Crise du crack: une salle de consommation à Yverdon? «C'est possible»
Lors de la conférence de presse du mardi 11 novembre, la Municipalité lausannoise a prononcé de nouvelles mesures pour répondre aux vives critiques liées à ses espaces de consommation sécurisée (ECS) du Vallon et de la Riponne.
Pour ce faire, un accès désormais réservé aux personnes domiciliées dans le canton de Vaud et un élargissement des horaires. Une réponse à la grogne des habitants de la Riponne et qui expose un désir des autorités de mieux encadrer les personnes toxicodépendantes dans l'espace public.
Mais dans les contrées vaudoises, il n'y a pas seulement Lausanne. La municipale lausannoise Emilie Moeschler confiait, mardi, que des villes étaient venues aux informations pour étudier une mise en place de locaux type ECS. C'est le cas d'Yverdon-les-Bains. «Cela fait partie des étapes possibles», confirme Julien Wicki, municipal yverdonnois en charge de la jeunesse et de la cohésion sociale.
Le politicien nord-vaudois rappelle que le centre «Zone Bleue», l'espace des réductions des risques de la région, fait face actuellement «à une très forte augmentation de sa fréquentation». La structure a vu sa population «plus que doubler», assure-t-il.
«Missions supplémentaires»
Pour répondre à cette augmentation, les équipes ont été renforcées avec notamment un déplacement en rue (ce que le personnel ne pouvait pas faire auparavant) pour effectuer des maraudes tous les jours, de 12h à 21h. Et le dimanche, le centre est ouvert.
«Pour l'instant, ces missions supplémentaires sont financées par la Ville avec un petit apport de Zone Bleue, mais nous travaillons pour obtenir un soutien cantonal», nous explique l'Yverdonnois, tout en rappelant l'efficacité des maraudes pour aller à la rencontre des personnes dépendantes au crack, qui peinent à joindre les lieux dédiés pour elles.
Face à la forte augmentation des usagers, la Ville prévoit de rénover les locaux de Zone Bleue dans le cadre d'un projet plus large budgeté à 3,5 millions de francs. Julien Wicki poursuit:
La questions d'un ECS, comme nous l'affirme Julien Wicki, sera posée en 2026. «Qu'on se le dise, en juin 2026 on ne va pas inaugurer un ECS», tempère-t-il. Il souligne:
Que dit le canton?
Contacté à ce propos, le Département de la santé et de l'action sociale (DSAS) explique être disposé «à accompagner les communes dans l’analyse des besoins pour autant qu’elles initient cette démarche».
Julien Wicki rappelle que Vevey, Yverdon et Lausanne ont une démarche commune concernant la politique de la drogue. Il convient aussi que si la crise du crack a pris de l'ampleur dans ces trois villes, le Nord vaudois est touché par le fléau. «Récemment, j'ai rencontré la municipalité d'un petit village qui ne sait pas quoi faire face à l'arrivée de toxicodépendants», renseigne Julien Wicki.
L'édile cite plusieurs localités de l'agglomération yverdonnoise.
Le municipal explique qu'il souhaite mieux connaître la provenance des usagers de Zone Bleue, «ne serait-ce que pour tordre le cou à quelques clichés». Il cible notamment la venue des Neuchâtelois: «Cela a été vrai un certain moment, maintenant ça ne l'est plus», affirme Julien Wicki, avant d'expliquer que «Zone Bleue avait constaté une hausse de la population du canton de Neuchâtel ainsi que Fribourg.»
L'élu souhaite un travail au niveau local pour faire face à un problème d'ampleur. «Il faut une réponse globale qui implique toutes les régions, les Cantons et la Confédération», complète Julien Wicki.
