Deux centrales nucléaires évaporeraient plus d'eau que l'agriculture suisse
L'été est terminé, mais le débat politique sur ses conséquences ne fait, lui, que commencer. La sécheresse, en particulier, continue de préoccuper: les cours d'eau et les lacs affichent régulièrement des niveaux historiquement bas, tandis que les sols continuent de s'assécher. En réponse, des dizaines d'interventions parlementaires ont été déposées sur le sujet durant la session en cours.
Dans cette discussion intervient désormais l'organisation environnementale Greenpeace, qui braque les projecteurs sur l'énergie nucléaire. Selon un nouveau rapport de l'organisation, les deux centrales nucléaires de Gösgen (SO) et de Leibstadt (AG) ont besoin ensemble de près de 140 millions de mètres cubes d'eau par an, prélevés dans l'Aar et le Rhin.
Environ un quart de ce volume, soit plus de 35 millions de mètres cubes, s'évapore dans les tours de refroidissement et ne retourne donc pas dans les cours d'eau.
Au même niveau que l'agriculture
Greenpeace compare ce volume à celui de l'agriculture. Pour l'irrigation, celle-ci aurait besoin, selon les estimations, de 10 millions de mètres cubes lors d'une année humide et jusqu'à 40 millions lors d'une année sèche. Par évaporation, Gösgen et Leibstadt consommeraient donc ensemble à peu près autant d'eau que l'ensemble de l'agriculture lors d'une année sèche.
Les chiffres venus d'Allemagne montrent que les centrales nucléaires peuvent influencer fortement la consommation d'eau. Là-bas, la consommation d'eau des entreprises a diminué de près de 17% entre 2019 et 2022, soit de 2,56 milliards de mètres cubes.
Selon l'Office fédéral allemand de la statistique (Destatis), les fournisseurs d'énergie en sont les principaux responsables, car, entre les deux relevés, trois centrales nucléaires ont été temporairement déconnectées du réseau.
Un thème qui marquera les campagnes politiques
Le conseiller national PLR et spécialiste de la politique énergétique Christian Wasserfallen parle d'une «étude faite pour susciter l’indignation». Selon lui, les chiffres n'ont qu'une portée limitée vis-à-vis du débat sur la création de nouvelles centrales nucléaires, car les nouveaux réacteurs seraient nettement plus efficaces. Il souligne:
Par ailleurs, une grande partie de la production d'électricité aurait lieu en hiver, une période où le refroidissement poserait peu de problèmes. De plus, l'été aurait montré que les centrales nucléaires sont capables de produire du courant de manière fiable.
L'ampleur de la consommation d'eau de nouvelles centrales nucléaires dépendrait ainsi du type de construction et du système de refroidissement. Avec l'été caniculaire de cette année encore en mémoire, la question de l'eau devrait néanmoins devenir un thème précédant toute votation en ce sens. En juin, le Parlement a levé l'interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires, et un référendum a été lancé contre cette décision. Le projet sera soumis au peuple en février 2027 au plus tôt. (trad. ysc)
