L'armée suisse demande des milliards de plus et voici pourquoi
En 2026, l'armée suisse mettra la priorité sur l'extension de la défense sol-air, la protection contre les mini-drones et le cyberespace. Le Conseil fédéral demande à cet effet un crédit d'engagement total de 3,4 milliards de francs dont un crédit additionnel de 394 millions pour les avions de combat.
La situation sécuritaire mondiale se dégrade. Un deuxième front s'est ouvert au Moyen-Orient, a rappelé le ministre de la défense Martin Pfister devant les médias.
Le ministre de la défense Martin Pfister avait déjà annoncé la couleur début mars. «La Suisse n'est pas prête à se défendre. Il manque environ 31 milliards de francs.» Le Conseil fédéral a donc déjà demandé d'augmenter la TVA de 0,8 point. Cette décision est une «intervention importante dans le quotidien de la population. Mais ce pas est nécessaire», a avancé le Zougois.
Priorité à la défense aérienne
La priorité est donnée à la défense contre les menaces aériennes. Des crédits d'engagement de 2,44 millions sont prévus pour le programme d'armement, a précisé Martin Pfister.
Le Conseil fédéral prévoit une enveloppe d'un milliard de francs pour acheter des unités de feu supplémentaires de type IRIS-T SLM (distance moyenne). Cela permettra de couvrir une place grande surface du territoire et de mieux protéger les infrastructures critiques.
Les systèmes de défense contre avions de courte portée seront remplacés pour 800 millions de francs. Le choix s'est porté sur un système de Rheinmetall. Cette entreprise produit en Suisse et nous connaissons déjà le système, a justifié le chef de l'armement Urs Loher.
Mini-drones
Un budget de 70 millions est dédié à la protection des formations militaires, de la population et des infrastructures critiques contre les attaques de mini-drones. «La menace des drones est déjà actuelle. Il est vraiment urgent d'agir», a précisé le chef de l'armée Benedikt Roos.
Il est également prévu de remplacer l’ancien radar tactique d’aviation TAFLIR par un système de radar semi-stationnaire de moyenne portée pour 150 millions. Cet achat contribuera à améliorer l’image de la situation dans les espaces aériens inférieur et intermédiaire.
Le programme d'armement contient encore un budget de 30 millions pour développer les capacités de l'armée dans l'espace orbital. Quelque 100 millions sont prévus pour étendre les possibilités d’utilisation partagée de réseaux de données civils. Les capacités en matière de guerre électronique seront élargies (240 millions). Enfin, les militaires seront équipés d'un nouveau pistolet pour assurer leur protection personnelle (50 millions).
Supplément pour les avions de combat
Comme annoncé début mars, le ministre de la défense Martin Pfister sollicite également un financement supplémentaire de 394 millions pour l'achat des F-35. Ce crédit devrait permettre d'acheter «selon toute probabilité» 30 jets de combat. Le volume de financement autorisé par la population est respecté, a précisé Martin Pfister.
Des mesures de construction liées à l'achat des F-35 sont nécessaires. Un crédit de 89 millions a été demandé.
Immobilier
Le programme immobilier sera doté de 562 millions de francs. Trois projets comprennent des mesures d’assainissement. Une caverne, construite dans les années 1950, doit être remise en état pour répondre aux standards de construction et de sécurité actuels (48 millions). Aux alentours des bases aériennes d’Emmen, de Meiringen et de Payerne, des mesures d’isolation acoustique supplémentaires doivent être prises (30 millions). L’infrastructure de la place de tir de Vugelles-La Mothe (VD), qui date des années 1940, doit être modernisée (36 millions).
Ce programme prévoit également 320 millions de francs pour des mesures de maintien de la valeur de biens immobiliers existants. (jah/ats)
