Français de Suisse: l'ex-maire de Genève remporte une victoire inédite
C'est un scrutin d’ordinaire assez «plan-plan», dont on ne parle pour ainsi dire jamais. Mais cette fois-ci, il s’est passé quelque chose d’inédit. Conduite par l’ancien maire de Genève Rémi Pagani, la liste LFI est arrivée en tête des élections des conseillers français de l’étranger en Suisse romande, dites aussi élections consulaires. LFI n'y avait jamais compté d'élus jusqu'à ce jour. Le scrutin, auquel pouvaient prendre part les Français résidant en Suisse, parmi eux les binationaux franco-suisses, s’est tenu les 30 et 31 mai dans plusieurs bureaux de votes. On votait aussi outre-Sarine.
Les Insoumis font donc leur entrée, en Suisse, dans le conseil des Français de l’étranger. Autre fait notable, à côté de l'extrême gauche, l’extrême droite réalise aussi et pour la première fois une percée au sein cette assemblée avec le candidat Philippe Tissot, qui portait la liste Droite unie, soutenue par le parti d’Eric Zemmour Reconquête.
Rôle important
Le conseil des Français de l’étranger, qui comprend les circonscriptions «Genève» et «Zurich» couvrant l’ensemble du territoire suisse, compte une quinzaine de membres, dont 9 pour la seule Suisse romande. Si ses compétences sont limitées – octroi de bourses scolaires à de jeunes Français fréquentant des établissements français en Suisse, aides à des associations –, son rôle politique est tout sauf anodin, puisque ses représentants prennent part comme «grands électeurs» aux élections sénatoriales françaises, les prochaines ayant lieu en septembre.
En Suisse romande, le parti macroniste Renaissance arrive deuxième, devant une liste d’union de la gauche comprenant les Verts et Place publique, unis pour l’occasion. Les Républicains (droite) sont quatrièmes, Droite unie cinquième. N’est pas élue Halima Delimi, membre du Parti socialiste genevois, qui se présentait sur la liste Bien vivre, qui avait le soutien du PS français. Cette dernière comprenait le nom de Séverine Chavrier, la directrice de la Comédie de Genève en difficulté avec son employeur, la Fondation d’art dramatique.
Le sortant Guilhem Kokot, le président de la section PS de la ville de Genève, ne se représentait pas. Il avait siégé jusque-là dans le conseil des Français de l’étranger sur une liste d’union de la gauche, lui-même n’étant pas socialiste en France – «j’ai été membre pendant un an des Verts français et je ne me présentais pas cette fois-ci à l’élection des Français de l’étranger pour ne pas courir le risque de cumuler avec mon mandat au conseil municipal genevois», dit-il, joint par watson.
Simplification des démarches administratives
Contacté par watson également, le «vainqueur» Rémi Pagani remercie ses électeurs. Comme il l’indique par ailleurs dans un communiqué, celui qui fut membre d’une flottille pour Gaza, entend agir au sein du conseil des Français de l’étranger notamment en faveur d’une simplification des démarches administratives transfrontalières, portant entre autres sur les retraites.
Il l’annonce dans le communiqué:
«Votre voix au Sénat pour la paix en Palestine»
La cause palestinienne a-t-elle eu un effet positif pour la liste LFI emmenée par Rémi Pagani? Dans une lettre signée de son nom, rappelant son ancien statut de maire de Genève et d’ex- député au Grand Conseil, tout comme sa participation à la flottille Gobal Sumud pour Gaza, il enjoignait 60 000 Français de Suisse romande dont il détient les adresses mails, à voter LFI. «Votre voix au Sénat (français) pour la paix en Palestine», était titrée la lettre.
Très faible participation
A noter la très faible participation à ces élections consulaires : sur 140 000 Français vivant en Suisse, seul 989 électeurs ont pris part au vote en Suisse romande. Il ressort du présent scrutin tenu en Suisse un polarisation politique accrue.
