Suisse
Etats-Unis

Pourquoi la Suisse attire toujours plus de riches

Pourquoi la Suisse attire toujours plus de riches

Dans un monde incertain, la Suisse devient un refuge pour les grandes fortunes. Chaque mois, 250 millionnaires s’y installent.
29.03.2026, 12:4529.03.2026, 12:45
Patrik Müller / ch media
ZUR ABSTIMMUNG UEBER DIE ERBSCHAFTSSTEUERREFORM-VOLKSINITIATIVE VOM 14. JUNI 2015 STELLEN WIR IHNEN FOLGENDES BILDMATERIAL ZUR VERFUEGUNG – Two women in fur walk on the frozen lake of St. Moritz, on t ...
Deux personnes vêtues de fourrure se promènent sur le lac gelé de Saint-Moritz.Image: KEYSTONE

L’héritier millionnaire Lapo Elkann est loin d’être le seul ultra-riche à s’être récemment installé en Suisse. Le pays figure parmi les destinations les plus attractives au monde pour les immigrés fortunés. En 2025, environ 3’000 millionnaires s’y sont installés nets, selon les données de la société de conseil britannique Henley & Partners. Cela correspond à une moyenne de 250 par mois. La Suisse se classe ainsi au 4e rang mondial des pays enregistrant la plus forte immigration de millionnaires.

Le classement des plus riches du magazine «Bilanz» permet chaque année d’identifier certains noms derrière ces statistiques d’arrivée. Le nouvel arrivant le plus en vue et le plus fortuné est Andrea Pignataro, fondateur du groupe de données financières ION, qui vit à St-Moritz et occupe directement la 3e place des plus grandes fortunes résidant en Suisse, avec une richesse estimée à environ 30 milliards de francs.

Il apparaît peu en public. Andrea Pignataro, fondateur du groupe ION, sur l’une des rares photos disponibles.
Andrea Pignataro, fondateur du groupe ION.Image: getty

Comme Lapo Elkann, Pignataro est italien – tout comme Pietro Gussalli Beretta, qui s’est établi en Valais et fait également son entrée dans la liste (fortune estimée entre 2,5 et 3 milliards de francs). Son entreprise fabrique des armes; lui-même incarne la 15e génération (!) de la famille industrielle, dont l’armurerie a été fondée en 1526.

Des Norvégiens fuient le fisc

Récemment, de nombreux riches venus de Norvège se sont installés en Suisse. Dans leur pays, les impôts sur la fortune et les dividendes ont été relevés, suscitant le mécontentement des entrepreneurs très fortunés. Alf-Inge Haaland, père de la star du football Erling Haaland, a fait les gros titres. Il vit à Andermatt (UR). Le magazine «Bilanz» mentionne également désormais le Norvégien Kjetil Holta, industriel domicilié dans le canton de Lucerne. La Suisse centrale enregistre une progression particulièrement marquée. Le fils de l’entrepreneur touristique Samih Sawiris apparaît lui aussi désormais dans le classement des plus riches en Suisse: Naguib Sawiris, 34 ans, est domicilié à Andermatt.

La vague d’arrivées devrait encore s’intensifier en 2026. Henley & Partners prévoit une année record à l’échelle mondiale pour la migration des millionnaires. Selon ces projections, 165’000 personnes fortunées changeront de résidence, soit plus de 15% de plus que l’an dernier.

La Suisse devrait en profiter de manière disproportionnée, selon les experts. De nombreux riches partagent le point de vue de Lapo Elkann, qui déclare dans une interview: «Nous vivons une époque compliquée, marquée par l’incertitude. La Suisse est neutre. Elle incarne la sécurité, la qualité de vie et se situe au cœur de l’Europe.»

La guerre au Moyen-Orient fragilise les États du Golfe

La guerre au Moyen-Orient pourrait avoir des répercussions négatives sur deux destinations très prisées des millionnaires: les Émirats arabes unis, encore en tête en 2025, ainsi que l’Arabie saoudite, qui figurait l’an dernier dans le top 5, ont perdu leur image de havres sûrs. Les attaques de l’Iran contre Dubaï et d’autres villes du Golfe ont ébranlé leurs promesses de sécurité et de stabilité. Pour de nombreux expatriés fortunés ayant délibérément choisi ces destinations, cet aspect est déterminant. L’élite financière réagit en conséquence avec nervosité.

En comparaison, la Suisse apparaît d’une stabilité inébranlable. «En période d’incertitude géopolitique accrue, les facteurs de stabilité comme ceux qu’offre la Suisse passent au premier plan», explique Martin Hess, économiste en chef de l’Association suisse des banquiers. L’État de droit, la protection de la propriété et la sécurité de planification sont déterminants – autant d’atouts qui caractérisent la Suisse depuis des années. Les particuliers fortunés réagissent avec une grande sensibilité aux risques et disposent de la mobilité nécessaire pour déplacer rapidement leur résidence. Si l’incertitude persiste, l’attrait de la Suisse devrait donc continuer à croître.

Le signal de l’initiative des Jeunes socialistes

D’autant plus que la population suisse a envoyé un signal clair aux grandes fortunes. L’initiative sur l’impôt sur les successions lancée par les Jeunes socialistes a été très nettement rejetée fin 2025. Le journal londonien «Financial Times» a écrit que la Suisse faisait figure d’exception: ici, les riches ne sont pas perçus comme des ennemis par la population.

La fiscalité forfaitaire continue par ailleurs de jouer un rôle important dans l’immigration des riches. Elle permet aux étrangers fortunés d’être imposés non pas sur leurs revenus et leur patrimoine, mais sur leurs dépenses – un modèle unique au monde. Cette possibilité s’applique à condition qu’ils n’exercent pas d’activité lucrative en Suisse. Actuellement, environ 4’500 personnes sont imposées selon ce régime. Les cantons de Zurich, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Schaffhouse et Appenzell Rhodes-Extérieures ont supprimé cette fiscalité et ont, de ce fait, parfois perdu des ultra-riches étrangers; en revanche, la Suisse centrale, le canton de Vaud et le Valais leur offrent des alternatives. (trad. dal)

Devenir riche avec du vomi de baleine? C'est possible
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Voile à l’école: l’UDC relance le débat et divise le Parlement
Une série de motions portée notamment par Therese Schläpfer vise à interdire le port du hijab aux élèves de moins de 16 ans dans les écoles suisses.
L'UDC remet l'interdiction du voile à l'école sur la table du Parlement. Elle a lancé une salve de motions pour interdire le port du hijab aux jeunes filles de moins de 16 ans. L'une d'elles, soutenue par plusieurs PLR et centristes, pourrait réunir une majorité.
L’article