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Avec Easyride, les CFF veulent vous suivre à la trace

Les CFF veulent cette nouvelle arme pour «réduire les cas d'abus»

Nouvelles fonctions et mesures contre les fraudeurs: les CFF lancent un appel d'offres pour continuer à développer l'application Easyride.
19.02.2024, 07:51
Pascal Michel / ch media
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Pour les CFF, le canal qui connaît la plus forte croissance des ventes est l'application de vente de billets électroniques «Easyride». Celle-ci enregistre le trajet effectué au moyen de données de localisation et calcule automatiquement, en arrière-plan, le prix le plus avantageux. Actuellement, l'application est utilisée pour 80 000 trajets par jour. Et les CFF s'attendent à un doublement (au moins!) de ces chiffres d'ici 2030. Cette évolution va tout à fait dans le sens du secteur, qui souhaite ne vendre pratiquement plus que des billets électroniques d'ici 2035.

Le contrat avec le prestataire actuel Fairtiq arrivant à échéance, les CFF ont lancé un appel d'offres pour l'acquisition d'une partie de l'application. Au-delà de la saisie des voyages des passagers, les CFF mettent l'accent sur la lutte contre les fraudes, comme il ressort de l'appel d'offres que CH Media a pu consulter. Le nouveau prestataire devra ainsi contribuer à «réduire les cas d'abus à un minimum». Pour ce faire, il devra pouvoir analyser des données pour identifier, avertir et bloquer les clients malhonnêtes.

«Il est indispensable qu'un être humain vérifie chaque cas avant de procéder au blocage», précise l'appel d'offres. Les CFF informeront les clients des avertissements et des blocages en se basant sur les informations fournies par le prestataire. Il n'est pas étonnant que les CFF renforcent leur lutte contre les tricheurs: la branche estime que les fraudes aux billets lui font perdre chaque année des recettes d'une valeur de 60 millions de francs.

Intégrer le «dernier kilomètre»

Pour accélérer le remplacement des billets papier traditionnels, les billets numériques doivent offrir une valeur ajoutée. L'appel d'offres des CFF pour «Easyride» montre clairement dans quelle direction cela pourrait aller. Par exemple, l'application pourrait rapidement informer les voyageurs des perturbations ferroviaires. De même, le futur prestataire devra, dans une prochaine étape d'extension, «garantir la connexion du premier et du dernier kilomètre».

Cela signifierait par exemple qu'un voyage à la gare en voiture ou vélo de location, ou encore en trottinette électrique pourrait être enregistré et intégré dans le décompte.

«De telles étapes ne sont que des extensions du service actuel et se feraient dans le respect de la loi sur la protection des données et uniquement à la demande du client et avec son consentement.»

Les chemins de fer prévoient les mêmes règles de protection des données pour une éventuelle solution «Be-in/Be-out». Celle-ci détecterait automatiquement si quelqu'un quitte le train et continue par exemple à pied. Dans ce cas, l'application stopperait le voyage en arrière-plan pour éviter des frais supplémentaires. Mais si le passager ne fait que changer de tram, la technologie le détecterait également et continuerait à enregistrer le trajet.

Avec Easyride, les CFF veulent vous suivre à la trace
L'application CFF «Easyride». keystone

Une telle saisie précise et sans faille du voyage est à la base d'un modèle nommé «myride» que les entreprises de transport testent actuellement. L'organisation sectorielle Alliance Swisspass s'est ainsi fixé pour objectifs de clarifier la jungle des tarifs parfois difficile à comprendre et de simplifier l'achat électronique de billets.

La différence avec le modèle «Easyride» établi réside dans le fait que la nouvelle solution base la facture sur le nombre de kilomètres parcourus – et non sur les billets achetés à la fin de la journée. Il en résulte un plan tarifaire individuel qui s'adapte en permanence au comportement de consommation des passagers. Pour ce faire, «myride» suit les voyageurs sur de longues périodes et souhaite récompenser les personnes qui voyagent beaucoup par des rabais. Si les tests actuels s'avèrent positifs, le secteur introduira le système dans les années à venir.

Le tracking «obligatoire» ne plait pas à tout le monde

Cette stratégie suscite des critiques, notamment de la part de la protection des consommateurs. En effet, seuls ceux qui possèdent un téléphone portable pourront en profiter. De plus, la protection des consommateurs craint que «les voyageurs deviennent des "clients transparents" en raison de l'obligation de tracking».

Ueli Stückelberger, directeur de l'Union des transports publics, s'est récemment défendu contre ces accusations auprès de CH Media (éditeur de watson):

«Il y a quinze ans, on ne pouvait pas encore imaginer des billets sur le téléphone portable, et encore moins la fonction de ‹check-in/check-out›. Aujourd'hui, cela fait partie du quotidien. J'ai du mal avec l'attitude qui consiste à dire qu'il faut que le statu quo perdure. Il doit y avoir une offre attrayante pour tous les clients, mais il n'y a pas de raison de rester coincés dans les solutions du passé.»

Traduit et adapté de l'allemand par Léa Krejci

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On n'a pas toujours l'air con en trottinette, la preuve
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