Crans-Montana: la réunion entre Berne et Rome aurait été tendue
Sur le papier, tout s'était pourtant bien passé. Le 19 février dernier, les autorités pénales italiennes et valaisannes se sont rencontrées à Berne. L'objectif: évoquer la coopération judiciaire entre les deux pays dans le cadre de l'incendie de Crans-Montana, après des semaines de crispations diplomatiques entre Berne et Rome.
Ce jour-là, les participants avaient qualifié leur rencontre de «fructueuse», «constructive» et «productive». La procureure valaisanne Beatrice Pilloud et le procureur général de la République italienne, Francesco Lo Voi, avaient convenu de «renforcer» la coordination entre la Suisse et l'Italie dans l'enquête en cours.
Pourtant, il semblerait que la rencontre se soit déroulée de manière nettement moins sereine qu'annoncé. Selon des informations recueillies par la NZZ, la délégation italienne a failli quitter la réunion avant l'heure. En cause, selon le quotidien zurichois:
Le principal point d'achoppement concerne la mise en place d'une équipe commune d'enquête sur l'incendie. Les autorités italiennes réclament cette mesure depuis des semaines. Face au silence de la Suisse, Rome avait rappelé son ambassadeur à Berne en signe de protestation.
Deux versions divergentes
C'est là que les versions divergent. L'Office fédéral de la justice affirme qu'aucune requête en ce sens ne lui a été adressée, indique la RTS. Pourtant, selon la NZZ, le parquet de Rome a bien formulé une telle demande, dans un mail qu'il aurait envoyé à l'OFJ le 30 décembre déjà.
Toujours selon le journal alémanique, l'OFJ aurait alors répliqué que la question devait être discutée lors de la réunion du 19 février à Berne. Ce qui ne semble pas avoir été fait. «Ce sujet n'a pas été abordé aujourd'hui», confirmait après la rencontre le procureur général italien, cité par le Corriere della Sera.
Le média italien estime que la réunion, bien que positive sur le plan judiciaire, n'a pas permis d'apaiser les tensions politiques entre les deux pays. «L'impasse diplomatique est toujours là», note-t-il. La preuve en est que l'ambassadeur italien n'est toujours pas revenu en Suisse - et cela ne devrait pas se produire de sitôt, selon les informations du Corriere:
Les choses pourraient peut-être bouger le mois prochain: une nouvelle réunion doit se tenir à Sion en mars.
(asi)
