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Aarau: le père du tireur jurassien sort du silence

HEIDELBERG, GERMANY - MARCH 30: In this photo illustration an old man is crossing his hands on March 30, 2022 in Heidelberg, Germany. (Photo Illustration by Ute Grabowsky/Getty Images)
Le père du tireur sort du silence (image d'illustration).Image: Photothek

Le père du tireur jurassien sort du silence et contredit les autorités

Le père du tireur présumé d'Aarau sort du silence. Il confirme que son fils souffrait de schizophrénie depuis une vingtaine d'années. Il s'interroge par ailleurs sur la manière dont celui-ci a pu détenir des armes malgré sa maladie.
05.09.2026, 12:3805.09.2026, 14:26

«On s'excuse pour notre fils», a déclaré le père du tireur présumé d'Aarau. Le Quotidien jurassien est parvenu à recueillir son témoignage.

Il décrit un fils schizophrène et isolé, qui avait cessé tout traitement depuis longtemps.

«Il était schizophrène, je me demande comment il pouvait détenir ces armes», confie-t-il notamment à notre confrère, évoquant un diagnostic posé il y a une vingtaine d'années.

Réveillés par la police dans la nuit du 30 au 31 août, les parents ont appris quelques heures plus tard que leur fils était lié à la fusillade. Ils devaient le retrouver en Italie la semaine suivante. Son dernier message, envoyé à sa mère, indiquait simplement qu'il était bien arrivé, sans préciser où il se trouvait...

Une maladie diagnostiquée de longue date

Le père révèle que son fils avait été hospitalisé trois semaines dans une unité psychiatrique à Delémont, il y a une vingtaine d'années, et bénéficiait depuis d'une rente d'assurance-invalidité à 100%.

Sa méfiance envers le milieu hospitalier l'avait poussé à réduire, puis arrêter, toute médication. «Nous lui avons proposé plusieurs fois de reprendre un suivi médical régulier, mais il refusait d'en parler», souligne le père.

Les autorités épinglées

Il tient également à rectifier, assure-t-il, une information communiquée par les autorités argoviennes, qu'il dit être erronée: son fils n'aurait en réalité jamais effectué de service militaire, et n'aurait donc jamais pu détenir d'arme de service.

Renfermé et paranoïaque

Selon son père, l'homme s'était progressivement coupé du monde, fuyant les contacts et se montrant paranoïaque: «nous étions quasiment les seules personnes qu'il voyait encore». La famille ignorait totalement qu'il détenait un tel arsenal.

Le quadragénaire n'aurait jamais fait preuve de violence physique envers ses proches. «Il pouvait parfois péter un câble, être plus véhément dans ses paroles qu'une personne ordinaire, mais la pression redescendait aussitôt»,

«Il pouvait parfois péter un câble, être plus véhément dans ses paroles qu'une personne ordinaire, mais la pression redescendait aussitôt»
Le père du tireur présumé

Le parent le décrit aussi comme quelqu'un pouvant se montrer «très gentil» en dehors de ces crises.

Une lacune administrative pointée du doigt

Pour la famille, la principale interrogation reste de savoir comment leur proche a pu conserver des armes malgré son diagnostic et sa rente d'invalidité à 100%.

Sans chercher à accuser qui que ce soit, le père appelle à combler cette lacune administrative, estimant que d'autres personnes malades pourraient se trouver dans une situation similaire. (dag)

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