Crans-Montana rappelle une évidence que la Suisse refusait de voir
Lorsque la Suisse a fait venir à l’automne 20 enfants blessés de Gaza pour les soigner, les critiques ont surgi. Certains ont qualifié la démarche d'inefficace, lui reprochant d'être juste une opération pour des politiciens en quête de reconnaissance, et affirmant qu'elle allait mettre à mal un système d’asile déjà saturé.
C’était honteux. Il était également honteux que le Conseil fédéral ait d’abord refusé, en 2022, d’accueillir des civils blessés d’Ukraine. Ce n’est qu’après la pression publique qu’il est revenu sur sa décision.
Une entraide internationale salvatrice
Après la catastrophe de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 116 blessés, la Suisse avait elle-même besoin d’aide. Pour assurer la prise en charge médicale des adolescents et jeunes adultes gravement brûlés, elle n’avait pas assez de spécialistes, pas assez de matériel et pas assez de places hospitalières adaptées.
Et il s’est avéré que, grâce aux actions d’aide pour les personnes venues d’Ukraine et de Gaza, les autorités compétentes à Berne disposaient désormais des meilleurs contacts avec leurs partenaires européens.
Plus de 20 pays, de la Norvège à la Turquie, ont immédiatement proposé leur aide. Environ 40 personnes ont pu être transférées vers des cliniques spécialisées en Europe.
Seul, notre pays aurait été dépassé. En clair: sans aide venue de l’étranger, encore plus de jeunes seraient morts.
Lorsque la Confédération a offert son aide pour les victimes de la guerre en Ukraine et les enfants de Gaza, elle ne l’a pas fait par intérêt personnel, mais pour soulager la détresse. Néanmoins, cela confirme, une fois de plus, le fait que la solidarité finit toujours par porter ses fruits, tôt ou tard.
Traduit de l'allemand par Tim Boekholt
