Swiss a pris une décision «incompréhensible du point de vue de la sécurité»
Et soudain, les masques à oxygène sont tombés du plafond. Le vol Swiss du 13 septembre 2024, reliant Zurich à Newark, aux Etats-Unis, restera certainement un mauvais souvenir pour les 205 passagers à bord.
Lors de la montée après le décollage, l'équipage a reçu un avertissement indiquant que le système de pressurisation de la cabine ne parvenait pas à maintenir une différence de pression suffisante.
Une situation qui aurait dû être évitée
L'équipage du cockpit a lancé un appel «mayday» et a décidé d'effectuer une descente d'urgence («emergency descent»), d'où le déploiement des masques à oxygène. L'A330 a fait demi-tour et a atterri à Zurich sans autre incident, selon le rapport final du Service suisse d'enquête de sécurité (SESE). Ce dernier écrit:
Selon l'autorité, la cause est à attribuer à une vanne défectueuse, un «skin check valve».
Mais, selon le SESE, la situation n'aurait pas dû en arriver là. En effet, Airbus avait déjà publié en 2016 un «Service Bulletin» recommandant «le remplacement dès que possible du skin check valve par une version modifiée», précise l'autorité.
Aucun remplacement n'a été effectué
La raison de cette recommandation provenait d'un grand nombre de signalements de défaillances du «skin check valve» sur des A330, causées par des volets et des ressorts cassés. Toutefois, ce remplacement n'avait pas été effectué sur l'appareil de Swiss. En revanche, six autres avions du même type avaient déjà subi l'opération.
Les conclusions du SESE ne risquent pas de rassurer les personnes souffrant d'aérophobie. Les constats concernant certains composants techniques de l'avion incluent notamment: «fortement endommagé», «lâche», «introuvable» ou «cassé».
Un manquement qui consterne
Le SESE critique le fait que le remplacement n'ait pas été effectué:
De plus, le «skin check valve» doit de toute façon être retiré et réinstallé tous les 24 mois pour inspection, précise le SESE. Il aurait donc pu être remplacé lors de l'une de ces opérations «sans effort supplémentaire significatif».
Face au SESE, Swiss a indiqué, à l'automne, que des mesures immédiates avaient été mises en place. Celles-ci incluent l'avancement des inspections de routine des valves concernées sur les appareils les plus anciens. De plus, le manuel de maintenance a été complété par une étape de contrôle explicite. Enfin, afin de sensibiliser tous les partenaires externes de maintenance, l'incident est communiqué dans une newsletter.
Traduit et adapté par Noëline Flippe
