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Analyse

S'agira-t-il d'un code QR? 3 questions ouvertes sur le certificat Covid

Les premiers certificats Covid seront distribués en Suisse à partir du 7 juin 2021. Trois questions doivent encore être clarifiées avant le lancement.
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20.05.2021, 07:3020.05.2021, 15:33
Petar Marjanović
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Le plan est ambitieux. Il y a deux semaines, le gouvernement suisse a décidé que l'Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (Ofit) s'occupera de mettre en place le futur certificat Covid. Un code couleur sera créé pour désigner les endroits où il sera exigé et où il sera strictement interdit. Mais si on sait qui va l'émettre et quand il sera disponible, trois questions restent encore ouvertes.

À quoi ressemblera exactement le certificat?

La promesse de la Confédération est claire: le certificat Covid devra être uniforme, décentralisé et, surtout, compatible à l’international. Uniforme, car les cantons auraient pu créer 26 certificats différents. Décentralisé, car la Suisse a refusé jusqu'à présent un registre de vaccination à l'échelle nationale. Reconnu au niveau international parce que voyager devrait être de nouveau possible.

Mais une question bien plus simple, concernant son aspect concret, reste ouverte même après la conférence de presse de mercredi. De nombreux éléments indiquent qu'il s'agira concrètement d'un code QR.

L'UE travaille actuellement sur son propre certificat vaccinal, qui aura la forme d'un code QR. Il doit être lisible sur l'ensemble du territoire européen, tout en garantissant la protection des données. Les citoyens pourront l'emporter sur papier ou dans une application pour smartphone, et une autre application de vérification confirmera sa validité.

L'Office fédéral de la santé publique évoque également un code QR. Toutefois, les décisions finales n'ont pas encore été prises. On ne sait pas non plus quelle application sera utilisée pour vérifier le certificat suisse. Ce sont des questions que les restaurateurs et les coiffeurs devraient bientôt se poser. Selon le conseiller fédéral Alain Berset, ils pourront décider s'ils veulent servir uniquement les personnes munies d'un certificat.

Qu'en est-il de la protection des données?

Le Conseil fédéral a promis de respecter la protection des données. L'efficacité de cette démarche dépendra de sa mise en œuvre concrète et technique: les codes QR ont une structure simple et peuvent théoriquement être lus «manuellement». Cela présente des dangers. Que se passe-t-il en cas d'utilisation abusive?

Les questions relatives à la protection des données ne dissuaderont pas seulement les vaccino-sceptiques. Ceux qui militent pour le respect de la vie privée tirent déjà la sonnette d'alarme. Ils craignent notamment qu'un profil de mouvement ne soit créé si la présentation d'un code QR devient obligatoire pour entrer dans certains lieux. Il est déjà question d'une «carte d'identité obligatoire», où les données relatives à la santé peuvent également être consultées.

Ces préoccupations pourraient être apaisées par une transparence claire et une mise en œuvre minutieuse. La volonté politique serait présente. Lors de l'introduction de l'application SwissCovid, le Parlement a décidé qu'il ne devait pas y avoir de contrainte. Exiger la même chose pour le certificat Covid serait contraire au sens et à l'objectif d'une telle preuve. Néanmoins, le Conseil fédéral s'est abstenu, mercredi, de donner une orientation claire en matière de protection des données.

Quels outils, et pour qui?

Les applications, sites web et technologies peuvent être développés rapidement si le budget, le savoir-faire et la volonté sont là. Ce qui ne doit pas manquer non plus, c'est la volonté et les connaissances nécessaires pour les utiliser.

Le début de la pandémie a montré à quel point la volonté est grande chez certains médecins de signaler les infections par voie numérique. L'Ofit a annoncé son intention de coopérer avec l'association professionnelle des médecins, pharmasuisse et les pharmacies. Cependant, à l'heure actuelle, seuls les cadres peuvent avoir leur mot à dire. En un peu plus de trois semaines, plus de 30 000 médecins en exercice, environ 1800 équipes de pharmaciens, des centaines de centres de vaccination et de dépistage et d'innombrables employés devront gérer le certificat.

Les outils d'émission ou de vérification des certificats devront alors fonctionner de manière irréprochable. Des détails, des instructions compréhensibles et des formations pour le personnel devraient suivre assez rapidement. Finalement, le succès du certificat sera décidé notamment par le public.

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