Une Coupe du monde de foot insolite va se jouer en Romandie
Vous n'avez pas réussi à trouver des billets pour la Coupe du monde en Amérique du Nord? Le voyage est trop long? Ou alors les tickets trop chers? Pas de souci: vous allez pouvoir vous rattraper.
«Chez nous, l'entrée est gratuite! Il faut juste s'inscrire avant sur notre site web, histoire qu'on puisse planifier la sécurité», précise Franck Tiambo, d'une voix enjouée au bout du fil. Ce Suisso-Camerounais de 42 ans organise la Mambo Cup le samedi 20 juin prochain, au centre sportif de la Tuilière à Lausanne. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, il ne s'agit pas d'une compétition de danse cubaine, mais bien d'un tournoi de foot.
«Mambo, c'est le nom du chocolat qu'on se partageait après les matchs avec mon équipe au Cameroun», explique l'entrepreneur – CEO de la société KimboCare – établi à Renens (VD), qui est arrivé en Suisse en 2005 pour faire ses études à l'EPFL.
Car oui, la Mambo Cup se veut avant tout un événement fraternel, tissant du lien social entre différentes communautés et cultures autour du ballon rond. Des footballeurs amateurs romands vont y représenter leur pays d'origine et affronter les autres sélections. Dans le tournoi masculin, il y a 20 équipes, issues de presque tous les continents. On peut citer par exemple le Portugal, le Kosovo/Albanie, la Suisse, le Cameroun, le Maroc, le Brésil, le Pérou ou encore l'Inde.
Des sélectionneurs et un niveau élevé
Des sélectionneurs nommés par l'organisation ou qui se sont inscrits eux-mêmes au tournoi ont recruté dans leur giron. «Chaque équipe doit avoir au moins huit joueurs qui possèdent la nationalité du pays», détaille Franck Tiambo.
Mais être enrôlé par un coach n'est pas le seul moyen de jouer: les inscriptions sur le site (pour y accéder, cliquez ici) sont toujours ouvertes. Franck Tiambo précise toutefois:
La plupart des équipes sont déjà complètes. «Et certaines ont même déjà fait des entraînements», rigole Franck Tiambo, qui souligne ainsi l'importance que les participants accordent aux résultats. Mais il reste de la place dans les contingents de l'Inde et des Philippines, notamment. «Pour ces sélections, on va peut-être assouplir le critère des huit joueurs devant détenir le passeport», anticipe le responsable stratégique et co-fondateur de la Mambo Cup, dont le comité d'organisation compte onze membres.
Contrairement aux stars du foot qui disputeront en même temps la Coupe du monde, les participants au tournoi lausannois doivent, eux, payer pour jouer. Mais la somme est modique: 25 francs par joueur. Un repas, des snacks, boissons et médailles leur sont aussi offerts. Si ces frais d'inscription sont abordables, c'est notamment grâce aux partenaires de l'événement, dont le Lausanne-Sport et la Ville de Lausanne.
Ces deux entités ne donnent pas directement de l'argent à la Mambo Cup, mais lui fournissent une aide logistique (prêt des six terrains, entre autres) et stratégique. «Nous sommes une association à but non lucratif, composée uniquement de bénévoles. Notre salaire, ce sont les beaux souvenirs pour les participants et leurs sourires», s'enthousiasme Franck Tiambo.
La Mambo Cup 2026 bénéficie aussi d'un illustre parrain: Dominique Blanc, ancien président de l'Associaton suisse de football (ASF).
Nouveautés et ambiance festive
Le format de la compétition? Des matchs classiques à onze contre onze, sur grand terrain, mais de seulement 20 minutes. Et sous la direction d'arbitres officiels. Les deux premiers de chaque poule se qualifient pour la phase à élimination directe.
Ce sera la huitième édition de la Mambo Cup, née en 2019. Une manifestation qui avait donc pu se dérouler durant les années Covid. «C'est une fierté», sourit Franck Tiambo, «car on avait réussi à rassembler les gens et à les faire se rencontrer durant cette période difficile».
Cette vocation sociale est toujours l'essence de cet événement, mais elle prend une nouvelle dimension cette année. «C'est la première fois que le tournoi est uniquement constitué d'équipes nationales. Avant, c'était majoritairement des clubs qui s'affrontaient», souligne le co-fondateur.
Autres nouveautés cette année: un tournoi féminin – Brésil, Cameroun, Portugal et Suisse sont les quatre participants – et des compétitions juniors. Toujours dans l'optique d'inclure le plus de personnes possible et de leur transmettre les belles valeurs du football.
«Avec les jeunes, notamment, il y a un objectif de sensibilisation et de prévention sur la santé. On accorde aussi beaucoup d'importance au fair-play, on offre d'ailleurs une prime à l'équipe la plus fair-play. En sept éditions, il n'y a eu qu'un seul carton rouge», se réjouit Franck Tiambo.
Même si la compétition est prise au sérieux, c'est donc une ambiance très festive qui règnera au centre sportif de la Tuilière, le 20 juin. «On attend 3 000 personnes, joueurs compris», se projette le responsable stratégique de la Mambo Cup. En entrepreneur, il voit encore plus loin:
Sur place, il y aura aussi des animations musicales et la projection des matchs du Mondial. Sans oublier des stands de nourriture du monde. C'est certain: à la Mambo Cup, il y aura bien plus que du chocolat à partager.
