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Ski: Les sabotages pourraient augmenter le prix des abonnements

Le ski sera-t-il plus cher après les sabotages pro-climat? «C'est évident»

Les sabotages de canons à neige, perpétrés par des militants du climat, pourraient-ils impacter les prix des forfaits de ski? Les stations touchées assurent que non. Un expert les contredit.
19.01.2025, 07:01
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Ces derniers mois, plusieurs actes militants ont causé de gros dommages sur des canons à neige en Suisse. Ses sabotages sont l'œuvre d'activistes qui désirent dénoncer le «ski à outrance» dans nos montagnes. La station de Verbier (VS) a vu plusieurs de ses installations pour l'enneigement artificiel endommagées en janvier 2023. C'est ensuite la station de Villars (VD) qui a fait état de dégâts sur ses machines pour l'enneigement technique, en janvier 2023 et une deuxième fois en décembre 2024.

Depuis, les stations se sont armées contre les saboteurs. Il a fallu mettre en place des systèmes de surveillance à la hâte. C'est le cas dans les Alpes vaudoises, comme nous le relatait le directeur de Télé Villars-Gryon-Diablerets, Martin Deburaux. Il souligne les dangers inhérents aux actes de sabotages:

«On a des conduites d’air sous pression, des conduites d’eau sous pression, des câbles électriques sous tension. Ce sont des réseaux qui peuvent être très dangereux»

Des systèmes qui coûtent chers

Protéger de telles installations coûte vite très cher. L'opération est par exemple chiffrée à plusieurs dizaines de milliers de francs pour Villars. Si la surveillance est pour le moment humaine, des systèmes électroniques sont à l'étude, confie Martin Deburaux. Alors comment ces investissements vont-ils être amortis par les stations? Vont-ils peser sur les prix des forfaits de ski?

«On va tout faire pour que ça ne se répercute pas sur le prix des abonnements»
Martin Deburaux, directeur de Télé Villars-Gryon-Diablerets.

Nous avons également posé la question à Laurent Vanat, expert de l'industrie du ski, qui se montre un brin remonté face à ces actes de vandalisme:

«Il me semble évident que si les stations de ski doivent engager des sociétés de sécurité privées pour surveiller leurs installations parce que l'Etat n'est plus capable de veiller au respect du droit, il est évident qu'elles répercuteront cela sur leurs prix.»
Laurent Vanat.

Aussi touché en 2023, Verbier ne va rien changer à ses tarifs, rassure Lionel May, directeur d'exploitation de Téléverbier. «Je vous confirme qu’il n’y a pas de lien de cause à effet entre les dispositifs de surveillance mise sur pieds et le prix des forfaits».

Si le domaine valaisan ne va pas toucher à ses prix, d'autres stations, avec moins de moyens, qui seraient touchées par un sabotage de ses installations d'enneigement technique, pourraient-elles devoir faire casquer le client? «Les entreprises de remontées mécaniques ont parfois conclu des assurances pour de tels incidents», renseigne l'association des remontées mécaniques suisses (RMS).

Et de compléter:

«Néanmoins, les entreprises de remontées mécaniques s'efforcent de ne pas répercuter entièrement sur le client les coûts des travaux supplémentaires, de l'entretien ou des investissements - même lorsqu'il s'agit de dégâts matériels. La fixation des prix reste toutefois l'affaire de chaque entreprise de remontées mécaniques.»

Les sabotages de canons à neige ne vont certainement pas s'arrêter là, comme l'affirmait l'un des militants interrogés par 24 heures, en février 2023. Des actes de vandalisme qui veulent dénoncer «l’absurdité et le non-sens de systèmes qui continuent coûte que coûte», assurait un membre.

Pour rappel, une plainte pénale a été déposée par les remontées mécaniques vaudoises. Pour l'heure, l'enquête de la police n'a encore rien donné, confirme la direction.

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Engelberg, Obwald.
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