Edelweiss dévoile ses nouveaux sièges «totalement inédits en Europe»
Monsieur Bauer, vous lancerez cet automne un nouveau concept de cabine, plus moderne, à bord de vos Airbus A350. Contrairement à Swiss, sans pour autant proposer de première classe. Pourquoi?
Bernd Bauer: Une première classe ne serait pas adaptée à Edelweiss. En revanche, notre nouvelle classe affaires proposera une suite innovante offrant un niveau de confort proche du très haut de gamme.
Elle garantira une grande intimité, avec un surmatelas confortable pour dormir, un coussin en mousse à mémoire de forme et un grand écran.
De combien ces sièges en suite seront-ils plus chers qu'un siège de classe affaires classique?
Une surtaxe comprise entre 600 et 1000 francs sera appliquée.
Votre nouveau concept de cabine long-courrier s'inspire de celui de Lufthansa, également utilisé sous une forme légèrement modifiée par Swiss. Quelle part revient à Edelweiss?
Notre nouvelle cabine est Edelweiss à 100%. Certes, en classe économique et en Premium Economy, nous avons opté pour des sièges déjà utilisés par Swiss et Lufthansa…
…ce qui ne fait donc pas 100%.
Mais nous avons adapté ces sièges à nos besoins. Nous avons aussi examiné d'autres modèles, mais les retours d'expérience chez Swiss et Lufthansa étaient tout simplement excellents.
Mais chez Edelweiss, les boissons alcoolisées restent payantes, contrairement à Swiss?
Elles sont incluses en Premium Economy et en classe affaires. En classe économique, en revanche, elles resteront payantes à l'avenir également: c'est un modèle qui a fait ses preuves.
Combien coûte la transformation des six Airbus A350?Pour chaque appareil, il s'agit d'un montant à deux chiffres en millions.
Elle inclut également l'installation du nouveau système Internet haut débit Starlink, qui permettra bientôt de regarder des films sur sa tablette, comme à la maison.
Quelles nouvelles destinations souhaiteriez-vous ajouter à votre réseau?
Avec les Airbus A340, nous pouvions déjà atteindre de nombreuses destinations. Mais l'A350 consomme 25% de carburant en moins, ce qui rend beaucoup de trajets nettement plus intéressants sur le plan économique. Par le passé, nous desservions Buenos Aires, Rio de Janeiro, San Diego ou le Vietnam. Avec la hausse du prix du kérosène, ces liaisons n'étaient toutefois plus rentables.
Et à l'avenir avec l'A350?
Ces destinations deviennent désormais encore plus intéressantes. Il y a certainement des opportunités que nous allons étudier. L'Amérique du Sud, l'Asie du Sud-Est et l'Afrique australe offrent de nombreuses destinations attractives pour les voyages de loisirs.
Un vol direct vers Hawaï?
Nous en discutons régulièrement. Théoriquement, nous pourrions desservir Hawaï, mais pour le moment, ce n'est pas prévu.
Actuellement, l'aviation est en plein essor, et vous et votre compagnie sœur Swiss êtes donc à la recherche de pilotes. Cela crée-t-il des tensions entre vous?
Non. Probablement parce que nous ciblons des profils différents. Nous avons un concept unique où nos pilotes assurent à la fois des vols court et long-courriers, contrairement à Swiss où ils doivent choisir l'un ou l'autre.
Quand les deux corps de pilotes seront-ils fusionnés pour réaliser des économies grâce aux synergies?
Encore une fois: Edelweiss est une compagnie de loisirs et familiale. Je trouve donc important d'avoir des collaborateurs qui s'identifient pleinement à nos valeurs et à nos objectifs.
En 2024, Edelweiss a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 900 millions de francs. Avez-vous atteint le milliard visé en 2025?
Nous sommes au-dessus du niveau de l'an dernier, mais je ne peux pas communiquer de chiffres précis, ni concernant le bénéfice.
Les incertitudes mondiales pourraient rapidement fragiliser la situation dans l’aviation. Cela vous inquiète-t-il?
En 2025, nous avons souvent dû adapter la planification des routes, certains survols n'étant plus possibles ou certaines destinations inaccessibles. Le ressenti des passagers compte également: où souhaitent-ils encore voyager et où se sentent-ils en sécurité? Nous devons constamment nous adapter à ces évolutions.
Cette année encore?
Oui, certaines destinations, comme la Jordanie, ne sont plus desservies. Dans cette région, il est difficile de planifier sur le long terme.
Le tourisme aux Etats-Unis souffre de «l'effet Trump». Même les Suisses évitent cette ancienne destination phare. Ressentez-vous fortement cet impact?
Nous desservons quatre destinations aux Etats-Unis. Cette année, nous prévoyons même d'augmenter à trois vols par semaine vers Seattle au lieu de deux. Denver reste relativement stable avec deux à trois vols hebdomadaires, et Tampa, en Floride, se porte très bien.
La situation reste toutefois difficile à prévoir. L'an dernier, nous pensions d'abord ne pas être affectés, mais une baisse a finalement été constatée, notamment pour les voyageurs suisses.
Et actuellement?
La période de réservation pour la saison estivale, cruciale pour nous, vient tout juste de commencer. Il est donc trop tôt pour tirer un bilan. Selon l'évolution des réservations, nous devrons peut-être ajuster à nouveau le programme des vols.
A cause de Trump?
On peut l'appeler comme on veut, mais la demande évolue également sur d'autres marchés.
Quelles destinations fonctionnent particulièrement bien pour l'été?
Les destinations africaines, comme Zanzibar, Windhoek ou le Kilimandjaro rencontrent un grand succès, avec déjà de nombreuses réservations. Le Canada semble également très prisé cette année. Les destinations caraïbes, telles que Punta Cana, Cancun ou le Costa Rica, restent toujours très populaires. Cet hiver, Cape Town en Afrique du Sud et Colombo au Sri Lanka ont également très bien marché.
Vous allez avoir 61 ans cette année. Jusqu'il y a deux ans, les cadres du groupe Lufthansa devaient prendre leur retraite à 60 ans. Jusqu'à quand comptez-vous continuer?
J'ai remis fin novembre ma charge à mi-temps chez la filiale Lufthansa Discover et je suis désormais à plein temps et en pleine forme chez Edelweiss.
Jusqu'à quand?
Nous verrons bien.
Plus tard, reprendrez-vous le métier de moniteur de ski et de snowboard, comme dans votre jeunesse?
Je suis justement allé skier ce week-end. Je pratique toujours avec passion, mais pas en tant que moniteur. Je laisse cela aux autres.
Traduit et adapté par Noëline Flippe
