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Rafael Nadal

Roland-Garros: Zverev a découvert à son tour que Nadal était immortel

Sorti du Central en chaise roulante, Alexander Zverev y revient avec des béquilles pour annoncer son abandon.
Sorti du Central en chaise roulante, Alexander Zverev y revient avec des béquilles pour annoncer son abandon.

A son tour, Zverev a découvert que Nadal était immortel

Il a dominé de bout en bout, il a pris des ascendants très nets, il a atteint un niveau extraordinaire et pourtant, il s'est retrouvé mené (7-6 6-6). Et il a fini en chaise roulante.
03.06.2022, 19:5304.06.2022, 13:12
christian despont, paris
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Ce fut un cauchemar du début à la fin. Mais la fin est particulièrement triste. Après avoir poussé un cri de douleur si fort qu'il a plongé le stade dans la stupeur, Alexander Zverev a quitté le Central en chaise roulante, couvert de terre et (un peu) de honte. Sa cheville a tourné, son match a tourné (trois fois, quatre fois, cinq fois); tout a mal tourné.

Alors, quand Zverev est revenu sur le court quelques minutes plus tard avec des béquilles et un pied nu, ce n'était peut-être pas seulement pour dire au revoir à tout le monde et tomber dans les bras de Nadal. C'était aussi pour s'assurer qu'il n'avait pas rêvé. «Mais je pense que c'était un vrai cauchemar», confirmait Patrick Mouratoglou, le coach des stars, dans les escaliers du Central.

Cauchemar parce que Zverev a dominé le match de bout en bout, en tapant plus fort, en servant mieux, en jouant plus vite, très vite, parfois trop vite pour Nadal qui, le jour même de ses 36 ans, faisait parfois son âge (un peu).

Mais à force d'insister, d'expérimenter de nouvelles filières, d'imposer un coup de plus à son adversaire, encore et encore, le matador a installé une exigence permanente, une tension constante. Il est resté dans le match grâce à son instinct de survie et il l'a gagné parce qu'il est Rafael Nadal: une volonté toute-puissante. Une force surhumaine avec un destin d'immortel.

A chaque instant décisif, comme asphyxié par un stress de chaque seconde, Zverev a brusquement perdu ses moyens, à commencer par des smashes dans le couloir, à continuer par des doubles fautes, à finir tristement par un plongeon désespéré dans la poussière et une cheville foulée.

«C'est un accident. Mais ce genre d'accident n'arrive pas par hasard. Il est la fin logique d'un cauchemar»
Patrick Mouratoglou

Le premier set dit tout de ces instants irréels (un vrai cauchemar): Zverev menait 6-2 au tie-break mais il l'a perdu! Il menait encore 5-3 dans la deuxième manche, service à suivre: il s'est retrouvé à 6-6. Puis ce fut sa chute...

Dans des conditions indoor qui étaient censées l'avantager, Zverev aura tout exécuté parfaitement: son plan, ses coups d'attaque, son service en boulets de canon. «Il a harcelé Rafa sur son revers comme peu de joueurs l'ont osé avant lui: tactiquement, il a réussi le match parfait», notait encore Mouratoglou au débriefing de France 2.

Mais Nadal est comme les chevaux: il sent la peur. Celle de Zverev semblait lui caresser les narines comme un doux parfum de victoire. Elle lui a apporté l'envie de persévérer, l'énergie de persister. Pris de vitesse, Nadal s'en est sorti avec des services-volées (!) et des passings kamikazes, en sachant l'emprise insidieuse que, psychologiquement, il exerçait sur son fougueux cadet. Il connaissait aussi le mental fragile de Zverev et savait que ce n'était pas forcément du passé.

Après trois heures d'une folle étripée, «à un niveau encore jamais vu dans cette édition de Roland-Garros», selon l'avis largement partagé de Richard Gasquet, Nadal a quitté le court sans trouver les mots, le visage livide de ceux qui reviennent de loin, sinon du néant. Avec une gueule d'éternel ressuscité.

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