Chaos dans l'enquête sur le Constellation
Face au caractère hors-norme de l’instruction pénale liée à l'incendie du Constellation, le Ministère public valaisan doit prendre des mesures peu communes, rapporte ce lundi le Temps.
Le journal genevois rappelle qu'environ 130 parties plaignantes ont déjà été constituées dans l'affaire, elles-mêmes représentées par quelque 50 avocats. Un nombre conséquent de participants qui continue de croître et qui entraîne certaines contraintes.
De trop nombreuses questions
Le Temps revient sur les auditions de Jacques et Jessica Moretti les 20 et 21 janvier derniers. Les procureures avaient préparé à cette occasion deux salles dans leurs locaux.
- La première, au rez-de-chaussée, pour les trois enquêtrices, le deux gérants du Constellation, leur défense ainsi qu'une poignée d'avocats des parties plaignantes.
- La deuxième, au sous-sol, pour le reste des représentants, participant à l'audience par visioconférence.
Le journal relate qu'en raison de trop nombreuses questions, l'audition de Jacques Moretti, le 20 janvier, n'avait toutefois pas pu se terminer et certains avocats avaient dû passer leur tour. Une solution de tournus pour l'interrogatoire de Jessica Moretti le lendemain n'avait pas non plus réussi à apaiser les mécontentements.
Une délocalisation problématique
Selon Le Temps, le Ministère public valaisan a donc décidé de déménager hors de ses locaux en vue des audiences des deux chargés de sécurité de Crans-Montana, les 6 et 9 février prochains, ainsi que celles des Moretti les 11 et 12 février.
Pour permettre à tous les participants d’être cette fois présents dans un même espace, elles se tiendront dans l’aula du campus Energypolis de la HES-SO Valais-Wallis, à Sion.
Mais Le Temps souligne que certains des acteurs du drame font l'objet de menaces et que cette délocalisation pourrait entraîner des problèmes de sécurité.
Des divergences entre avocats
Le Ministère public planche également sur des pistes pour pallier aux ralentissements entraînés par le nombre de parties au dossier. Il avait notamment été demandé aux avocats de communiquer leurs questions à l'avance, rapporte Le Temps, ce qui avait soulevé une vague de protestations.
Pour ce qui est des auditions menées par la police valaisanne dans ses locaux, il a été décidé de ne pas répéter au fur et à mesure ce qu’elle inscrit au procès-verbal, et ce pour éviter la multiplication des demandes de correction. Ce qui n'a guère plu à Nicola Meier, l’un des avocats de Jessica Moretti.
Il a déclaré:
Le Temps met finalement en avant les différents profils et les sensibilités des nombreux avocats impliqués. Des divergences parfois synonymes de brouhaha qui complique encore un peu plus la procédure.
Joint par le journal, l’avocat lausannois Loïc Parein appelle dès lors à la «collaboration» entre les différents représentants pour le bien de l'enquête.
