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Procès: ce Romand aurait torturé 15 personnes dont des mineures

Un jeune vaudois a torturé quinze personnes
Il a utilisé toutes sortes d'outils pour torturer ses victimes. Watson

«Attaché à une table»: ce Romand aurait torturé 15 personnes

Son procès s’ouvre lundi devant le Tribunal de Lausanne et durera sept jours. Il est accusé de s'être livré à des actes de violences, d’emprise et de torture sur des hommes et des femmes, parfois mineures.
07.09.2026, 05:4409.09.2026, 19:35

Au centre de ce grand procès qui s’ouvre lundi, il y a Norbert*, trentenaire et rentier AI. Il n’est pas le seul prévenu, mais il est clairement le leader de la bande, celui qui entraîne parfois ses amis dans des vengeances violentes. Sur une période de neuf ans, le Vaudois a fait quinze victimes qu’il a détenues, frappées et souvent violemment et savamment torturées.

Aujourd’hui, elles sont tellement terrorisées qu’une grande partie d’entre elles a renoncé à porter plainte. Certaines ont des séquelles psychiatriques et physiques graves. Il aura fallu le courage d’un jeune homme qui a contacté la police en août 2018 pour qu’enfin la justice mette fin à ses agissements.

Tout a commencé en 2009. Norbert* a alors 16 ans et exerce des violences physiques et psychologiques à l’encontre de sa copine du moment, relate l’acte d’accusation.

«Il ne la laissait plus sortir, contrôlait son téléphone portable (...) La victime n’a pas vu ses parents durant une année et était en échec scolaire. (...) Elle était dans un état de soumission extrême, vivait dans une angoisse constante».
Acte d'accusation du Ministère public

Il la frappait quand il était contrarié. «A une reprise, il a apposé, durant de longues minutes, un couteau sous sa gorge». En rigolant, il aurait lâché: «t’imagine ce qui pourrait arriver». Sept ans plus tard, la victime a renoncé à déposer plainte «par peur des représailles».

«Hospitalisée en psychiatrie»

Après trois ans de relation violente, il semble avoir jeté son dévolu sur une nouvelle victime avec qui il vit et qu’il frappe et étrangle à plusieurs reprises. D’après l’acte d’accusation, cette seconde jeune femme est elle aussi sous son emprise, empêchée de sortir librement et contrainte de lui obéir. Au bout de deux ans, «au terme de sa relation, elle a été hospitalisée en psychiatrie». Elle aussi, a renoncé à déposer plainte.

Le tortionnaire emménage alors chez une troisième jeune femme encore mineure. Il la force à faire des séances de combats à mains nues ou aux moyens de ses armes d'entraînement. Mais il cogne dur et la jeune fille lui demande d’arrêter. Ce qu’il ne fera pas. Il la manipule pour qu’elle accepte les combats et, parfois, lui fait avaler du tramadol, un antidouleur à base de morphine, pour qu’elle sente moins les coups.

Un jour, il se fâche pour une remarque, la jette par terre dans la rue et la contraint à rester au sol. Il l’utilise aussi à plusieurs reprises comme cible et lui tire dessus des flèches en métal avec une sarbacane, ce qu’il fera ensuite avec plusieurs autres victimes. Les flèches se plantent dans sa peau qu'elle essaie de protéger d'une couverture. Au fil du temps, les coups deviennent quotidiens. L’emprise exercée parvient à «complètement désocialiser la jeune femme». Elle ne parviendra à s’en libérer que lorsque son bourreau entamera une nouvelle relation. Elle a déposé plainte en 2024, près de dix ans après les faits qu'elle a subis.

Séance de torture

Mais la violence ne se cantonne pas à ses compagnes. Un jour de 2014, Norbert* demande à l’une de ses connaissances d’aller acheter de la marijuana. Comme l’homme ne revient pas, Norbert* l’attend toute la nuit derrière la porte. Quand il arrive enfin le lendemain après-midi, Norbert* lui saute dessus, recouvre sa tête d’un sac noir et l’assied sur une chaise pieds et mains attachés.

Une fois sa victime immobilisée, il la torture. D’abord en lui tirant dans les parties génitales au moyen de son fusil à pompe airsoft. Puis en lui plantant des aiguilles dans les épaules et en lui tirant dessus avec son fusil et sa sarbacane. Déguisé en médecin, il relie ensuite deux câbles électriques aux aiguilles, infligeant des décharges à sa victime qui «bave, crie et tremble». Cette dernière «supplie son bourreau - qui semble apaisé et a le sourire - d’arrêter cette séance de torture».

«Il cautérise ensuite la plaie causée à l’épaule au moyen d’une pièce en métal chauffée au chalumeau»
Acte d'accusation du ministère public

Deux ans plus tard, le même jeune homme subira tellement de coups qu’il en aura le poumon perforé. Il se fera ensuite kidnapper devant témoins et suspendre dans l’appartement de Norbert* avant d’être relâché. Lors d’un quatrième épisode de violence, il sera suspendu, frappé puis «attaché à une table durant un ou deux jours.» L’homme n’a pas porté plainte «par peur des représailles».

Durant les neuf ans qu’ont duré les tortures, les rares personnes qui essayaient de s’interposer pour mettre fin aux violences devenaient victimes à leur tour. Lionel* a ainsi tenté de dire qu’il ne trouvait pas normal que Norbert* batte ses compagnes. Norbert* l’a frappé avec un sabre en plastique, le faisant tomber. Il s’est ensuite emparé d’une hache d’entraînement, d’une épée et d’un gourdin en bois pour le frapper.

Lionel* a finalement cessé de bouger. Sa tête était en sang et son coude était cassé. Les autres personnes présentes l’ont descendu dans la rue et à l’arrivée de l’ambulance, Lionel* a prétendu avoir été victime de racket. Plusieurs autres victimes ont eu le même réflexe de mentir à la police ou aux services de secours sur ce qui leur était vraiment arrivé. Lionel* n’a pas déposé plainte.

L'une des victimes s'ôte la vie

Une autre de ses victimes a subi pendant plusieurs années des tirs de flèches en métal ou de pistolet à billes. «Il a renoncé à déposer plainte et s’est ôté la vie en 2020», énonce sobrement l’acte d’accusation.

A chaque épisode de violence, les méthodes de torture changent: pinces coupantes, scies métalliques, fer à souder, bougies, baîllon, sauce piquante, spray au poivre, corde, chaîne, étranglement jusqu’à évanouissement, quasi noyade…

C’est lorsque sa dernière victime, agressée en août 2018, dépose plainte que la justice se met enfin en route. Le jour même Norbert* est arrêté et son domicile perquisitionné. Il est resté derrière les barreaux depuis ce jour d’été.

Les charges qui pèsent contre lui sont très lourdes: lésions corporelles simples, lésions corporelles graves, mise en danger de la vie d’autrui, séquestration, enlèvement, etc. Son procès et celui de ses trois complices s’ouvre lundi devant le tribunal de Lausanne qui, devant l’ampleur du dossier, se délocalise dans une plus grande salle à Renens. Il devrait durer sept jours. Norbert* est présumé innocent jusqu’à son jugement.

*Noms connus de la rédaction

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