Des millions de pièces de monnaie suisses ne vaudront bientôt plus rien
Il n'est depuis longtemps plus possible de payer, en Suisse, avec des pièces d'un centime — qui dorment donc dans de vieux porte-monnaies, tiroirs ou autre tirelires oubliés.
Ces petites pièces cuivrées ne sont cependant pas dépourvues de valeur. Du moins, pas pour l’instant.
L'échange des pièces d'un centime à leur valeur nominale n'est en effet possible que jusqu'à la fin de l’année 2026. Une raison à cela: la BNS est tenue de les échanger à cette valeur durant 20 ans. La pièce d'un centime ayant été retirée au début de l’année 2007, ce délai arrive à donc échéance le 31 décembre 2026.
La pièce d'un centime deviendra un souvenir
Après l’expiration du délai, les pièces d'un centime pourront bien entendu être conservées comme souvenirs ou vendues à des collectionneurs, précise Delphine Meyer, de la Monnaie fédérale Swissmint. Les exemplaires du dernier millésime, celui de 2006, pourraient être particulièrement recherchés. Cette année-là, seuls 30 000 exemplaires ont été frappés, au lieu des 1,5 million initialement prévus.
A partir de 2027, les pièces d'un centime pourront être éliminées auprès d’un point de collecte des métaux usagés ou d’une entreprise de recyclage, ajoute Delphine Meyer. La Banque nationale et Swissmint ne les reprendront en revanche plus après cette date.
Un dernier passage à la BNS avant la fin de l’année peut donc en valoir la peine pour les personnes qui en posséderaient un certain nombre. Selon les données de Swissmint, 239 244 712 de ces petites pièces cuivrées étaient encore en circulation à la fin du mois de juin 2026. Leur valeur totale atteignait tout de même près de 2,4 millions de francs.
La pièce de cinq centimes a survécu
La disparition de la pièce d'un centime a été amorcée à l’automne 2005. Dans le cadre d’un programme visant à renoncer à certaines tâches administratives, le Département fédéral des finances (DFF), alors dirigé par le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, a souhaité mettre hors-cours les pièces d'un et cinq centimes.
La pièce d'un centime était déjà devenue très rare dans les paiements quotidiens et servait presque uniquement de porte-bonheur ou d’objet publicitaire. Son coût de production s’élevait en outre à douze centimes l’unité, soit douze fois plus que sa valeur nominale.
En avril 2006, le Conseil fédéral a décidé que les pièces d'un centime perdraient leur cours légal à partir du 1er janvier 2007. La pièce de cinq centimes a en revanche été conservée, malgré un coût de frappe d’environ six centimes par exemplaire.
La pièce de deux centimes avait déjà été supprimée en 1978. A l’époque, le délai d’échange était nettement plus court. La Caisse fédérale n’a repris ces pièces à leur pleine valeur nominale que jusqu’au 30 juin 1979.
(Traduction et adaptation en français: Bastien Trottet)
