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Il y a un lien entre votations fédérales et décès dus au Covid

Il y a un lien alarmant entre les votations fédérales et les morts du Covid

Les cas de réinfection au Covid-19 après la vaccination complète s'expliquent notamment par le fait que l'efficacité des vaccins n'est pas de 100%, mais de 94-95% (archives).
L'obligation de porter un masque a toujours été une source de contrariété pendant la pandémie de Covid-19. (Image symbolique)Keystone
Une nouvelle étude de l’Université de Berne met en évidence un lien entre le rejet des lois sur le Covid-19 et une surmortalité accrue dans les communes suisses.
31.12.2024, 05:30
Stefan Bühler / ch media
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La Suisse s’est distinguée durant la pandémie de Covid-19: aucun autre pays n’a permis à sa population de voter sur les mesures de protection décidées par le gouvernement. Trois référendums ont eu lieu – en juin 2021, novembre 2021 et juin 2023 – et, chaque fois, les Suisses ont approuvé les mesures avec un peu plus de 60% des voix.

«Ces votations ont largement contribué à l’acceptation des mesures par la population», explique Matthias Egger, professeur d’épidémiologie à l’Université de Berne et premier président de la task force scientifique qui conseillait le Conseil fédéral pendant la crise.

Matthias Egger, ehemaliger Chef der Covid-19-Task-Force des Bundes, h�lt eine Maskentragpflicht in Innenr�umen f�r eine taugliche Massnahme, um die Verbreitung des Coronavirus einzud�mmen. (Archivbild ...
Matthias Egger.Image: sda

Pour l'épidémiologiste, ces votes ont également offert un avantage scientifique unique: ils ont fourni des données inédites grâce aux résultats précis de chaque commune. Publiée dans le European Journal of Public Health, son étude révèle une conclusion alarmante:

«Dans les communes où le taux de “non” était plus élevé lors des votes, davantage de personnes sont mortes du Covid-19»
Matthias Egger

Plus de «non» aux mesures, plus de décès

L’étude se base sur les résultats du premier référendum de juin 2021 et sur les calculs de surmortalité dans chaque commune – la différence entre le nombre de décès attendus statistiquement et le nombre réel observé. Matthias Egger admet que ces calculs peuvent être biaisés dans les petites communes, où un seul décès peut peser lourd. Néanmoins, les résultats sont sans équivoque.

«Il existe une corrélation avérée entre le refus des mesures et la surmortalité pendant la pandémie. Ce lien est quasiment généralisé à l’échelle du pays»

Des travaux antérieurs avaient déjà montré que des facteurs socio-économiques – comme un faible niveau d’éducation, des conditions de logement précaires ou des professions exposées – augmentaient le risque de contracter le virus. Un récent rapport de l’Observatoire suisse de la santé (Obsan) a confirmé ces constats, tout comme la forte mortalité dans des régions frontalières comme le Tessin, Genève ou l’est de la Suisse.

L’étude d’Egger met toutefois en lumière un facteur politique inédit: les communes ayant rejeté les mesures avaient un risque accru de mortalité. Comment l’expliquer? «Il est plausible que les personnes opposées aux mesures étaient aussi celles qui les suivaient le moins, par scepticisme», analyse le chercheur.

Le phénomène se manifeste principalement dans les zones rurales. Contrairement aux villes et agglomérations, où de nombreuses personnes occupent des emplois de bureau et ont pu se réfugier en télétravail, les professionnels des campagnes n’avaient souvent pas cette possibilité.

«Les chauffeurs de cars postaux, les employés de la restauration ou encore les ouvriers du bâtiment étaient plus exposés et directement confrontés aux mesures de protection imposées par la loi. Cela a peut-être contribué à un rejet plus marqué.»

Toutefois, ce ne sont que des interprétations, rappelle Matthias Egger. «Ce qui est toutefois sûr, c'est qu'il y a une corrélation entre le comportement de vote et le risque de mortalité.»

Traduit et adapté de l'allemand par Léa Krejci

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