Manif pro-Gaza qui dégénère à Berne: la police recherche une Romande
Les investigations pour retrouver les auteurs soupçonnés d’infractions en lien avec la manifestation pro-palestinienne non autorisée du 11 octobre durent désormais depuis près de six mois. A l’époque, une minorité parmi les plusieurs milliers de participants réunis à Berne avait causé des dégâts matériels se chiffrant en millions. Par cette procédure judiciaire, les auteurs ne doivent pas seulement être sanctionnés: les autorités entendent également leur faire supporter les coûts.
Ce qui a frappé lors de cette manifestation d’une extrême violence, c’est la forte proportion de femmes. La plupart d’entre elles dissimulaient leur visage derrière des masques et des lunettes de soleil. La police a donc encerclé une partie des manifestants et contrôlé plus de 500 personnes. Aucune figure dirigeante de la scène d’extrême gauche ne se trouvait toutefois dans le périmètre.
Que reproche-t-on à Sandrine B.?
Lundi, le ministère public bernois a publié sur Internet des photos de 31 personnes. Ces individus recherchés ont été photographiés lors de la manifestation ou captés par des caméras de surveillance aux alentours. Les personnes montrées sont «fortement soupçonnées d’avoir commis des infractions», écrit la police.
Parmi ces personnes exposées en ligne figure notamment Sandrine B., originaire du canton de Fribourg (nom modifié). Les faits précis qui sont reprochés à la militante féministe restent toutefois flous. La présomption d’innocence s’applique.
Agée d’une trentaine d’années, elle a travaillé il y a plusieurs années comme stagiaire à l’ambassade de Suisse en Tunisie, avant d’être brièvement employée au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Dans une vidéo publiée sur Instagram, elle lève la voix contre les injustices et les inégalités, le sexisme, le racisme et toute forme d’oppression.
Elle pointe la police du doigt
Sandrine B. est cofondatrice ou membre de plusieurs organisations féministes qui s’engagent aussi en faveur de la «résistance palestinienne» et contre la «colonisation sioniste».
Contactée, elle répond au téléphone avec une grande amabilité — à l’inverse d'autres militantes d’extrême gauche qui ont refusé tout contact avec les journalistes. Elle affirme ne pas encore avoir examiné les images publiées par la police bernoise et ne pas savoir, par conséquent, si c'est bien elle qui figure sur la photo en question.
La trentenaire reconnaît toutefois sans détour avoir participé à la manifestation du 11 octobre. Elle assure cependant n’avoir commis aucune infraction et rejette la responsabilité de l’escalade sur la police.
