Suisse
Economie

Immobilier: les Suisses sont piégés par une inégalité du marché

Le grand perdant de la pénurie de logement est ce jeune Genevois
Ce jeune Genevois est particulièrement désavantangé par le marché de l'immobilier.Image: montage watson

Les Suisses sont piégés par une inégalité du marché immobilier

La crise du logement en Suisse ne se résume pas seulement à une pénurie. Selon une étude du spécialiste immobilier Wüest Partner, le marché locatif évolue vers un système de plus en plus inégal qui incite de nombreux ménages à ne plus bouger.
01.05.2026, 20:5901.05.2026, 20:59

Contrairement à une idée répandue, la situation immobilière ne s’est pas dégradée pour tous. Entre 2016 et 2025, les salaires ont progressé de 8,4%, alors que les loyers des locataires déjà en place n’ont augmenté que d’environ 5%. Pour ces ménages-ci, la charge du logement est donc restée globalement stable.

Mais le constat est tout autre pour les nouveaux arrivants ou ceux qui souhaitent déménager, écrit le quotidien genevois Le Temps. Sur dix ans, les loyers proposés sur le marché ont bondi d’environ 17%. En 2025, ils dépassent en moyenne de 10,5% ceux des baux existants. Cette différence crée un véritable marché à deux vitesses, entre locataires installés, relativement protégés, et nouveaux entrants confrontés à des prix nettement plus élevés.

Genève, cas extrême de l'immobilier

Les écarts sont particulièrement marqués à Genève. Dans le canton, les loyers proposés peuvent dépasser de plus de 50% ceux des baux en cours. On parle d’environ 392 francs par mètre carré pour les nouvelles locations, contre 253 francs pour les logements déjà occupés. Plusieurs facteurs expliquent cette situation: un taux de vacance extrêmement bas (0,34%, le plus bas de Suisse), une part importante de logements subventionnés et une réglementation stricte, notamment la LDTR, qui protège les locataires en place et limite les hausses après rénovation.

En conséquence, on observe un phénomène de «lock-in». Les locataires bénéficiant d’un loyer «avantageux» hésitent fortement à déménager, même si leur logement ne correspond plus à leurs besoins. La durée moyenne d’occupation atteint ainsi 8,5 ans en Suisse, et dépasse même 13 ans à Genève. Cette faible rotation du parc accentue la pénurie pour les nouveaux locataires.

Le Temps indique encore enfin qu'une «grande partie des logements – en particulier les plus abordables – n’apparaît pas dans les annonces officielles et circule plutôt via des réseaux informels.»

Le jeune adulte, première victime de la pénurie de logement

Ce système pénalise particulièrement les jeunes ménages. Avec des revenus souvent plus modestes en début de carrière, ils doivent faire face à des loyers bien plus élevés que ceux payés par les locataires de longue date. Résultat, l’accès au logement se complique et le départ du domicile parental est souvent retardé.

Pour Wüest Partner, cette situation est structurelle. Elle résulte d’un manque d’offre, d’un parc immobilier dominé par les locataires et de prix déjà élevés. Et malgré la construction de nouveaux logements, la croissance du parc reste limitée. Le marché locatif suisse apparaît donc de plus en plus verrouillé et inégal: stable pour ceux qui y sont déjà, mais de plus en plus difficile d’accès pour les autres. (hun)

24 gâteaux hérisson affreusement moches
1 / 26
24 gâteaux hérisson affreusement moches
partager sur Facebookpartager sur X
Une invasion de méduses sur la côte adriatique
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Cette commune romande a connu une météo record en avril
Le mois dernier se classe au quatrième rang des mois d’avril les moins pluvieux depuis le début des mesures. Certaines régions ont également vécu un record d'ensoleillement.
La Suisse vient de connaître un mois d'avril marqué par une forte pression atmosphérique et très peu de précipitations. Dans certaines régions, il s'agit du mois d'avril le moins pluvieux depuis le début des mesures.
L’article