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Experimental* vise une ouverture à Crans-Montana

Ce groupe hôtelier vise une ouverture à Crans-Montana

Entamée en 2018, l'aventure d'Experimental* dans les Alpes suisses ne fait que commencer.
Entamée en 2018, l'aventure d'Experimental* dans les Alpes suisses ne fait que commencer.experimental chalet verbier
Après l'ouverture d'un premier établissement suisse à Verbier, c'est à Crans-Montana que se projette Experimental*, fondé en 2007 par trois copains d'école. Le groupe dénombre aujourd'hui plus d'une trentaine de lieux incluants hôtels, bars à cocktails et restaurants à travers le monde. Rencontre.
25.02.2026, 18:5802.03.2026, 10:33

C'est une histoire d'amitié née sur les bancs du catéchisme, dans une école de Montpellier, dans le sud de la France. A l'époque, Olivier Bon, Pierre-Charles Cros et Romée de Goriainoff ont entre 10 et 11 ans. Ils l'ignorent encore mais, 35 ans plus tard, les trois copains se trouveront à la tête d'une entreprise de 1500 collaborateurs, Experimental*, qui compte des établissements en France, en Angleterre, en Italie, en Espagne ou encore à New York.

Après avoir posé ses valises en Suisse pour la première fois à Verbier, c'est à Crans-Montana que le groupe projette son nouvel hôtel l'an prochain. Malgré la tragédie du 1er janvier 2026, ses fondateurs croient dur comme fer au potentiel de la station valaisanne. Plusieurs projets hôteliers et des rénovations d'hôtels sont en cours, promesse d'un renouveau et de dynamisme.

L'Experimental Chalet Verbier est le premier établissement du groupe en Suisse - mais certainement pas le dernier.
L'Experimental Chalet Verbier est le premier établissement du groupe en Suisse - mais certainement pas le dernier.experimental chalet verbier

«Cela fait très longtemps que l’on a envie d’ouvrir là-bas, on adore la Suisse. Crans, c’était logique», nous explique Olivier Bon, l'un des cofondateurs d'Experimental*, qui choisit très soigneusement ses destinations - des lieux à la fois jeunes, cool, branchés sans être guindés.

Si l'incendie du bar Le Constellation a mis un coup de frein au projet, il n'en reste pas moins d'actualité. «Nous devions annoncer l'ouverture en 2026, avant de décaler. Cela nous paraissait déplacé, compte tenu de ce drame national», justifie Olivier Bon.

«Crans-Montana est une destination incroyable. Après cette tragédie, il faut laisser le temps passer»
Olivier Bon

Sans pouvoir en révéler davantage à ce stade, l'entrepreneur nous glisse quelques miettes: «On a trouvé un superbe hôtel un peu seventies. Nous avons pour objectif d'en faire un établissement un peu plus populaire que l'Experimental Chalet Verbier. Un design plus 4 étoiles que 5, un restaurant et un spa. On espère ouvrir à l’été 2027.»

Aventuriers du goût

Pour s'imaginer ce qui attend Crans-Montana, rien de tel que de plonger dans l'histoire d'Experimental*. Une histoire d'amitié, mais surtout de passion pour la bonne chère et les plaisirs de la table, entamée il y a plus de trente ans.

Les fondateurs de l'Experimental Group: Pierre-Charles Cros, Olivier Bon, Romée de Goriainoff, Xavier Padovani.
Les fondateurs d'Experimental* (de g. à dr., de haut en bas): Pierre-Charles Cros, Xavier Padovani, Olivier Bon et Romée de Goriainoff.image: experimental*

Le trio fondateur, Olivier Bon, Pierre-Charles Cros et Romée de Goriainoff, trois adolescents aussi épicuriens que curieux, découvrent la gastronomie européenne lors de voyages à sac à dos et financent leurs sorties au restau en mettant sur pied des fêtes payantes au lycée.

Des «aventuriers du goût» et «fêtards organisés», comme les décrit Olivier Bon. «A l'époque», se marre-t-il à l'évocation de ces souvenirs, «on ne fumait pas des cigarettes mais des cigares, parce qu'on trouvait ça plus chic.»

«On s'est retrouvé dans des restos où l’on n'avait absolument pas les moyens de dîner. Alors, on goûtait les plats les moins chers. On avait des frissons en nous disant qu’un jour, on aurait notre propre restaurant»
Olivier Bon, cofondateur d'Experimental*

A 20 ans, leurs études terminées dans des secteurs aussi variés que le stylisme, le droit et le business, les trois copains font face à un choix cornélien. Entrer dans une vie professionnelle bien rangée... ou tout plaquer et ouvrir leur propre établissement.

Pionniers du cocktail à Paris

Au milieu des années 2000, à Paris, alors que la scène culinaire vibre sous l'essor de la bistronomie, un autre domaine reste inexploité dans la capitale française. La «culture cocktail», que le trio vient de découvrir en Amérique du Nord, notamment à New York.

«Si on voulait un cocktail, on amenait nos copains dans les bars d’hôtel, mais il fallait quasiment porter un costume-cravate. Les prix étaient délirants et les cocktails pas géniaux. On pouvait aussi aller au Harry’s Bar, une adresse historique à Paris, mais on se retrouvait au milieu de vieux Anglais qui sirotaient du whisky. Ce n'était pas très glamour. On s’est dit qu'il y avait quelque chose à faire», raconte Olivier Bon.

Un cocktail à l'Experimental Verbier.
C'est par le cocktail qu'Experimental* a démarré son activité, en 2007.image: patrick locqueneux pour l'Experimental chalet Verbier

Entre deux recettes de cocktail peaufinées du fond de leur cuisine, les aspirants barmen nouent des contacts et convainquent des marques d'alcool, des designers et des financiers d'investir dans leur projet. Leur bar, l'Experimental Cocktail Club, premier du genre à Paris, ouvre ses portes en 2007.

L'Experimental Cocktail Paris, le premier du groupe, et ses fameux lustres en plexiglas.
L'Experimental Cocktail Paris, le premier du groupe, et ses fameux lustres en plexiglas. image: experimental*

Les premiers temps sont difficiles. «La clientèle française a été très difficile à séduire, contrairement aux expats. Des articles dans le New York Times et le Financial Times nous ont donné un vrai coup de pouce et permis de nous faire connaître auprès des Américains et des Britanniques», se souvient Olivier. «Puis, on a attiré l'intérêt de grands barmen internationaux, qui sont passés chez nous. Notre réputation s'est faite comme ça.»

«Sans le savoir à l'époque, on avait créé un ADN: une passion pour de bons produits, un service soigné et un design des lieux très particulier. Ce sont encore les piliers de notre marque aujourd’hui»
Olivier Bon

Bientôt, leur établissement devient une référence. Un second bar est ouvert dans la foulée. Puis un troisième. C'est un quatrième et nouvel associé, Xavier Padovani, installé au Royaume-Uni, qui leur souffle l'idée du quatrième établissement, un «speakeasy» planqué entre deux restaurants chinois, dont le succès ne se dément pas, 17 ans plus tard.

Le quatrième bar du groupe et le premier à l'étranger: l'Experimental Cocktail Club Chinatown.
Le quatrième bar du groupe et le premier à l'étranger: l'Experimental Cocktail Club Chinatown.IMAGE: experimental*

Après les bars à cocktails, les bars à vins et les restaurants, c'est à l'hôtellerie que se frotte le quatuor ambitieux. «Il y a une dizaine d'années, l'hôtellerie était poussiéreuse, ennuyeuse», résume Olivier. «C'était l'apanage d'hommes d'affaires en costume bleu et aux cheveux gris qui visaient une rentabilité maximale pour un minimum de pertes et, surtout, qui n'avaient jamais dormi dans leurs hôtels.»

«A l'époque, le client était complètement oublié»
Olivier Bon

Experimental* veut prendre le contre-pied des grands groupes en créant des établissements plus petits, où chaque chambre, chaque détail est bichonné, soigné, réfléchi, de la literie aux articles de salle de bains, en passant par les snacks du mini bar. Exit les M&M's, les Toblerone et les draps qui grattent.

Un soin tout particulier est porté à chaque chambre des hôtels Experimental*.
Un soin tout particulier est porté à chaque chambre des hôtels Experimental*. image. experimental chalet verbier

Les patrons testent tout eux-mêmes. «J’ai rendu ma femme folle, rigole Olivier. Chaque jour, je lui imposais un drap différent. Elle n'a pas oublié le triple épaisseur en plein été.»

Avec aujourd'hui plus d'une trentaine d'établissements disséminés à travers l'Europe, des bars, des restaurants, des hôtels et même des plages, le groupe n'est-il toutefois pas en train de basculer du côté des mastodontes hôteliers dont il a mis tant de soin à se démarquer?

Olivier Bon s'en défend. Pour lui, l'atout d'Experimental* repose notamment sur des directeurs incroyables dans chaque région - une région qui inspire chaque établissement, de la décoration aux produits servis dans l'assiette du restaurant.

Grande attention est évidemment portée à l'assiette, ici au restaurant St Bernard de l'Experimental Chalet Verbier.
Grande attention est évidemment portée à l'assiette, ici au restaurant St Bernard de l'Experimental Chalet Verbier.experimental chalet verbier

«Il y a eu des époques et des transitions où c’était très dur d’être partout», concède Olivier Bon. «On se réveillait le matin en réalisant qu’on avait baissé ici ou là. Désormais, on a la chance d'inouïe de pouvoir compter sur des équipes solides, jeunes, hyper dynamiques, qui apportent une vraie fraîcheur tout en respectant l'histoire du groupe.»

Une chose est sûre: on trépigne déjà de découvrir comment Experimental* va transposer cet ADN dans son prochain écrin suisse.

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