Suisse
Catastrophe naturelle

L'UNIGE va étudier les risques naturels de montagne en Valais

Markus Stoffel, Professeur a l'Universite de Geneve et directeur de la chaire AXA pour les risques de catastrophes en montagne, pose devant le torrent "Ritigraben" lors d'une visit ...
Markus Stoffel est directeur de la nouvelle chaire pour les risques de catastrophes en montagne.Keystone

Cette Université romande va étudier les risques naturels en Valais

L'UNIGE a ouvert une chaire pour étudier les risques naturels. Elle a présenté son projet dans la Vallée de Zermatt.
03.09.2026, 16:5703.09.2026, 16:59

La Vallée de Zermatt (VS) est un terrain idéal pour étudier les risques naturels en montagne. Jeudi, la nouvelle chaire dédiée de l'Université de Genève (UNIGE) a présenté ses futures recherches aux médias réunis à Grächen, dans le Haut-Valais.

Le lieu de rendez-vous n'a pas été choisi au hasard, mais bien pour son «Ritigraben», ce torrent qui prend sa source vers 2600 mètres d'altitude. Il est «emblématique» pour étudier les laves torrentielles, sur lesquelles se focalise la chaire dirigée par Markus Stoffel.

Ici, «plus de 127 événements ont été répertoriés depuis 1570», explique le professeur de l'UNIGE. Au fur et à mesure, le lit du ruisseau s'est creusé sur plusieurs mètres de large, et des pierres remplacent parfois l'eau qui coule.

S'il est mondialement connu par les scientifiques, il sera aussi l'un des lieux privilégiés par l'équipe de recherche genevoise, qui doit être composée de sept personnes. Les études de la chaire s'ouvriront à l'ensemble de l'Arc alpin. En Suisse, elles se concentreront en Valais et en Engadine.

L'idée est de «mieux comprendre à quel degré le changement climatique va influencer ces processus et comment», relève Markus Stoffel. Il s'agit aussi d'évaluer comment ils vont impacter l'aménagement du territoire et de donner à la population et aux autorités la possibilité de se préparer.

Celui qui étudie le territoire valaisan depuis près de vingt-cinq ans poursuit:

«Il y a des milliers de sites qui produisent des laves torrentielles en Suisse. Dans un contexte de changement climatique, on a des événements sans précédent historique qui vont se produire.»

Markus Stoffel continue:

«Il est important de les étudier, de les prédire et, par conséquent, aussi de les considérer dans les cartes de danger pour ne pas construire dans des zones qui pourront être à risque à l'avenir.»

Dans le cadre de Grächen et du Ritigraben, le scientifique est en «étroit contact» avec les différents acteurs impliqués, dont la commune pour discuter de ses résultats et «intégrer les données de recherche dont nous disposons pour vraiment faire des mesures qui vont protéger la population au mieux possible.»

Un système de digues de retenue est par exemple en phase de planification par les autorités communales. «Nous estimons que la consultation devrait avoir lieu l'année prochaine», détaille le président de la commune Martin Schürch. Les travaux, estimés à 4,7 millions de francs, devraient débuter ensuite.

Une vue aerienne du village de Graechen lors d'une visite de presse concernant l'etude des risques naturels en montagne le jeudi 3 septembre 2026 a Graechen dans le Haut-Valais. L'UNIGE ...
Une vue aerienne du village de Graechen lors de la visite de presse.Keystone

D'autres types de mesures peuvent être envisagées. Les forêts protectrices en font par exemple partie. En cas de sécheresse importante, comme c'est le cas cet été, «si le peuplement de la forêt de protection est durablement affaibli, il faudra investir dans son rajeunissement», pointe Adrian Schertenleib.

Ces recherches et questionnements peuvent se généraliser. Le chef de la division prévention des dangers de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) souligne:

«Les risques naturels ne concernent pas seulement Grächen, ils touchent l’ensemble de la Suisse avec des intensités variables»

«Nous enregistrons en moyenne plus de 320 millions de francs de dommages matériels par an», ajoute-t-il, citant une étude de l’Institut fédéral de recherches WSL.

«Cela signifie qu’il faut une stratégie qui soit pertinente pour toute la Suisse. Et c’est là l’essence même de la gestion intégrée des risques» – cette stratégie globale de référence pour la protection contre les dangers naturels qui prend en compte tout type de menaces. Pour le responsable, tous les acteurs ont un rôle à jouer, dont les particuliers et les compagnies d'assurance.

Adrian Schertenleib estime:

«Il ne s’agit pas seulement de prendre en charge les dommages lorsqu’un sinistre survient et que des dégâts se produisent. Elles ont également un rôle important à jouer dans la prévention, en donnant des conseils et, par exemple, en apportant leur soutien.»

La chaire de l'Université de Genève, créée au printemps, est financée par le Fonds AXA pour le Progrès humain. Le projet a été choisi parmi une centaine d'autres, proposés par les universités du monde entier. Il dispose d'un budget de 2,5 millions de francs et sera déployé sur 5 ans. (ats)

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