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Voici les communes suisses qui attirent le plus de pendulaires

Voiture, train, vélo: les flux de pendulaires relient les communes suisses et révèlent de fortes disparités entre pôles d’emploi et communes-dortoirs.
Des milliers de pendulaires se déplacent chaque jour entre communes, en voiture, train ou à vélo, redessinant les équilibres territoriaux en Suisse.Image: watson/agences

Voici les communes qui attirent le plus de pendulaires

Derrière les flux de pendulaires, une Suisse à deux vitesses se dessine entre pôles d’emploi et communes-dortoirs. Cherchez votre commune avec notre outil.
10.04.2026, 05:3610.04.2026, 05:36
Stefan Ehrbar

Quatre actifs sur cinq en Suisse font la navette, dont environ trois quarts vers une autre commune que celle où ils résident. Cela représente près de quatre millions de personnes qui prennent régulièrement la voiture, le train ou le vélo pour se rendre au travail. Certaines communes sont devenues de véritables aimants à emplois, au point de compter plus de postes de travail que d’habitants en âge de travailler. C’est ce que montrent de nouvelles données de l’Office fédéral de la statistique.

Les villes qui comptent le plus de pendulaires

En chiffres absolus, le solde pendulaire – soit la différence entre les personnes qui quittent une commune pour travailler ailleurs et celles qui y viennent – est, évidemment, le plus élevé dans les grandes villes.

A Zurich, il atteint 148 000 personnes: un peu plus de 54 000 sortants pour près de 203 000 entrants. A cela s’ajoutent 129 000 personnes qui vivent et travaillent sur place. Berne et Bâle suivent, avec un solde de 69 000 et 36 000 actifs respectivement.

Ce que révèlent l'autre calcul sur les pendulaires

Mais rapporté à la population, ce sont d’autres communes qui se distinguent. Dans ce classement, Viège, en Valais, affiche le solde pendulaire le plus élevé. Il correspond à 103,8% de la population résidente âgée de plus de 15 ans – soit les personnes susceptibles de faire la navette. Cela ne signifie, toutefois, pas que la population y double en journée: tous les actifs ne travaillent pas à plein temps, ni aux mêmes horaires.

La raison de ce chiffre élevé est simple: le groupe pharmaceutique Lonza exploite, à Viège, son plus grand site au monde. Près de 5000 personnes y travaillent. Dans les petites communes, le poids d’un seul employeur peut ainsi être déterminant, comme le montrent aussi celles qui suivent la ville valaisanne en termes de croissance relative.

En premier lieu, Kloten: son solde pendulaire correspond à 83,3% de la population de plus de 15 ans. Cela s’explique surtout par l’aéroport de Zurich, situé en grande partie sur le territoire communal et qui emploie environ 35 000 personnes. La commune vaudoise d’Ecublens constitue également un pôle d’emploi, avec un taux de 82,2%. La Radio Télévision Suisse (RTS) ainsi que l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) se trouvent en grande partie sur son territoire.

Mais là où il y a des gagnants, il y a aussi des perdants. Autour des villes, on trouve des «communes-dortoirs» au solde pendulaire fortement négatif. A Riehen (BS), 3800 personnes de plus quittent la commune pour travailler qu’il n’en entre. La commune genevoise d’Onex affiche un déficit de 3300 pendulaires.

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Pourquoi les communes aiment les pendulaires

De nombreuses communes cherchent à attirer des emplois, car les pendulaires dépensent aussi de l’argent sur leur lieu de travail. Cela profite aux coiffeurs, restaurants ou supermarchés locaux. Le fait que plus d’un établissement de restauration sur dix en Suisse se situe à Zurich s’explique aussi par cette concentration d’emplois. A l’inverse, les dépenses des pendulaires manquent dans leur commune de résidence, qui risque de se vider de sa substance.

Les communes poursuivent aussi cet objectif pour une autre raison: les entreprises paient des impôts. Et les grands employeurs attirent souvent des salariés bien rémunérés qui s’installent sur place et contribuent eux aussi aux recettes fiscales.

Ainsi, la commune argovienne de Wettingen tente actuellement d’attirer le siège suisse de Hitachi Energy. Avec un solde pendulaire négatif de 3100 personnes, elle occupe la troisième place du classement des communes les moins attractives. L’arrivée de cet employeur permettrait d’améliorer ses finances et de quitter ce classement.

Mais inverser la tendance reste difficile. Des communes voisines comme Würenlos s’opposent fermement à cette implantation. Elles redoutent une pression accrue sur le logement et une hausse du trafic, en particulier routier.

Comment les pendulaires suisses se déplacent

Car, aujourd’hui encore, la voiture reste le principal moyen de transport des pendulaires. L’Office fédéral de la statistique publie ces données à l’échelle des districts ou régions électorales². Dans des villes comme Zurich, Lausanne, Bâle-Ville, Lucerne ou Bienne, ces périmètres correspondent (presque) à la commune. Ailleurs, comme dans les régions de Berne-Mittelland, Winterthour ou Aarau, ils englobent un territoire plus large incluant les communes environnantes, ce qui limite les comparaisons directes.

A l’échelle des districts, Zurich affiche la part la plus élevée de pendulaires utilisant les transports publics comme principal mode de déplacement, avec 62,1%. Lausanne, le canton de Genève et celui de Bâle-Ville suivent. Dans ces régions, davantage de personnes se rendent aussi au travail à vélo ou à pied. Mais dans la majorité des districts, la voiture reste le mode de transport dominant. (trad jah)

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