla a alors terminé deuxième de la Flèche wallonne et de la NXT Classic, 6e de l'Amstel et 11e de Liège-Bastogne-Liège.
Avec ce 13e rang, Mauro Schmid reste derrière les meilleures références helvétiques depuis la création du classement UCI il y a une dizaine d'années. Marc Hirschi (6e en 2024, 10e en 2020 et 12e en 2023) et Stefan Küng (7e en 2022) ont fait mieux que lui.
Pour autant, son classement, en progression de 48 places par rapport à l'année dernière, est peut-être le plus marquant de tous, pour la simple et bonne raison que Schmid avance en toute discrétion et n'est pas encore associé au gratin mondial, à des coureurs comme le grand animateur du Tour, Richard Carapaz, ou Mathieu van der Poel, qui le devancent respectivement d'une et trois positions au classement.
Le Zurichois a certes levé les bras sur la Grande Boucle, comme Marc Hirschi l'année où ce dernier avait fait irruption pour la première fois dans le Top 10 mondial. Pour le reste, la comparaison entre les deux hommes s'arrête ici.
Schmid a misé sur la régularité sans remporter de grande course d'un jour. Sa deuxième place au mur de Huy a par ailleurs été largement éclipsée par la victoire du prodige français Paul Seixas. Le Zurichois a aussi pour habitude de s'effacer de lui-même. Il préfère rester en queue de peloton pour éviter de frotter. Une stratégie qui l'a régulièrement conduit à courir à contretemps, comme aux Mondiaux de Montréal, où il a réussi l'exploit de terminer 11e en tardant à apparaître à l'écran.
Hirschi, lui, avait tout dynamité dans les semaines suivant sa victoire d'étape sur les routes du Tour de France. Non seulement il avait attaqué à tout-va, mais il avait également remporté la Flèche wallonne, déplacée à l'automne en raison de la pandémie, terminé deuxième de Liège-Bastogne-Liège, uniquement battu au sprint, et décroché le bronze aux Mondiaux. Il s'était alors fait un nom auprès du grand public, si bien que sa 10e place au classement mondial semblait parfaitement évidente.
A 26 ans, Mauro Schmid dispose encore d'une belle marge de progression. Il pourrait à l'avenir conforter sa place parmi les meilleurs coureurs du monde et véritablement changer de dimension. Mais cela ne se fera plus avec Jayco AlUla: Schmid s'est en effet engagé pour trois saisons à partir de 2027 avec l'équipe suisse Pinarello Q36.5.
Son départ, après une saison aussi réussie sur le plan comptable, sera forcément difficile à encaisser pour la formation australienne. A lui seul, Schmid a rapporté plus du quart des points de Jayco AlUla, qui pointe seulement au 14e rang du classement par équipes. Sans lui, la zone rouge pourrait se rapprocher à grandes enjambées.
