Inquiétude aux JO: «Que se passe-t-il avec ces médailles?»
Après avoir remporté dimanche l'or olympique de la descente à Cortina d'Ampezzo, sur une piste où sa compatriote Lindsey Vonn s'est fracturée la jambe gauche, Breezy Johnson n'a pas pu garder très longtemps sa médaille en un seul morceau. «J'étais tellement contente après l'avoir reçue, je sautais dans tous les sens et elle est tombée de son cordon, elle est plus lourde que je ne le pensais. C'est peut-être pour ça que le cordon a cédé, les Italiens sont pourtant connus pour les talents d'ingénieur», a expliqué l'Américaine en conférence de presse.
Comme elle, d'autres sportifs ont sauté de joie pour célébrer leur médaille olympique, comme le biathlète allemand Justus Strelow, en bronze avec le relais mixte dimanche. Dans une vidéo postée sur Instagram, les relayeurs allemands, couronne dorée sur le crâne, sautillent encouragés par leur encadrement quand soudain la médaille de bronze de Strelow se détache et un bruit métallique résonne dans la salle, provoquant les «oh!» interloqués et déçus des présents. «Qu'est-ce qui se passe avec ces médailles?», s'interroge le biathlète dans la vidéo.
Sacrée avec les Américains dans l'épreuve par équipe de patinage artistique, Alysa Liu a connu le même problème. «Ma médaille n'a pas besoin de ruban», écrit-elle dans une vidéo publiée sur Instagram, dans laquelle elle ajoute être «fière de l'équipe» en pointant du doigt le drapeau américain sur sa veste.
Le sujet est pris au sérieux par les organisateurs, qui ont fait savoir lundi qu'ils étaient «pleinement conscients de la situation».
Le problème est récurrent. Aux JO de Paris en 2024, des problèmes avaient déjà été constatés sur certaines médailles qui noircissaient, s'oxydaient ou se dégradaient. Au total, quelque 220 médailles, qui renfermaient un petit bout de la tour Eiffel, ont été signalées par des athlètes comme endommagées, selon les chiffres de la Monnaie de Paris, qui s'est engagée à les remplacer.
Les 1.146 médailles des Jeux d'hiver 2026 ont été fabriquées par l'Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato, la fabrique de monnaie nationale italienne.
L'été dernier, les organisateurs avaient assuré que les médailles ne connaîtraient pas les mêmes déconvenues que certaines remises à Paris.«Nous ne pouvons pas nous permettre que cela se reproduise», martelait en juillet 2025 Raffaella Paniè, directrice de la marque et de l'identité visuelle au Comité d'organisation Milano Cortina 2026.
«On ne peut jamais être sûr à 100%, mais je dis qu'il n'y aura pas de problèmes avec nos médailles, parce que nous faisons évidemment tout correctement», assurait-elle. Sept mois plus tard, le problème semble bien réel.
(jcz/afp)
