Suisse
Crans-Montana

«Ces bougies n’étaient pas assez puissantes»

Selon Jacques Moretti, «ces bougies n’étaient pas assez puissantes»

Le propriétaire français du bar incendié à Crans-Montana la nuit du Nouvel An, qui a fait 40 morts, a assuré aux enquêteurs que les bougies scintillantes utilisées dans l’établissement ne pouvaient pas être à l’origine du drame, affirmant avoir «fait des tests» avant.
10.01.2026, 23:1911.01.2026, 09:22

Le propriétaire français du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana a indiqué aux enquêteurs avoir découvert juste après le drame qui a fait 40 morts qu'une «porte de service» était «verrouillée de l'intérieur».

Auditionné vendredi par le ministère public du Valais, Jacques Moretti a expliqué avoir à son arrivée au bar juste après l'incendie «forcé cette porte» parce qu'elle était «verrouillée de l'intérieur», selon des extraits de procès verbaux publiés par plusieurs médias français et suisses, dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP de source proche du dossier.

Moretti, placé en détention provisoire après cette audition, a affirmé face aux enquêteurs qu'il s'agissait d'une «porte de service» et qu'elle «n'est pas indiquée comme sortie de secours». Il raconte avoir retrouvé plusieurs personnes étendues derrière cette porte après l'avoir ouverte.

D'après les premiers éléments de l'enquête, le drame a été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l'établissement.

Des interrogations portent aussi sur la présence et l'accès aux extincteurs, et la conformité des voies de sortie de ce bar, Le Constellation.

«Systématiquement, quand nous servons une bouteille en salle, nous ajoutons un "scintillant" (ou bougie "fontaine", ndlr)», a expliqué de son côté son épouse et co-propriétaire Jessica, ressortie libre de l'audition de vendredi. Son mari affirme:

«Ça fait dix ans que nous faisons cela, il n'y avait jamais eu de soucis»
Jacques Moretti

Selon lui il «n'est pas impossible» que ces bougies aient causé l'incendie, mais il estime qu'il «doit y avoir quelque chose d'autre». Ces bougies «n'étaient pas assez puissantes pour enflammer la mousse acoustique. J'avais fait des tests», a-t-il soutenu.

La nature de cette mousse antibruit posée au plafond du sous-sol est notamment scrutée par les enquêteurs.

Jacques Moretti a expliqué l'avoir achetée dans un magasin de bricolage et installée lui-même lors de travaux effectués après l'achat de l'établissement en 2015.

Au sujet de la présence de nombreux adolescents mineurs dans le bar au moment de la tragédie, Jacques Moretti a indiqué que l'établissement avait «interdiction d'accepter des personnes de moins de 16 ans» et que les clients de 16 à 18 ans devaient «être accompagnés d'un majeur».

Il a assuré avoir donné ces «consignes» au personnel de sécurité, mais a reconnu qu'«il n'est pas impossible qu'il y ait eu dysfonctionnement».

Le couple est soupçonné d'«homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence».

Au terme de l'instruction ouverte, le ministère public du Valais décidera de classer l'affaire ou d'émettre un acte d'accusation en vue d'un éventuel procès. En attendant, la présomption d'innocence prévaut. (tib/ats)

Des images de Palm Beach, l'île la plus clinquante des USA
1 / 20
Des images de Palm Beach, l'île la plus clinquante des USA

Le Royal Poinciana Hotel, à Palm Beach, vers 1900.

source: universal images group editorial / universal history archive
partager sur Facebookpartager sur X
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
Crans-Montana: la réunion entre Berne et Rome aurait été tendue
Les tensions entre la Suisse et l'Italie restent vives au sujet de l'incendie de Crans-Montana. Une récente réunion à Berne, censée calmer les esprits, aurait eu l'effet inverse.
Sur le papier, tout s'était pourtant bien passé. Le 19 février dernier, les autorités pénales italiennes et valaisannes se sont rencontrées à Berne. L'objectif: évoquer la coopération judiciaire entre les deux pays dans le cadre de l'incendie de Crans-Montana, après des semaines de crispations diplomatiques entre Berne et Rome.
L’article