Des pharmaciens refusent la pilule d’urgence à de jeunes romandes
A Bienne, plusieurs pharmacies refusent encore de délivrer la pilule d’urgence, malgré le cadre légal qui garantit son accès à toute personne capable de discernement. Une situation dénoncée par des jeunes femmes et par le Centre de santé sexuelle (CSS) de la ville, rapporte le Journal du Jura.
L’une d’elles, prénommée Emilie, dans l'enquête de nos confrères, raconte avoir attendu longuement avant d’être conduite à l’arrière du magasin pour un entretien «peu rassurant». Le pharmacien lui aurait remis le médicament sans explication, puis l’aurait refusé un an plus tard en invoquant un possible problème gynécologique. Elle n’a pu l’obtenir ailleurs qu’après douze heures. Alors que la prise doit être rapide pour être efficace.
Le CSS de Bienne, ex-Planning familial, confirme recevoir régulièrement des jeunes femmes renvoyées par des pharmacies. Claudia Maurer, spécialiste au Centre de santé sexuelle de Bienne, citée par le Journal du Jura:
Aujourd’hui, quatre pharmacies sont pointées du doigt à Bienne, selon le Journal du Jura. L’une d’elles, mentionnée par Emilie, revient souvent dans les témoignages; en centre-ville, elle fait partie des rares à rester ouverte le soir et le week-end. Les autorités cantonales disent avoir rappelé à l’ordre un établissement en février – sans autre précision –, estimant le problème «réglé».
Nos confrères constatent des hics
Pourtant, les tests réalisés par la rédaction du Journal du Jura montrent des problèmes. Lors d’un passage dans une pharmacie de garde, un premier refus de la pilule au motif qu’«aucun responsable n’était disponible». Dans une autre, l’entretien s’est tenu devant les clients, alors qu’il doit être confidentiel, qui plus est, on explique à nos confrères que la pilule ne peut pas être prise par des jeunes femmes de moins de 16 ans.
Pourtant, le groupe interdisciplinaire IENK, qui définit les pratiques en matière de contraception d’urgence, rappelle à nos collègues qu’il n’existe quasiment aucune raison valable de refuser la pilule. Sa membre, Esther Spinatsch, pharmacienne et enseignante à l’Université de Bâle, précise:
Selon le Centre de santé sexuelle, la problématique toucherait tout le canton.
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(jah)
